‹ Contes de la primevèreChapitre 7 sur 9 · UN COIN DE L'UNTERWALDEX · texte numérisé non relu

UN COIN DE L'UNTERWALDEX

trente ans, avec des camarades, quand nous parcourions la Suisse, sac au dos.

Le bateau à vapeur nous a transportés.

Ami et moi, en trois quarts d'heure à Stanzstadt, et, de là, un tramway électrique nous a conduits au chef-lieu du Niedwakl.

Bien quelacivilisation l'effleure maintenant, sous la forme d'un funiculaire grimpant jusqu'aux cimes du Stanzerhorn, où on a bâti un hôtel, Stanz a gardé sa patriarcale physionomie d il y a trente ans. Ses chalets, revêtus d'écaillés de bois, ouvrent toujours leurs fenêtres à petits carreaux octogones sur un horizon de prairies et de vergers, entre les flancs boisés du Bùrgerstock et les hauts pâturages verdoyants du Stanzerhorn. L'auberge de l'Ange, où nous étions lo.i,'^és, a conservé^ sa mine avenante et ses longues tables de noyer. Sur la place, la fontaine, surmontée d'une statue de Winckelried, chante, comme autrefois dans sa vasque ronde, autour de laquelle de blondes fdles aux bras nus viennent remplir leurs seilles de sapin. L'église au porche béant, laissant voir tout au fond le maître-autel de marbre blanc et noir, étend son ombre sur le petit-cimetière

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herbeux, plein de tombes aux inscriptions naïves. Et voici encore au bord de la route, la vieille icirthscJiaft, décorée de fresques, où Caspar Odermatt offre sa bière fraîche aux clients. A toutes les fenêtres à croisillons de pierre sculptée, des pots d'œillets et de géraniums penchent leurs tiges fleuries et les balancent au vent, comme pour inviter les passants à vider un bock à l'abri du gros noyer, en face du jardinet où de grands soleils étalent leurs énormes fleurs couleur d'or. Tête nue et pieds nus, un capucin à la barbe toufi'ue, à la face réjouie, cause familièrement sur le seuil avec l'hôte en manches de chemise et l'hôtesse blonde et grassouillette. Il serre rapidement la main du mari, plus longuement les mains de l'hôtesse aux joues roses, puis il s'éloigne d'un pas leste, et sa silhouette brune se détache au loin sur la route blanche qui fuit entre les prés verts.

Trente ans!... Les années ont marché plus vite encore que ce moine alerte, dont la robe brune n'est plus qu'un point, là-bas, sur la verdure des vergers... Il me semble que c'était hier que nous débouchions de la route de Beckenried, l'alpenstock à la main et un bou-

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