‹ Contes de la veillée (volume 2)Chapitre 13 sur 25 · LE CHIEN DE BRISQUET · texte numérisé non relu

LE CHIEN DE BRISQUET

Brisquet ne posa pas sa bonne hache. Il se mit à courir du côté de la butte.

— Si tu menois la Bichonne? lui cria Brisquette.

La Bichonne étoit déjà bien loin.

Elle étoit si loin que Brisquet la perdit bientôt de vue. Et il avait beau crier : — Biscotin, Biscotine ! on ne lui répondoit pas.

Alors, il se prit à pleurer, parce qu*il s*imagina que ses enfants étoient perdus.

Après avoir couru longteoips, longtemps, il lui sembla reconnoitre la voix de la Bichonne. 11 marcha di*oit dans le fourré, à Tendroit où il Tavoit entendue, et il y entra, sa bonne hache levée.

La Bichonne étoit arrivée là, au moment où Biscotin et Biscotine alioient être dévores pat* un gros loup. Elle s'étoit jetée devant en aboyant, pour que ses abois avertissent Brisquet. Brisquet d*un coup de sa bonne hache renversa le loup roide mort, mais il étoit trop tard pour la Bichonne. Elle ne'vivolt déjà plus.

Brisquet, Biscotin et Biscotine rejoignirent Brisquette. G'étoit une grande joie, et cependant tout le monde pleura. 11 n'y avoit pas un regard qui ne cherchât la Bichonne.

Brisquet enterra la Bichonne au fond de son petit courtil sous une grosse pierre sur laquelle le maître d'école écrivit en latin :

c'est ici qu'est la bichonne, le pauvre chien de brisquet.

Et c'est depuis ce temps-là qu'on dit en commun proverbe ; Malheureux comme le chien à Brisquet^ qui n'allit qu'une fois au bois, et que le loup mangtl.

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