TOHOBEVAVA, L’AMBATSIBEDRANGY ET LES PETITS VI LY
FABLE BETSIMISARAKA
Recueillie à Vatomandry ( province des Betsimisaraka-du-Sud).
Jadis les petits vily ne pouvaient pas, dit-on, chercher leur nourriture, car ils avaient peur des autres poissons plus gros qu’eux. Une certaine rivière, qui en contenait beaucoup, était habitée aussi par deux grands poissons d’espèce différente, et très féroces. L’un s'appelait Tohobevava et l'autre Ambatsibedrangy . L’un était en amont, et l’autre en aval, et les petits vily se trouvaient entre les deux. Aussi, quand ils montaient la rivière, ils rencontraient Tohobevava, et, lorsqu’ils la descendaient, ils tombaient dans la gueule de Ambatsibedrangy.
T. II
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Ils tinrent conseil et résolurent de venir à bout par la ruse de leurs redoutables ennemis. Au bout de longues discussions, voici ce qu’ils décidèrent : ils allèrent trouver d’abord Ambatsibedrangy :« Seigneur, pardonne-nous, car ce que nous allons te dire n’est qu’une commission ; Tohobevava nous à ordonné de te prévenir qu’il t'attend chez lui demain matin, pour vous battre ensemble, car il entend être le seul maître de la rivière. — Allez lui dire de descendre jusqu'ici, s’il veut combattre. Je suis aussi fort que lui, mais je ne vois pas pourquoi je me dérangerais. » Les pauvres petits vily nagèrent bien vite chez Tohobevava et lui dirent : « Seigneur, excusenous, car c’est une simple commission que nous te faisons ; Ambatsibedrangy t'attend en bas de la rivière pour combattre ; il dit qu’il est plus fort que toi et veut être le seigneur de la rivière. » Tohobevava se gonfla de colère et répondit : « Dites-lui de venir au milieu de la rivière et demain nous nous battrons. » La commission fut faite, la nuit passa, et le lendemain tous deux arrivèrent à l’heure fixée, l’un du haut, l’autre du bas. Le combat s’engagea, et Tohobevava, qui était plus gros, avala d’un seul coup Ambatsibedrangy, mais celui-ci, qui a beaucoup d’arêtes, les hérissa et les enfonça dans le gosier de Tohobevava. Toho-
bevava mourut étranglé et son ennemi périt aussi, car il ne put se dégager du gosier de l'autre. Depuis ce temps-là les petits vily se promènent librement dans toute la rivière.
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RATSIBILOKA ET RATSIRIRIATRA
FABLE BETSIMISARAKA
Recueillie à Seranantsara {province d' Andevoranto) .
Autrefois, dit-on, il y avait deux bêtes appelées Ratsibiloka et Ratsiririatra ; c’étaient des cousins; l’un avait des yeux, l’autre n’en avait pas. Un jour qu’ils étaient allés se promener, Ratsiririatra dit : « Ratsibiloka, veux-tu me prêter tes yeux ? Nous voici près du village et j’ai honte d’être aveugle. — Les voici, dit l’autre ; mais il faudra me les rendre bientôt, car j'en ai besoin. — Je te les rendrai dès que j'aurai fini de m'en servir. » Arrivé chez lui sans ses yeux. Ratsibiloka demanda à sa mère si on allait les lui rendre. «Mon fils est fou, s’écria-t-elle. Il prête ses yeux à quelqu’un, et c’est à moi qu’il les réclame. » Depuis ce temps Ratsibiloka
n'ose plus sortir de chez lui, étant privé de ses yeux, il attend que de nouveaux yeux lui poussent, car son camarade ne lui a pas rendu les siens.
Ratsibiloka est le mandotra, espèce de serpent qui sort pendant la nuit; aujourd'hui il ne sort plus qu’aux heures nocturnes, parce qu'il a des yeux tout neufs. Ratsiririatra au contraire, qui a les yeux du mandotra, sort pendant le jour.
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