IV PRÉFACE
dessus de son état, il effacerait une partie de l'inégalité du mariage. Il s'est trompé, il n'en a fait qu'un caractère factice, moitié homme de lettres, moitié laboureur, raisonneur insupportable, ainsi que sa fcmmC) et qui, au fond, ne ressemble à rien du tout. Ah! que la ferme occupée par M. Philips, ci-devant laquais et maintenant époux de Sara, ne ressemble point au portrait que M. de Saint-Lambert en a fait! Je vous assure que M. Philips n'a pas le temps de lire nos pauvretés sur l'agriculture et qu'il ne fait pas de cas des Mémoires de la Société d'agriculture, de Rennes, quoiqu'ils aient beaucoup réussi à Paris. Ces livres sont bons pour fournir à la conversation des badauds et des fainéants, ou aux expériences de quelques enfants qui, ayant transformé leurs joujoux en charrues et en semoirs, s'imaginent être devenus des citoyens utiles; mais un bon fermier a d'autres occupations. Je vous certifie que M. et M me Philips, quoique excellents maîtres, ne font pas manger leurs domestiques avec eux. Au contraire, dans la vie champêtre et rurale, rien n'est mieux observé que la subordination des conditions. Une bonne et honnête fermière ne regardera pas son valet et sa servante comme d'une espèce différente de la sienne; mais elle ne leur accordera pas non plus /«/froifs des enfants de la maison. Et, eux, M. et M mt Phi-