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qu'à toi de le changer; mais je t'avertis que ru »as reprendre ton langage, tes habitudes grossières. — Que m'importe, madame? j aime mieux être simple, tel que je suis venu au monde. Oh! oui, je préfère une vie tranquille, ignorée, à la funeste célébrité que je voulais acquérir. Veuillez me donner du jugement et reprendre votre esprit?
Elle le touche de sa baguette et ajoute : C'est fait.
Biscotinse retrouve habillé de sa blouse, tel qu'il était lorsqu'il rencontra la fée pour la première tois. Biscotin vient d'éprouver une eontrartion singulière dans sa langue et à son cerveau, il lui semble que tout s'est bouché chez lui ; mais il recouvre tout à. coup sa sanlé, sa gaieté, tout ce qu'il possédait jadis. Oh tatigué! madame, s'écrie-t-il, j'en r' venons d'eune. belle ! Si j'allions à présent nous remontrer dans not' village, à monsieur le curé, à monseigneur! qui qui diriont? i'm' croiriont fou. — Ganie-toi bien d'y retourner. Il t'est également défendu de divulguer ce nouveau changement. Pour ce coup-ci, une mort subite suivrait ron indiscrétion, attendu que je ne puis être utile à la même personne que deux fois en sa vie ; mais, pour dernière récompense du service que tu m'as rendu (car tu ne me verras plus), je te donne, dans ce coffrât, vingt mille trancs en or. Va acheter la petite ferme que tu vois, la piemière à gauche à l'entrée de ce village là-bas. Tu t'y établiras, et, avec le jugement, qui va guider toutes tes actions, tu n'auras besoin de personse, encore moin3 du secours d'êtres surnaturels tels que moi ; adieu, pour jamais.
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La fée disparaît.
Morguienne! 9e dit Biscotin en marchant, vingt mille francs en or! c'est'i une fortune ça?... Mais »' faut ben la diriger. Allons d'abord examiner la forme dans ses moindres parties. Calculons bien me-s intérêts. Faisons-en dresser l'eontrat avec toutes ses clauses, ses conditions, a\ec enfin la pins grande réflexion, et, jarni travaillons après. Je n'savons pus ni lire, ni écrire; via le malheur ! mais, morgue f j'apprendronB.
Voilà des idées saines, justes, qui prouvent bien ene la fée ne lui a pas fait un don imaginaire.
Comme il avançait, il vit venir à lui un jeune homme de vingt-cinq ans, et une jeune fille qui paraissait bien en avoir vingt. Tous deux semblaient se disputer et se dire même des injures. Oui, disait le jeune homme, cette affaire-là est si simple que le premier venu (a déciderait. — Eh bien! s'écriait la jeune fille, je suis si bien de ton avis, mon èdtisln; que je m'en rapporterai là-de??us au premier passant. — Je le veu\ bien, ma cousine. — Plus ii sëHÉ ignorant et plus sa décision me paraîtra simple, naturelle. — Je suis de cet avis-là aussi. — Tiens, mon cousin, voilà une espèce de charretier. Prenonsle pour juge. — Volontiers, ma cousine. — Tu en passeras par ce qu'il voudra? — A condition que tu te rendras à la même raison. -—J'en fais le serment, i— Je le fais de même de tout mon cœur.
C •■•s deux jeunes paysans abordent Biscotin : Brave homme, dit le gare on, ma C&ttsltte et moi, non- niHil ce rapporterons à votre . ;ur ùtt Ml i)Uè
BÏSCOTIN. 83
voici : Matlmrin, notre grand-oncle, vient de mourir à près de cent ans. Il avait deux frères, dont l'un fui 'mou aïeul et l'autre celui de cette jeune fille, en soru; iju'elie et moi, nous ne sommes cousins, comme on dit, qu'à k mode de Bretagne. Nos grands-pères, nos pères, tout cela est mort. Nous avons été élevés séparément, et nous étions occupés aux travaux champêtres, moi a douze lieues, Laure à dix lieues d'ici, lors de la dernière maladie de notre grand-oncle Mathurin. Revenons à lui.
Le bonhomme, se voyant seul, fit, avant de mourir, un testament, dont voici la clause principale et qui nous divise : « Je donne ma maison aux hospices, à moins que lors de mon décès, il ne se présente un ou plusieurs de mes collatéraux. Comme leur empressement, en ce cas, prouverait l'intérêt, l'affection qu'ils éprouveraient pour moi, je donne -ma maison à celui seulement d'entre eux qui aura, le premier, mis le pied dans madite maison, avant ou après mon dernier soupir ; mais surtout avant mon enterrement. Voulant que ledit légataire universel, etc., etc. » Voilà q ii parait bien clair, et c'est pourtant la source de nos débats.
Ignorant ce testament, mais apprenant la maladie de ce bon vieillard, je me mets en route, pour remplir le devoir de lui fermer les yeux. J'arrive avant -hier matin ; il terminait une agonie douloureuse. Je m'approche de son lit le premier, tout le monde m'y a vu : un moment aprè-. je vois entrer jLaure, que voilà, qui, guidée par le même senti- ; rit ftue. "fcbfj pp-re de l'autre oôté du fit, se jette lur le moitbpe* eces, llnteUrt à
nos yeux. Chacun de nous lui ferme une paupière, et nous sortons en pleurant. Le notaire vient, ouvre le testament, le lit, et nous v trouvons la clause que je vieiii de vous rapporter. Il est bien prouvé par la garde, par monsieur le curé qui était là, quf* je cuis arrivé le premier. Donc, la maison m'appartient.
Laure réplique : Tu en imposes, Prosper; c'est moi qui suis venue la première dans la maison. J'y suis entrée avant toi. J'étais occupée en bas à demander à la cuisinière des nouvelles de mon oncle. Je t'ai vu passer monter l'escalier; niais ne devinant pas l'importance de ra primauté dans une pareille visite, je ne suis montée qu'après toi, voilà tout auisi.
prosper. Tu conviens bien que tu n'étais pas la première près du lit?
l*ure. Cela ne signiFe rien. Le testament dit dans l>i maison; il n'exige pas que ce soit au pied, ni au chevet du lit.
prosper. Quand un malade dit dans la maison, il n'entend pas la cour, ni le jardin, mais dans ta chambre. J'ai de» témo»«is.