‹ Contes des féesChapitre 9 sur 14 · I.aurr. J'en ai aussi · texte numérisé non relu

I.aurr. J'en ai aussi

prosper. L'héritage est à moi.

i.aure. Il est à moi.

prospkr. Tu vas recommencer?

Laup.k. Qu'en dit monsieur?

prosper Oui, qu'est-ce que monsieur en pense?

Biscotin, sans prendre un air dictoral qui ne s'ao eorde plus avec le nouveau don que la lée lui a fait. •ouriten regardant avec intérêt ces deux plaideurs

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d'une espèce nouvelle, et leur répond : Avant tout, dites-moi si vous avez consulté quelqu'un.

prosper. Certainement; le curé, le magister, les potables du pays, le notaire lui-même.

biscotin. Oue vous ont-ils répondu?

laure. Ils sont restés tous iort embarrasses, car moi, j'ai produit mes témoins, mon cousin les siens. Il est si bien avéré que si Prosper s'est trouvé le premier pi es du vieillaid, j'étais la première dans la maison, dans la maison^ je répète cette expression du testament, qui décide en ma faveur.

biscotin. Ah ! ah ! tous ces gens-là sont restés embarrassés? eh ben ! moi, je ne le suis pas du tout. Un mot tant seul'ment va vous accorder. Répondez-moi ben ad rem. Laure, ètes-vous fille ?

laure. Oui; qu'est-ce que cela dit?

biscotin. Et vous, Prosper, ètes-vous garçon?

prosper. J'ai tant travaillé jusqu'à présent que je n'ai pas pensé à me choisir une compagne.

biscotin. Eh ben! v'ià l'moment. Laure, Prosper, mariez-vous? par ce moyen l'héritage vous appartiendra à tous deux.

prosper. Comme c'est bien jugé : qu'en dis-tu, ma cousine?

laure. Moi, Prosper... jedis... je dis... comme toi, que c'est très-bien jugé.

Le jeune couple s'en retourna en sautant de joie, et Biscotin, satisfait d'avo'.r terminé un différend que l'hymen seul pouvait décider, s'en alla acheter la ferme.

Nous ne le suivrons plus; son destin ^st fixé. Neas dirons, pour finir, qu'il aclieta ce. bitn.se

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iij'iria, eut des enfants, et qu'il se conduisit a«etant de prudence, tant da sagesse, qu'en amassant une petite fortune honnête, par un travaiL'aussi asc sidu que bien dirigé, il devint le patriarche du canton, le conseil de tous ses voisins, l'appui des maU heureux et le père des orphelins.

Cela prouve bien, mes enfants, que l'esprit, sans goût ni jugement, ne mène qu'à blesser autrui, qu'à faire des sottises; tandis qu'une bonne judiciaire, même sans esprit, est préférable et guide les hommes à faire chacun leur état avec zèle, probité, l'estime de soi-même et celle du public.

&& sa^as®© ^©a&sraa.

CONTE

liEN différente de la fée Ba ^bonnette, dont nous venons de voir la sage conduite, une au- ^tre fée, nommée avec raison la fée Bonace, accordait tous les dons qu'on pouvait désirer , sansexaminer s'ils devaient être nuisibles ou non à la personne imprévoyante qui qui les demandait. Vous auriez voulu une corde pour vous pendre qu'elle vous en aurait fait trouver une sous votre main. C'est être* aussi par trop obligeant.

Un jour donc, la fée'Bonace passant devant une toute petite, niais fort jolie maison de campagne, entendit qu'on parlait en dedans, et comme elle était très-curieuse de son naturel, elle s'arrêta à la porte pour écouter ce qu'on disait. C'était le maître de la maison, M. Du four, qui exhalait ainsi sea plaintes *t sa mélancolie :

Tout le monde prétend que je suis le plus heureux des hommes! le suis-je, là? voyons, réfléchi»» sons. Je fais une petite fortuite dans le commerce, dans les affaires \ je perds ma femme, une fille uri-

que. Je me retire, je fais bâtir cette petite maison four y passer tranquillement le reste de mes jours, et l'ennui m'y a suivi plus que le repos. Elle est gentille, si l'on veut, ma petite maison ; elle est commode, hien bâtie, bien meublée ; mais elle est triste, entourée de Eiurs ; cîle de laisse à peine voir un bout de campagne. Et jjttis, caandil pleut, on est pi isonnier dans l'intérieur die ia maison ; il est impossible de mettre le pied dehors d'aucun côté. J'ai mal fait de la faire bâti* ici dans ce pays maussade. J'aurais dû choisir un autre village, un autre site. Pour mieux dire, je préférerais n'être pas dans uu village. Ne voir continuellement que des paysans, et toujours des paysans! des chevaux éliques, des ânes réiifs, des charrettes de foin, de paille, de fumier I «.ela nest pas du tout amusant. Oui, je commence à me dégoûter bien fort de ma maison, et, je le répèle; si c'était à recommencer, je la placerais dans tout autre endroit. Oh! si elle pouvait avoir des ailes comme un oiseau, et obéir à mes ordres, je la ^transporterais sur le sommet d'une montagne , isolée d'un quart de lieue au moins de toute habitation. Je voudrais en vérité qu'il se trouvât une bonne fée qui me rendit ce service-là!

Me voilà justement tout à point, s'écria ia fée Bonace en entrant dans la maison ; me voilà., M. Du four. J'ai entendu vos v«rux et je viens les exaucer. Tenez, prenez ce cornet de poudre d'or à mettre sur le papier. Il vous suffira, le soir avant de vous coucher, d'écrire sur on morceau de papier, l'endroit où vous tondrai ât« tl té. Vois jet-

tera* de ceiie poudre sur c*t «i il, et pendant U

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