S 46 , CONTES DES FÉES
leurât. Dans ce monent, la jeune fée sortit Le derrière la tapisserie, et dit tout huut ces aroles : Rassurez-vou:, roi et reine, votre Île n'en mourra pas; il est vrai que je n’ai pas assez de puissance pour défaire ce que mon ancienne a fait : la princesse se percera la main d’un fuseau; mais, au lieu d'en mou-
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rir, elle tombera seulement dans un profond =) sommeil qui durera cent ans, au bout des- + quels le als d'un roi viendra la réveiller. Le k É roi, pour tâcher d’éviter le malheur annoncé JE
ar la vieille, fit publier aussitôt ui, édit
equel il défendait à toutes pe de der
au fuseau ni d’avoir des fuseaux chez soi,
sous peine de la vie. Au bout de ere ou
. seize ans, Le roi et la reine étant allés à une
de leurs maisons de plaisance, il arriva que
la jeune princesse, courant un jour dans le
: château, et montant de chambre en chambre, — alla jus
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qu'au haut d'un donjon, dans un petit = en où une bonne vieille était seule à fi.
= er sa quenouille. Cette bonne femme n’avaif = om ouf parler des défenses que le roi avait aites de fller au fuseau.—Que faites-vous là, = d ma bonne femme ? dit la l'pesre Tri file, EN ma belle enfant, lui répondit la vieille, qui ne — la connaissait pas.—Ah | que cela est joli ! =? reprit la princesse; comment faites-vous ? E L N donnez-moi que je voie si j'en ferai bien au- =: tant. Elle n'eut pas plus dt
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comme elle était fort vive, un peu étourdie, et que d'ailleurs l'arrêt des fées l’ordonnait ainsi, elle s'en perça la main et tomba évanouie. La bonne vieille, bien embarrassée, crie au secours : on vient de tous côtés ; on jette de l’eau au visage de la princesse ; onla délace, on lui frappe dans les mains, on lui frotte les tempes avec de l’eau de la reine de Hongrie; mais rien ne la faisait revenir.
Alors le roi, qui était monté au bruit, se souvint de la prédiction des fées, et jugeant bien
u’il fallait que cela arrivât, puisque les fées l'avaient dit, fit mettre la princesse dans le
lus bel appartement du palais, sur un lit en
roderie d'or et d'argent. On eût ditun ange, tant elle était belle, car son évanouissement n'avait point ôté les couleurs vives de son teint; ses joues étaient incarnates, et ses lèvres comme du corail; elle avait seulement les yeux fermés, mais on l’entendait respirer doucement, ce qui faisait voir qu'elle n'était Le morte. Le roi ordonna qu'on la laissât
ormir en repos, jusqu’à ce que son heure de se réveiller fût venue. La bonne fée qui lui avait sauvé la vie en la condamnant à dormir cent ans, était dans le royaume de Mataquin, à douze mille lieues de là, lorsque l'accident arriva à la princesse; mais elle en fut avertie en un instant par un petit nain qui ‘avait des bottes de sept lieues (c'étaient des bottes avec
on
lesquelles on faisait sept licucs d’une seule enjambée). La fée partit aussitôt, et on la vit au bout d'une heure arriver dant un thariot de feu, trainé par des dragons. Le roi lui alla présenter la main à la descente du chariot. Elle approuva tout ce he avait fait; mais comme elle était grandement prévoyante, elle pensa que, quand la princesse viendrait à se réveiller, elle serait bien embarrassée toute seule dans ce vieux château: voici ce qu'elle fit. Elle toucha de sa baguette tout ve qui était dans ce château (hors le roi et la reine), gouvernantes, filles d'honneur, femmes de ch:mbre, gentilshommes, officiers, maîtres d'hôtel, cuisiniers, marmitons, galopins, gardes, suisses, pages, valels de pied ; elle toucha aussi tous les chevaux qui étaient dans les écuries, avec les palefreniers, les gros mâtins de la basse-cour, et la petite Pouffe, petite chienne de la gars e était auprès d'elle sur son lit. Dès qu’elle les eut touchés, ils s’endormirent tous, pour ne s’éveiller qu'en même temps que leur maitresse, afin d’être toujours prêts à la servir quand elle en aurait besoin. Les broches mêmes qui étaient au feu, toutes pleines de perdrix et de faisans, s’endormirent, et le feu aussi. Tout cela se fit en un moment: les fées n'étaient pas longues à leur besogne.
Alors le roi et la reine, après avoir baisé leur
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