LE RENARD DORE IO
Un jour qu'il était monté dans son cerisier, compère le Renard passa et lui dit :
— Que fais-tu sur cet arbre ; marquis de Carabas ?
— Je cueille des cerises. En veux-tu, compère Renard ?
— Volontiers; je te remercie.
Le garçon lui donna des cerises, et des plus belles; compère Renard en mangea quelquesunes, puis il alla porter au roi celles qui lui restaient.
— Sire, dit-il, voilà des badies que le marquis de Carabas vous envoie.
— ^ Il est bien riche, le marquis, pour avoir des cerises aussi belles ; qu'est-ce que tu veux pour ta peine, compère le Renard ?
— Je désirerais, dit-il, que vous me fassiez dorer le bout de la queue.
Le doreur vint dorer la queue du Renard, qui s'en alla, et sa queue brillait au soleil. Comme il s'en revenait, il trouva des perdrix sur sa route,
— Compère le Renard, lui dirent-elles,
comme tu es beau ; le bout de ta queue est comme de l'or.
— Si vous voulez venir avec moi, vous serez aussi belles et aussi dorées que moi, répondit-il.
Les perdrix le suivirent, et compère le Renard les mena au roi, à qui il dit :
— Sire, voilà des perdrix que le marquis de Carabas vous, envoie.
— Il est donc bien riche, le marquis de Carabas ! dit le roi ; que veux-tu pour ta peine, compère le Renard ?
— Je voudrais que vous me fassiez dorer les quatre pattes.
Le doreur vint dorer les quatre pattes à compère le Renard, et il était encore plus beau qu'avant. Comme il s'en revenait, il passa près d'un champ où il y avait une bande de lièvres.
— Ah ! compère le Renard, s'écrièrent-ils, comme tu es beau! ta queue et tes pattes ont l'air tout en or.
— Si vous voulez venir avec moi, vous serez aussi beaux et aussi bien dorés que moi.