LE DOUANIER EMPORTE PAR LE DIABLE
nez-le donc ! Vous ne devez pas avoir grand nombre de jolies petites âmes comme celle-là ; à votre place, je profiterais de l'occasion, car il n'est pas sûr qu'elle revienne plus tard.
— C'est égal, répondit le diable; l'enfant ne m'est pas donné de bon cœur, et j'espère trouver mieux.
Les deux compagnons reprirent leur route. Comme ils approchaient de la limite de la banlieue, ils firent rencontre de trois contrebandiers qui, en reconnaissant le brigadier si redouté d'eux, s'écrièrent en prenant la fuite :
— Ah ! le gredin de brigadier, le voilà encore ! que le diable l'emporte !
— Entendez-vous, à votre tour, cher brigadier ! dit le diable en le saisissant au collet. Vous le voyez, cette fois, le cadeau m'est fait de bon cœur, et vous diriez vous-même que je suis un nigaud, si je n'en profitais pas.
Oncques depuis, on n'a entendu parler du pauvre Catula.
FouQUET, Légendes du Moriihan, p. 24.