‹ Contes domestiquesChapitre 7 sur 21 · CHAPITRE TII · texte numérisé non relu

CHAPITRE TII

Db Huissiei de provinoe.

Le lendemain samedi , qui est jour de grand marche, Blaizot se leva aussi bon malin que de coutume, malgré les émotions de la veille. Il alla frapper chez son huissier habituel , monsieur Tèle.

Jamais on ne connut d'aussi gai compagnon que ce monsieur Tète, qui semblait avoir servi de type à la série de vaudevilles des Jovial.

Têle, petit homme frais comme une pomme d'api , regardait les gens avec ses joues, car ses yeux se perdaient entre les sourcils et les deux montagnes roses, veloutées comme des pèches.

De même que ces joues usurpatrices, le ventre avait dévoré les jambes de Tète; il ne marchait plus, il roulait. L'huissier était une petite tonne joyeuse qui parlait et chantait. Aussi exerça-t-il de tout temps son ministère, à Dijon , sans choquer les gens saisis, peu disposés à trouver un huissier aimable.

Depuis longtemps une plaisanterie traditionnelle de la basoche l'avait surnommé Mauvaise Téte^ innocent jeu de mots, que l'huissier acceptait avec joie, et qu'il répétait complaisamment à toutes les filles de la campagne qu'il prenait pour servantes.

— Je suis mauvaise Tète et bon cœur, leur disaitil en les embrassant dès le début.

Le petit huissier avait en effet bon cœur ou plutôt , / grand cœur. Madame Tète, en quinze ans, accoucha de quatorze enfants.

Il est présumable que cette production exagérée entraînait avec elle quelqu'oubli, quelque vice ; les t quatorze enfants moururent tous successivement. \/ Jamais Tète ne fut père plus de trois mois ; et il n'en était pas plus chagrin. Les petits cercueils que l'on amena quatorze fois dans la maison ne firent pas couler une larme sur les grosses joues du comique huissier.

On remarqua seulement dans la ville qu'à ces jours de funérailles. Tète buvait au café deux ou trois bouteilles de bière de plus qu'à l'ordinaire.

Tète avait la réputation du plus fort joueur de piquet de l'estaminet de la Côte-d'Or. Quelques vieillards de Dijon se rappellent encore ces fameuses parties de piquet à trois qui avaient jiour acteurs principaux le cafetier , et Vincent , chapelier de la rue des Moineaux , et Tète.

Un jour, les trois adversaires arrivèrent ensemble à compter sur la mcir(\uc quatre vi})(/t-onze. résultat

bizarre qui n'offre de supriî'me importance qu'en raison des habitudes tranquilles de la province.

A cause de ces parties innocentes de piquet, à cause de son naturel plaisant, Tète était mal vu du tribunal. Un fait plus grave indique pourquoi il n'avait pas r oreille du président, c'est que l'huissier changeait si souvent de bonnes qu'on voulut y voir des galanteries anti-matrimoniales.

Cependant madame Tète ne se plaignait jamais; mais monsieur le président du tril)unal fut plus que mécontent de ce qu'une de ses plus jolies servantes fût engagée au service de l'huissier.

Malgré la fécondité de madame Tète, malgré les parties de piquet, malgré ses habitudes galantes, l'huissier menait les affaires de son étude avec intelligence. Son jeune homme , ainsi appelait-il son clerc, travaillait dix heures par jour.

La meilleure clientèle de l'étude de Tète était représentée par le bonhomme Blaizot. Aussi, l'huissier Tête prenait-il sa mine grave quand venait le reneuvier.

— Eh bien! Tète, demanda Blaizot, venez faire un tour avec moi?

Faire un tour, dans le langage de Blaizot, voulait dire faire une affaire, ou plutôt faire une saisie.

— Comment donc, monsieur Blaizot, s'écria Tète, je suis tout à vous!...

lES OIES DE NOËL. ^

— Vous me ferez l'amitié, Tète, de poursuivre Cancoin...

— Bah I dit l'huissier, le tonnelier.

— Immédiatement et sans répit.

L'huissier était étonné, Blaizot ayant pour coutume de patienter pour ses débiteurs de la ville.

— Mais, dit-il, Cancoin est un brave homme... il faudrait peut-être attendre.

— Lui! honnête homme... Ahî Tête, vous ne le connaissez guère; ils m'ont assassiné hier... Si j'avais des témoins, je les poursuivrais, même au criminel. Ils ont lâché sur moi la femme du brûleur de la Mal- Fichue; un moment j'ai cru que je prenais le chemin du Purgatoire, car tout chacun a toujours quelques fautes à expier ; je ne me fais pas meilleur que je ne suis; mais les scélérats... Je vais chez eux tranquillement leur réclamer le loyer arriéré. Enfin , ce qui est dû est dû... Si personne ne me paie, demain je n'ai plus qu'à mourir de faim. Pendant que je m'expliquais, la Grelu sort de sa cachette, me saute au cou avec ses ongles. Ils s'étaient donné le mot pour éteindre les lumières, et ils ont profité de la nuit pour crier comme s'ils venaient à mon secours... Je voudrais les voir tous sous la roue...

— En effet, dit Tête, l'affaire'est grave; je m'en vais faire la signification, le commandemement , le recollement et la saisie. Ça ne sera pas long.

— A propos, dit Blaizot, avez-vous terminé l'affaire Picou ?

— Terminé? répondit l'huissier; j'ai bien peur que nous ne so} ons enfoncés. Picou est parti de la Mal- Fichue, à la suite de l'incendie, sans dire au revoir à personne. On ne sait pas ce qu'il est devenu.

— Eh bien, il fallait saisir.

— Saisir quoi ! dit Tète, je me suis borné à faire un procès-verbal de carence.

— Diable, dit le bonhomme, pourquoi ne m'avertissez-vous pas? Si je vous prends pour faire mes affaires, ce n'est pas pour me ruiner. Je vous demande toujours , quand un paysan vient chez moi, si je peux lui prêter sans danger pour mes écus, et je me rappelle, comme si c'était d'hier, que vous m'avez dit qu'un billet de Picou était bon.

— Ecoutez, monsieur Blaizot, dit l'huissier, moi je ne peux pas deviner dans l'avenir ; si je savais ce qui arrivera demain, dans huit jours, dans six ans, je vendrais ma charge d'huissier et je m'établirais sorcier. Tout ce vous avez prêté du côté de la Mal- Fichue a mal tourné, ce n'est pas ma faute; voilà Picou qui mange tout à boire, qui perd un procès , qui se sauve ; voilà Grelu qui bi'ùle sa ferme. Quand vous leur avez prêté, tous ces paysans étaient bons; aujourd'hui le hasard veut que leurs affaires s'embrouillent, je ne peux pas empêcher ra.

— Hein! ditBlaizot, me voilà à la tète de deux morceaux de papier timbré... ça me fait lourde poche.

Tout en causant affaires, le reneuvier et l'huissier étaient arrivés sur la place où se tiennent les marchands de volailles et de légumes.

De tous c<jtés partaient les cris ;

— Bonjour, monsieur Blaizotl

A chaque étal, on l'arrêtait, on lui faisait des comphments sur sa santé.

Le bonhomme faisait des affaires avec toutes les fermières des environs.

— Je vous quitte, lui dit Tète.

— Bon ; surtout ne manquez pas de préparer la saisie Cancoin.

— Tout de suite, il sera assigné, dit l'huissier. Blaizot continuait à se promener dans le marché ;

tout à coup il fut heurté violemment par un paysan qui se retourna brusquement.

— Maladroit, s'écria le reneuvier... Mais, dit-il en regardant la tournure du paysan qui avait failh le renverser... je ne me trompe pas...

Blaizot courut quelques pas.

— Eh! dit-il, vous voilà, Picou.

Picou, dont le chapeau de paille était fort enfoncé sur les yeux , fut embarrassé un moment. —. Salut bien, monsieur Blaizot!

— Nous ne pensons donc plus à notre petit billet ? demanda Blaizot.

— Pardon... au contraire, dit Picou... j'espère être en mesure.

— Comment vous espérez? mais l'échéance est passée I

— Allons donci dit Picou, ce n'est que demain, je suis venu exprès aujourd'hui à Dijon.

— Ah! vous faites erreur, Picou, il y a huit jours que votre billet est échu... Rappelez-vous bien.

— C'est vous, monsieur Blaizot, qui êtes dans votre tort ; ces choses-là , c'est sacré, les pauvres gens n'ont que leur honneur...

— Ah! Picou, je vous crois honnête...

— A l'avantage, monsieur Blaizot, dit le paysan, je passerai demain chez vous sans manque...

Le bonhomme tenait son débiteur et n'était pas fâché de voir s'il pourrait en tirer quelque à-compte, le jour même.

— Demain , dit-il , je ne suis pas à Dijon ; venez donc un peu à la maison, vous boirez bien un verre de vin avec moi. En même temps je vous montrerai le billet... pardi, ça n'engage à rien, puisque vous payez demain. Nous nous entendrons pour que vous versiez chez Tête.

Picou suivit son créancier en hésitant.

— Eh l)ien î comment vont vos affaires à la Mal-

Fichue, dit le bonhomme, feignant d'ignorer que le paysan avait quitté le hameau.

— Ça va toujours la même chose, répondit Picou pris au piège... il n'y a que la ferme de Grelu de moins...

— Est-ce que cet incendie ne causera pas de tort au hameau I

— Tort, dit Picou... Tous les médecins du monde ne rendraient pas la vie à un mort ; on ne trouve pas de diamants au cou d'un cochon... La Mal-Fichue sera toujours un pays abandonné de Dieu; il aurait mieux valu que tout brûle d'un coup, et nous avec, ça serait fini, on n'en parlerait plus.

— Mais , dit Blaizot , il y avait par là quelques pauvres familles qui vivaient de la ferme.

— Ils vivaient sans vivre; ce fainéant de Grelu passait son temps à regarder les nuages.

— Au fait, dit Blaizot, vous êtes témoin dans l'affaire, avez-vous déjà déposé?

Picou parut embarrassé.

— Je ne sais rien, répondit-il... je ne dépose pas. Qu'ils s'arrangent comme ils voudront au tribunal, on peut bien condamner Grelu sans moi.

— Ah 1 vous n'avez rien vu de l'incendie.

— Pas un fichtre !

— Allons, nous voilà arrivés, dit Blaizot, je vais vous faire goûter d'un petit vin de mon clos.

Le créancier et le débiteur entrèrent dans le cabî-

net; c'était un musée provincial d'un goût particulier.

Des lithographies de Boilly, chose rare à cette époque, ornaient les murs; elles représentaient différentes expressions de têtes. Boilly, le Daumier de l'empire, popularisa l'un des premiers la lithographie; mais son œuvre est d'un comique douteux.

Un des sujets, colorié avec soin et encadré plus richement que les autres, accusait chez Blaizot d'autres goûts que l'argent : c'était une jeune fille -endormie, le buste un peu dévoilé que trois tètes de vieillards contemplaient avec une avide curiosité.

Une pareille imagerie, d'un libertinage modéré, ne se trouverait pas chez un prêtre; elle n'a pas été encadrée par hasard et placée sans réflexion dans un cabinet de travail. L'œil qui aime à s'arrêter quotidiennement devant cette lithographie coloriée indique d'autres appétits.

L'industrie était représentée par deux bougies, l'une bleu-ciel, l'autre jaune, qui attendaient vainement, sous leurs globes, depuis deux ans, l'honneur d'éclairer le cabinet.

La pendule servait d'étagère, et étalait les objets les plus variés, des phénomènes de la nature, tels qu'une noisette trois fois mère, un coquillage dont le nom n'est écrit que dans les tableaux représentant le Lever de la Mariée, des animaux en verre filé.

Les meubles étaient de toutes les époques et de toutes les conditions, signe certain que le bonhomme avait glané dans chaque saisie opérée par Tète.

— Asseyez-vous, dit Blaizot à Picou pendant que je vais aveindre la fine bouteille.

Blaizot grimpa sur une chaire, se haussa sur la pointe du pied et atteignit la bouteille ; il prit sur la cheminée un gros verre orné, d'une mode antique, et versa quelques gouttes.

— Buvez-moi ça, dit-il à Picou.

Le paysan dressa le verre à ses lèvres et fit la grimace pendant que le bonhomme riait aux éclats.

— Eh! ehl ehl vous voilà pris comme les autres, dit Blaizot.

Picou jura entre ses dents de la plaisanterie de son créancier ; le verre était taillé de telle sorte, qu'en l'approchant des lèvres, le vin, par une ouverture, coulait dans le cou du buveur. Cette farce était encore une des traditions de Blaizot, qui manifestait ainsi son humeur plaisante.

— Ah! vous ne m'y reprendrez plus, dit Picou, qui aurait volontiers tordu le cou du bonhomme.

— Allons, Picou, dit Blaizot, ne nous fâchons pas, je vais vous donner à boire dans un gobelet qui ne fuit pas.

Non, dit Picou, je me fiche de votre vin... je ne crève pas de soif; d'ailleurs, le cabaret n'a pas été inventé pour les brebis galeuses.

— On ne peut donc pas rire une goutte, dit le bonhomme... tenez, voilà mon gobelet d'argent tout plein rasibus; vous me direz dos nouvelles de ce vinot, il n'y en a pas de pareil au cabaret.

Picou but le verre d'un trait , s'essuya la bouche avec sa manche et ne marqua ni approbation ni désapprobation.

— Maintenant, dit le bonhomme, je vais vous montrer le billet...

— C'est bon, dit Picou, je vous crois. ..je me serai trompé...

— Non, non, dit Blaizot, je veux que vous lisiez vous-même la date.

— Ah 1 quel homme que vous faites, s'écria Picou, il faut en passer par tous vos désirs ; mais n'importe, je vous paie demain.

Le bonhomme fouilla dans un carton crasseux plein de notes, de petits carrés de papier sales et jaunes et en retira le billet.

— Quand je vous disais, Picou, est-ce clair? Picou prit le billet et le regarda attentivement;

Blaizot tendait la main pour le reprendre.

— Vous pouvez pourtant le garder, ça ne tient qu'à vous, dit Blaizot, dont la main était attirée comme par un aimant vers la petite image du timbre.

— Ah ! je veux bien , répondit Picou ; vous m'en faites cadeau alors.

— Eh I dit le bonhomme, qui saisit vivement un des coins du billet; j'entends que vous devriez bien le solder aujourd'hui.

— Puisque c'est convenu pour demain, dit Picou.

Blaizot s'empara de la moitié du billet que tenait toujours son débiteur.

— Prenez garde, vous allez le déchirer, dit Picou.

— Rendez-le moi alors, lit le bonhomme... vous paierez demain sans manquer, n'est-ce pas... mais vous pourriez peut-être aujourd'hui me donner un petit à-compte.

— Seigneur, dit Picou, que vous êtes soupçonneux... je vous dis que demain vous aurez tout...

— Alors lâchez le billet...

Picou rendit le billet à Blaizot dont la figure s'épanouit tout d'un coup; il avait eu une sueur froide en songeant à l'imprudence de mettre un billet impayé dans les mains du débiteur.

Blaizot remit le billet sur la table et posa dessus une poire pétrifiée qui servait de serre-papier. On entendit quelqu'un marcher dans le corridor qui communique au cabinet.

— Bon! dit le bonhomme, c'est la Rubeigne qui ouvre la grande porte pour les fermiers qui vont arriver tout à l'heure.

— Moi, je m'en vais, dit Picou... A l'avantage, monsieur Blaizot.

11 ouvrit la porte du cabinet.

— Vous ne voulez donc rien donner aujourd'hui, dit Rlaizot.

Picou revint sur ses pas.

— Alors, Picou, demain, passez chez mon huissier Tôte, vous savez...

— Oh 1 je le connais bien, dit Picou.. .

— C'est que je serai obligé d'agir contre vous, si demain, à midi, les fonds n'étaient pas arrivés à l'étude de Tète.

Picou s'était approché de la cheminée et s'amusait à regarder les curiosités sous globe.

— Quelle drôle d'invention , dit-il ; et en même temps, Picou, par un geste rapide, saisit vivement son billet et l'avala.

— Eh bien! cria le bonhomme qui avait vu ce manège dans la glace.

Picou sortit brusquement, traversa le corridor et courut à toute jambes, Blaizot était resté anéanti une seconde ; la surprise que lui causait ce vol audacieux avait fait fléchir ses jambes.

— Au voleur 1 cria-t-il, au voleur I

En un clin d'œil la servante arriva et cria à l'unisson :

— Au voleur I au voleur 1

Les deux portes étaient ouvertes ; les voisins entendirent et répétèrent le cri ; toute la rue fut en rumeur. On avait vu Picou fuir à toutes jambes, Blaizot

sortit de sa maison, pûle et défait : la Rubeigne suivait et criait de sa voix la plus glapissante, en étendant les bras vers un point noir qui diminuait à vue d'oeil, et qui allait disparaître.

En effet , Picou allait s'engager dans une rue transversale, lorsqu'il fut renversé par une voiture de maraîcher qui débouchait de la rue opposée ; il tomba raide mort.

On se précipita sur lui , et on le porta dans la maison du boulanger. Blaizot arriva toujours suivi de sa servante ; le bonhomme se trouva mal en apercevant son débiteur mort; de minute en minute la foule grossissait autour de la maison du boulanger ; à grand' peine purent la traverser le commissaire de police et un médecin qu'on avait été prévenir.

Le médecin ausculta Picou.

— Il n'est pas mort, dit-il,

— Et mon billet, s'écria Blaizot I

Pendant que le médecin saignait Picou qui n'avait qu'un élourdissement causé par le choc, le commissaire de police faisait un procès-verbal et recueillait la déposition du bonhomme Blaizot.

Picou revint très-vite à lui ; il jura énergiquement en apercevant la figure de son créancier.

— Brigand! s'écria Blaizot.

— Buvez cela, dit le médecin à Picou, vous devez avoir besoin de prendre quelque chose.

— C'est vrai, dit Picou, mon estomac est tout à l'envers.

— Et vous, monsieur Blaizot, dit le commissaire de police , laissez un peu de tranquillité au prévenu.

A peine Picou avait-il bu la potion préparée par le médecin qu'il soupira, ferma les yeux et fit entendre des gémissements.

— Un vase, s'écria le docteur ; baissez la tète.

Le malade fut pris de vomissements, Blaizot sauta de joie ; on venait de recueillir sur le plat la preuve du vol.

— C'est à moi le billet, dit le bonhomme qui s'élança vers le plat.

— Pardon, monsieur Blaizot, dit le commissaire de police, cette pièce d'accusation ne peut vous être remise ; je vais la déposer au grefi'e.

Après ces incidents, la gendarmerie fut mandée et transporta Picou à la maison d'arrêt.

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