‹ Contes du chat noir; le printemps. Préf. de Françisque SarceyChapitre 4 sur 22 · X P R K FA C E · texte numérisé non relu

X P R K FA C E

C'est une chose bien singulière que cette détérioration de certains mots, qui, après avoir brillé dans la bonne compagnie et fait le charme des honnêtes gens et des poètes, revêtent un aspect cynique et tombent à Tégout, dont ensuite ils exhalent invinciblement l'odeur. Personne, hélas ! n'y peut rien. Nous aurions beau dire, vous et moi, à une honeste dame qu'il est ridicule de rougir au mot cocu, lorsqu'on écoute paisiblement celui de mari trompé, elle n'en sera pas moins blessée dans ce que la pudeur a de plus intime. N'est-ce pas Molière qui a dit que les femmes sont plus chastes des oreilles que du reste du corps ?

La convention, heureusement, vous sauve; c'est elle qui vous autorise à conter, sous le voile d'une orthographe rabelaisienne, les bons tours joués par les femmes à leurs benêts de maris, et à vous servir du mot propre, qui était le mot de nos pères.

II ne faudrait pas lire, je crois, tout votre volume d'une seule traite. On se fatiguerait de ce style. Mais le soir, quand on revient du Chat Noir, où Ton a entendu quelques chansons de Jouy,de Donnay ou de Masson. avant de s'endormir on ouvre votre livre au hasard, on peut être sûr de tomber sur

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