‹ Contes du chevalier de BoufflersChapitre 11 sur 13 · L TOUS LES HABITANTS DE LA TERRE · texte numérisé non relu

L TOUS LES HABITANTS DE LA TERRE

« Le CielgardeUmémoîredesbellesaaîons:

le Prophète a soin de les écrire lui-même avec la pointe de son sabre sur des tables de dia- ■ mam. Ce que fait le Prophète au ciel, Akbar le fait sur la terre : plus il est puissant, plus il veut être juste ; et s'il a plus d'une fois oublié des offenses, il n^en sera pas de même des services.

B Vous vous souvenez tous des vallées tortueuses de la région de Phitila ; ce fut là que l'Ange des combats, l'ami du Prophète, accoutumé à planer panout sur la tête d' Akbar, feignit un instant de nous abandonner pour éprouver notre grand courage, et pouvoir dire avec plus de certitude au Prophète s'il avait réellement choisi le plus grand des habitants de la terre pour l'objet de toutes ses complaisances. Hussein n'est plus ; c'était alors l'ennemi d' Akbar : il était venu nous attaquer avec des forces innombrables ; son armée attendait la nôtre en avant des murs de Platila ; mais, effrayé à la vue de nos braves, et, comme s'il eût désiré de nous fléchir, il nous fait demander une entrevue; nous y consentons, car jamais Akbar n'a repoussé le suppliant. Les armées dévoient rester immobiles dans les deux camps : les deux

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Rois dévoient se mettre 'en marche lorsque le soleil commenceroît à se montrer sur le sommet du mont Érima ; ils dévoient marcher sans escone et s'avancer l'un vers l'autre au pas de leurs coursiers ; les conventions étoient signées, les oiages étoient donnés, les serments étoient

reçus Mais l'Esprit de vérité habitait en

nous, et le Démon de la perfidie conseillait notre ennemi; il faisoit jour dans Tâme d'Akbar, il faisoit nuit dans celle de Hussein.

Cependant Akbar, qui tenoit toujours les yeux fixés sur le sommet d^Erima, part sans crainte, accompagné seulement de quatre Émirs : notre ennemi parut faire comme nous; il feignit même de se prosterner à notre approche, car les hommages ne coûtent rien aux perfides.

Nous lui tendons la main de la clémence, et nous commençons à l'écouter, quand soudain mille de ses guerriers élancés au même signal des creux des rochers et de l'obscurité des bois ont fondu sur Akbar ; mille autres les ont suivis. Notre armée, trop éloignée pour nous défendre, et ne pouvant pas nous voir, étoit restée dans notre camp, fidèle à nos ordres, et ne soupçonnant pas même que la trahison fût possible ; nos quatre Émirs (c'était alors toute l'armée du Roi des Rois) ont fait leur devoir : nous les avons vus combattre comme des lions à nos côtés; nous les avons vus tombera nos pieds percés de mille coups, et leurs nobles âmes nous attendent à la cité céleste des héros.Privé de nos

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compagnons et réduit à notre bras, nous avons combattu quelque temps seul contre toute une armée. Le carnage fut grand, et chacun de nos coups enrichissoit l'Ange de la mort. Mais déjà notre armure, entr'ouverte de toutes parts, se teignoit de notre sang ; notre lance brisée deve- . noil inutile ; notre glaive émoussé n'entamoit plus le fer ennemi ; notre généreux coursier, frappé aux jarrets, s'étoit abattu sous nous. Jusqu'alors le perBde Hussein n'avoit animé les siens que de la voix ; mais quand il nous voit désarmé et terrassé, il veut avoir la gloire du combat. Déjà il avoit renversé notre casque d'or d'un premier coup de son large cimeterre. Peuples et Rois, écoutez et frémissez : Déjà le fer étoit levé de nouveau sur notre tête sans défense, quand la tête de Hussein et sa main encore armée tombent à nos côtés, tranchées du même coup. Un mortel {si c'est un mortel en effet), prompt comme l'éclair, terrible comme la foudre, avoit franchi les monts et fondu sur les traîtres, qu'il écartoit comme le chasseur écarte de faibles branches. Il tournoit son agile coursier au milieu de leurs rangs confus, semant partout la mon, et sembloit un tourbillon d'automne qui disperse des monceaux de feuilles desséchées. Puis, quand son glaive a nettoyé autour de nous une large enceinte, que nul guerrier n'ose plus franchir, il descend, nous relève de son bras invincible, nous arme de sa lance, détache son casque, en couvre notre téie,

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commande à son coursier de s'agenouiller, nous aide à nous y placer, et soudain, s'élançant sur celui d'un de nos ennemis, il disparait. Envoyé du Ciel, lui crie alors Akbar, quel est ton nom ? Appelle-moi Fidèle, répondit-il en volant vers notre armée, qui s'avançoit, ignorant encore notre péril, mais inquiète de notre retard; c'est en vain cependant qu'il auroit voulu se dérober aux regards du Roi des Rois, un instant nous a suffi pour observer sur une de ses joues la forme d'un fer de lance imprimé sans doute par l'Ange de la guerre lui-même, qui a voulu le marquer de son signe entre tous les braves.

<i Dès le lendemain de ce jour dont la terre se souviendra, tous les Émirs ont eu l'ordre de passer leurs troupes en revue pour découvrir le guerrier marqué du fer de lance : hélas ! le

guerrier ne s'est pas trouvé! Il est parmi les

morts, a dit le Roi des Rois, et le Roi des Rois a versé des larmes : qu'on le cherche parmi les morts, avons-nous repris tristement, et qu'on l'amène devant nous, pour qu'au moins son corps soit arrosé des larmes de son maître.

On est revenu dire au Roi des Rois : Le guerrier que tu cherches n'a point été trouvé parmi les morts. Il se peut donc qu'il vive, nous sommes-nous écrié, et le monde a vu un rayon d'espoir luire sur la face du Roî des Rois, Rassemblez, avons-nous dit alors, tous les corps de nos ennemis tombés sous nos coups ; )oi-

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gnez-y ceux des braves que nous regrettons ; qu'ils soient tous portés sur la place où le grand Emir a sauvé les jours d'Akbar; qu'ils y soient placés les uns sur les autres, comme les pierres des pyramides de Memphis; que les visages de nos ennemis soient tournés vers la terre, ceu» des nôtres vers le ciel, et que les quatre nobles Emirs tombés à nos côtés soient placés au-des> sus de tous les autres; les pierres des montagnes de Platila serviront à revêtir les quatre côtés de la pyramide, et deviendront la demeure des hommes qui étaient hier et qui aujourd'hui ne sont plus ; l'histoire de cette journée sera gravée dans toutes les langues des hommes sur la base du grand tombeau ; et, sur la face exposée à la plus vive lumière du jour, des rubis étincelauts incrustés dans une large table d^or pur offriront à tous les yeux cette inscription :

« Le grand tombeau a été élevé, et le Roi des Rois a dormi tranquille, persuadé qu'il avoit satisfait à la reconnaissance autant qu'à la justice, et quatorze ans se sont écoulés depuis en travaux et en triomphes sans que le guerrier se soit fait connaître. Mais, ô prodige ! aujourd'hui que la paix règne dans Tlram et le Touram comme avant qu'il y eût des hommes, aujourd'hui qu'on n'a pas plus besoin d'armea sur la terre que dans le ciel... Akbar ne dort plus

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tranquille. Toutes les nuits le guerrier nous apparaît en songe, marqué du fer de taace à la joue, et nous dit : Akbar, tu m'as cherché en vain parmi les mons. Nous avons interrogé nos Docteurs sur notre songe; nous avons consulté les Mages, les Brahmanes, les Pénitents, les Senicquis, les Faquirs, les Prêtres et les Devins de toutes les religions des hommes; tous ont répondu : Le guerrier vit, car le Roi des Rois l'a rêvé.

B D'après ces témoignages, nous ordonnons qu'il soit fait les recherches les plus exactes sur toute la surface de la terre pour découvrir le défenseur d'Akbar; voulons, dès qu'il paraîtra, que tout genou fléchisse devant lui comme devant nous-méme, voulons qu'admis devant notre trône plus prés que les autres Rois de la terre, il reçoive de notre main la couronne de Platila, et que le reste de ses jours et des nôtres se passe dans les douceurs de la plus tendre fraternité. Le Roi des Rois le veut ainsi, n

Le sage Abukar et son fils, cachés à tous les yeux pendant la proclamation, ne sçavoient à quoi se résoudre; et dès que le héraut a cessé de parler, Idaltnen, troublé, propose à son père de profiter de ce moment de surprise et d'agitation pour s'évader tous les deux par des chemins connus de lui seul, et se soustraire à tous les honneurs qui les menacent, e Non, mon fils, non, mon Idalmen, répond l'auguste vieil-

lard, les Dieux veageurs du sastra (du serment) me le défendent et te l'interdisent par la bouche de ton père. Je dois la vérité au Roi des Rois; iLlasçaura. Eh quoi! Idalmen, nous n'oserions pas même soustraire un coupable à sa justice, et tu me proposerois de dérober un héros à sa reconnaissance] N'oublie pas ce que je suis pour toi, et, près d'exercer l'auiorîté royale, reconnais une dernière fois l'autorité paternelle. C'est, ajouta-t-il en l'embrassant, un reste d'expiation de la faute que nous avons tant pleurée. — Mais, mon père, après avoir pris vous-même, ainsi que votre fils, la douce habitude de l'obscurité, ne sentez-vous pas, comme lui, combien cet éclat subit va nous devenir incommode? et, pour avoir des chaînes d'or, en est-on moins captif? — Mon fils, répond l'ancien Rajah, la vraie sagesse conseille le repos, mais elle prescrit le devoir : ta gloire n'est plus à toi ; elle appartient au monde entier; tes exploits sont des diamants célestes tombés de la ceinture de la bienfaisante Drougah (la Déesse de la vertu); les cacher, c'est les dérober; et si la joie de ton père est quelque chose pour toi, mon Idalmen, ne te refuse plus à mes prières. Hélas ! assez et trop longtemps les hommes ont été les témoins de mon humiliation, qu'ils applaudissent aujourd'hui à mon triomphe, et qu'ils me voient rayonnant de l'éclat de mon fils.

A ces mots, il prend l'Émir par la main, l'entraîne avec qulque peine, et, sortant brusque-

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ment tous les deux du bocage qui les cachoît, ils frappent tous les regards de leur double changement. Mohély, qu'on n'avoit jamais vu sans casque ou sans voile, se montre embelli de sa noble cicatrice : on n'est pas moins étonné de l'air majestueux de l'ancien Rajah, quij appuyé sur l'épaule du héros, se plaît à axer tous les yeux sur le.signe éclatant que désormais la terre doit contempler avec amour et respect. Ouï, nobles Emirs, disott-il, le demi-dieu qui a sauvé les jours du Roi des Rois, vous le voyez devant vous; ce signe que vous n'aviez jamais aperçu, et cette vertu que vous avez tant admirée, vous l'anestent; suivez tous l'exemple que son père vous donne, et soyons les premiers à saluer l'invincible Idalmen. A l'instant, un cri universel a répété trois fois : Vive à jamais le Roi de Platila, l'ami du Roi des Rois I Mon père, dit Idalmen en les embrassant tous les larmes aux yeux, vous oubliez mes titres les plus chers, ceux de votre fils et de leur compagnon d'armes.

Dès la pointe du jour, Idalmen, à côté de son père, esconé de tous les Émirs et des autres guerriers de la caravane, étoit parvenu à la cime des vertes collines qui servent de ceinture à la ville royale. Déjà l'on commençoit à découvrir au-dessus des vapeurs du matin les sommets resplendissants des dômes, des tours, des obélisques, des minarets; déjà les trophées dorés qui couronnent la toiture du Palais du

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Roi des Rois, frappés des premiers rayons de Tastre naissant, se montroient comme autant d^enfants de la grande lumière, empressés de la saluer avant le reste de la nature, lorsqu'on découvre au loin deux files d'énormes éléphants, semblables à deux longues chaînes de montagnes, qui s'avançoient en pompe au-devant de la caravane. On en compte cent dans chaque lile : les harnais sont recouverts de larges plaques d'or et d'argent; ils portent tous un riche pavillon dont les rideaux, relevés avec grâce, laissent voir les plus admirables beautés de la Géorgie et de la Circassie. Chaque intervalle d'un éléphant à celui qui le précède est rempli par une troupe de cent cavaliers montés sut des chevaux assortis pour la figure et la couleur. En avant de chaque troupe, on voit quatre chameaux richement caparaçonnés, portant chacun deux archers adossés, qui, sur de longs bois de lance, élèvent dans les airs de larges queues de paon et des croissants de cristal de roche. A la droite et à la gauche du cortège, cent mille captifs suivent du même pas sur deux colonnes ; un anneau de cbaine 'au pied de chacun atteste leur esclavage; ils marchent désarmés et courbant vers la terre les drapeaux que jadis ils ont suivis : leur contenance humble et triste contraste avec la marche fière des soldats de l'invincible armée qui les entoure, comme en les ramenant du champ de bataille; le poli des armesqui couvrent les guerrîersd'Akbar inonde

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rhorizonde ses reflets lumineux, tandis que, de toutes parts, un nombre innombrable de drapeaux, d'enseignes, d'étendards, de bannières, de banderoles de toutes couleurs flottent au gré des vents et semblent de loin un immense jardin de fleurs mouvantes suspendu dans le vide des airs.

Parmi les éléphants, les chevaux, les chameaux, les bataillons qui couvrent la plaine, mille et mille beaux enfants, sans autre guide, sans autre commandement que la gaieté de leur âge, dansoient, sautoient, couroient çà et là, s'exerçoient à mille jeux divers, et, tantôt réunis, tantôt éparpillés suivant leur jeune caprice, ils présentoient naturellement l'image d'un peuple libre et joyeux sous la protection de ses redoutables défenseurs, tandis que des groupes de bayadères et de musiciens, comme errant au hasard, faisoient entendre alternativement leurs chants et leur symphonie, à tout moment interrompus par les acclamations d^une multitude innombrable.

An milieu de ce riant tumulte, les éléphants poursuivent gravement leur marche, conservant entre eux des distances toujours égales, comme les troupes les plus soigneusement exercées; on distingue entre tous le superbe Orangas (l'éléphant royal), qui les surpasse en beauté et marche gravement à leur tète, semblable â un père suivi de ses fils; mille chevaux plus blancs que la neige du mont Ararat paraissent hers de l'entourer, et l'étendard royal flotte au-dessus de son pavillon de brocart d'or. G'étoît là que

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le Sultan en personne étoit asssis à côté de sa fille chérie, appelée à juste titre Paridjata (ou TArbre du Paradis), et qui briUoît entre les plus rares beautés de l'Iram et du Touratn, comme une escarboucle entre des perles. Mais les regards ne faisoient que glisser sur toutes ces merveilles, et s'attachoient de préférence au Roi des Rois, qui, pour la première fois, daîgnoit se montrer à cette innombrable multitude; on aimoit à se répéter les uns aux autres les exploits d'Akbar, ses bienfaits, ses travaux, ses dangers ; on lui rendoît grâce de la paix du monde,, et tous contemploient avec un tendre respect cette contenance majestueuse, oU Ton voyoit plutôt la sagesse que l'orgueil, et jusqu'aux rides prématurées de,ce visage imposant, qui sembloient y tracer l'histoire d'une vie consumée en triomphes.

Arrêtons- nous un moment, et cherchons comment le mot de cette énigme devinée si tard a été si tôt répété au Sultan. On peut se ressouvenir que Mohély, pendant le sommeil du Derviche, a replié son voile pour lui en faire un coussin; que le Derviche, en s'éveillant, a reconnu son fils; que l'Emir, embarrassé peutêtre de s'arjnoncer pour le fils d'un religieux, s'était pressé de lui aller chercher des habits plus convenables, et qu'il ne s'est point souvenu sans doute de reprendre son voile. Koramed, sans être aperçu de son ami, l'a vu passer à visage découvert ; la tache couleur de pourpre

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dont il avait été question pendant le dîner a frappé Koramcd ; la bravoure et la modestie de Mohély lui ont tout expliqué... On n'était plus qu'à un quart de journée de la ville royale; Koramed y a volé en moins d'une heure.

Akbar, transporté de joie, a sur-le-champ envoyé le firmaa à la caravane; Koramed y étoit déjà revenu pour saluer le roi de Plaiila, et dès le soir il étoit retourné vers le Sultan : rien n'est fatigant ni difficile pour l'amitié. L'ami de Mohély, à son retour, est nommé grand Vizir; le Sultan lui a confié son projet et l'a chargé de toute l'ordonnance de ta fête; Koramed y a passé toute la nuit, et maintenant on le voit à côté de l'Orangas, monté sur le plus beau cheval de la Pers&, brillant de pourpre, de parure et surtout de joie au triomphe de son ami. Cependant la caravane, étonnée, avançait toujours à !a rencontre du conège; Koramed aperçoit de loin son ami et le désigne au Sultan. A l'instant même, toute l'armée s'arrête, et le grand Akbar, déposant tout faste, oubliant son étiquette (la joie n'en connaît point), descend de son éléphant, au grand étonnement de tout ce qui l'environne, et marche au>devant d'Idatmen. L'Émir, à cène vue, se précipite de son cheval et se prosterne aux pieds du Sultan. Akbar le relève, le serre tendrement dans ses bras ; puis, détachant la superbe aigrette qui brillait au-dessus de son turban, et que les Rois seuls ont droit de porter : Roi de Platlla,

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lui dit-il, recevez de ma main cette première marque de la Royauté que vous devriez exercer depuis longtemps. Votre Royaume n'est pas un don de mon amitié; c'est une conquête que vous tenez de votre vertu, de votre courage et de vos Dieux... Faisant ensuite approcher le casque et la lance que l'Emir lui avoit autrefois prêtés, et que deux grands Officiers portoient sur un tapis d'or enrichi d'émeraudes et de diamants : Voici, dit-il, noble fleur des guerriers, voici qui vous servira partout de couronne et de sceptre. Reprenez-les, ces armes à jamais victorieuses; elles m'ont donné l'Empire du monde, et à vous le cœur d'un ami... Le Sultan l'invite après à se montrer avec lui, ainsi que le vieux Rajah, sur l'éléphant royal, et, faisant aussitôt imposer silence de toutes parts à la foule immense qui les entouroit, cent porte-voix répétèrent en cent places différentes : Saluez tous l'invincible Roi de Platila, le frère et l'ami du Roi des Rois !

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