‹ Contes du cheykh êl-Mohdy (volume 2)Chapitre 28 sur 49 · DEL'MÈME VOYAGE · texte numérisé non relu

DEL'MÈME VOYAGE

Le soleil ot le mouvement eurent hicnlôl scellé mes vêlemens ; je parcourus la ville , et c'est alors que j'appris que j'étais réellement à Baphddd I j'appris en môme temps (jue depuis long-temps il n'y avait plus de khaljfe, et que la ville était maintenant soumise au gouvernement d'un Pacha turk.

Mes courses avaient aiguillonné mon appétit; je reconnus avec chagrin qu^î je ne possédais pas la plus petite pièce de monnaie pour me procurer les moindres alimens : cependant quelques musulmans charitables daignèrent me faire l'aumône de quelque nourriture que les besoins de mon estomac trouvèrent insuffisante.

La nuit était venue , je n'avais aucun asile ; je m'assis tristement dans un des faubourgs sous quelques arbres qui me servirent d'abri : ces arbres étaient placés sur une petite éminence de laquelle je pouvais apercevoir une grande partie de la ville : en face de moi , el à peu de distance , était un vaste bâtiment entouré de jardins verdoyans : c'était le palais du Pacha. Les lumières y brillaient de toutes part, le sons des instrumens qui y retentissait annonçait les plaisirs et la joie : de nombreux serviteurs et des esclaves richement vêtus passaient et repas-

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saient avec empressement dans les vastes cours dccoiivertes à ma vue.

Ce spectacle augmenta encore le sentiment pénible de ma situation.

« Que je suis malheureux! m'écriai-je: pour- » quoi Dieu a-t-il permis qu'il y ait tant de dif- )) férence dans le sort de ses créatures. Je suis » sans asile , dans l'obscurité ; j'ai faim , tandis )) qu'au milieu de mille flambeaux parfumés , » des instrumens d'une musique enchanteresse, » sous des plafonds dorés le Pacha savoure )) sans doute les mets les plus recherchés, les » sorbets les plus exquis ! Pour lui sont prodi- » guées toutes les délices de la table la plus splen- )) dide. Que ne suis-je aussi fortuné que lui ! »0 pauvre et abandonné Mouradf... Com- )) bien je sens mes désirs excités par ces ali- )) mens délicieux , par cette illumination si )) brillante, par cette musique dont quelques )) sons fugitifs seulement peuvent arriver à mon » oreille î »

Je n'avais pas fini de parler qu'une longue SU' te d'esclaves, portant des flambeaux, sort du palais du Pacha : ils accompagnent une double file d'autres esclaves qui portent des plats d'or, des vases de la porcelaine la plus précieuse, remplis de tout ce qu'ont pu inventer

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