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volonté (le courir, quand je le voudrais, les nouveaux risques d'un départ. Le pays d'ailleurs pouvait devenir plus fertile que dans la portion que j'avais parcourue : je n'avais vu ni entendu aucun des animaux nuisibles que j'aurais pu redouter, seulement j'aurais voulu y rencontrer quelques hommes.
Quand je m'éveillai, j'aperçus des hommes autour de moi : une foule nombreuse m'environnait de toutes parts : c'était une troupe de sauvaijes noirs, entièrement nus, laids, d'une mai^'reur extrême ; la peau , ou plutôt le cuir qui recouvrait ces corps osseux et desséchés, était peinte de couleurs tranchantes et variées; des armes menaçantes et d'une forme bizarre étaient dirigées contre moi.
Aucune espèce de résistance ne m'était possible : je fus aussitôt dépouillé de tous mes vétemens , et lié étroitement , de manière à ce que tout mouvement me fût «ibsolument interdit sous les cordes multipliées qui me garrottaient. Mes pieds et mes mains étaient attachés ensemble , ma tête retenue entre mes deux genoux, et, ainsi replié sur moi-même, je ressemblais moins à un corps humain qu'à un ballot de marchandises préparé pour un long vojage.
Les barbares m'enlevèreni en triomphe : je
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fus ainsi transporté par eux dans, un endroit de la foret dont les arbres paraissaient avoir été ari-achés pour former une vaste esplanade; une foule immense y attendait mes conducteurs. Leur arrivée et la mienne fut saluée par les hurlemens de toute la troupe, dont les sons discords et décliirans firent frissonner tout mon corps d'effroi ; les rugissemens des lions , les grondemens des tigres , les glapissemens des chakals , les rauques mugissemens des hippopotames, les grommellemens des panthères, les sifïlemens des serpens , les sinistres râleraens des hyènes, m'avaient causé moins d'émotion que le concert infernal, dont ces voix, qui n'avaient rien d'humain , faisaient vibrer à mes oreilles l'horrible retentissement.
On me déposa auprès d'un brasier allumé , et j'ignorais d'abord si leur- intention était de m'y brûler en entier, en sacrifice à quelqu'une de leurs idoles , ou si je devais être seulement rôti pour être dévoré par leur appétit féroce.
Je fus bientôt convaincu que ces sauvages étaient, non des anthropophages, mais des adorateurs du feu ; leurs génuflexions , leurs prosternemens autour de l'immense foyer, ne me laissèrent plus aucun doute sur le culte qu'ils rendaient aux fl;unmes dont il était embrasé :