QUATRIÈME AVENTURE
annonçai que j'allais quitter avecelle leroyaume de Maskale pour aller visiter les îles de la mer indienne.
Zomrouk ne parut ni troublée ni embarrassée de celle signification ; mais au moment du départ Zomrouk ne se trouva plus, et j'appris que la jille de la mer avait choisi le palais du roi pour son asile , contre les dangers de l'élément qui avait déjà failli lui être si fatal.
Cette désertion , que j'aurais cependant dû prévoir, m'irrita et m'emporta au-delà des bornes de la prudence que je m'étais imposée.
Oubliant mes infortunes précédentes et le funeste succès d'une pareille démarche auprès du Pacha de Baglidàd ; n'écoutant que ma colère aveugle et mon ressentiment, je courus au palais du roi redemander ma Zomrouk à Soultân- Seyf ébn-Soultdn lui-même.
Je ne pouvais, certes, ni faire auprès de lui une démarche plus inconsidérée , ni choisir pour la faire un moment moins opportun et plus dangereux.
J'ai dit que le roi de Maskale était livré sans frein à toutes ses passions immodérées , mais une de ces passions était le goût ignoble de la débauche et de l'ivrognerie. Préférant aux principes sévères dos Sounnys la morale plus
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relâchée des indulgens Chi'fs*, ou plutôt méprisant les lois de l'une et l'autre secte , Soultdn- Sexf n^ava\t pas craint d'aimer le vin, proscrit par notre saint Prophète, et de s'abandonner à cette passion avilissante avec ses favoris et les principaux de sa cour.
II était au sein d'une de ces orgies dégoûtantes , dans lesquelles il cherchait à perdre la mémoire de ses anciens désastres et du joug honteux qu'il avait laissé peser sur sa faiblesse. Ces souvenirs importuns venaient d'être rappelés à son esprit d'une manière bien cruelle : au milieu même de son orgie, on avait remis en ses mains une lettre de Nadir-ChdJi , du puissant monarque qu'il avait osé outrager, et que son insoucieuse imprévoyance semblait avoir oublié , comme si cet ennemi redoutable eût déjà disparu de la surface de la terre.
Courte et sans préambule , cette lettre ne portait que les mots suivans , dans lesquels la colère du conquérant terrible préludait à sa vengeance par des allusions amères et menaçantes sur les noms de Soultdn (sultan) et de .ye;/(épée, glaive) que portait le roi de Maskate :
« J'arrive ! lu me verras demain ! Mon ci-
• La secte des Sounnjs est particulièrement suivie par les Turks : celle des Chïjs est adoptée par les Persaus.
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y> meterre a moissonné les tôtes des sultans y) (le l'Inde : je vais voir si sa trempe s^émous- » sera contre ton épée. Je crains seulement )) que l'excès de ton effroi, glaçant ton sang )) dans tes veines , n'offre à ma vengeance » qu'une victime sans vie. Attends-moi : j'ar- )) rive ! )).
Celle lettre, tombée comme la foudre au milieu des ébats de la fête tumultueuse, n'avait pu dissiper l'aveuglement du roi de Maskate déjà entouré des vapeurs de l'ivresse ; mais dans sa délirante présomption sa colère s'était allumée, et son exaspération s'exhalait contre l'insolent Nadir-Chdli en invectives et en blasphèmes.
Parmi les convives de l'orgie royale , était un de ses flatteurs les plus assidus, et de ses courtisans les plus empressés à lui plaire. Ce personnage était le poëte de la cour, qui avait déjà servi la passion de Soulldn -Seyf pour ZoTiirouk ^ en lui fournissant l'ode de Djdmy qu'il avait employée à sa galante missive.
Habile à profiler des circonstances, le poêle saisit cette occasion pour enivrer le roi de nouvelles allusions adulatrices , et capter adroitement la faveur dont il était le vil adorateur.
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Elevant la voix , il chanta les vers suivans :
« Il est venu ce jour, où, dans le sang trempée, » Ta lance va punir cet orctueil menaçant :
î) Ce jour, où ta terrible épée » Verra tes ennemis tomlier snus son tranchant.
» Le destin va frapper Nadik : le coup rapide » De ta puissaute main le condamne au tombeau : » Ainsi, devant l'aigle intrépide, » Tombe l'ignoble et sinistre corbeau. »
La salle du festin retentit des applaudissemens de la tourbe des courtisans : le roi de Maskate sentit accroître encore les transports de sa fureur aveugle et de sa confiance insensée.
Ce fut en ce moment que j'arrivai : Soultdn^ Seyf^ déjà furieux, ne se connaissant plus dans la double ivresse du vin et du plus violent emportement, ne répondit à mes justes reproches qu'en appelant ses gardes et en leur ordonnant de me trancher sur-le-champ la tète en sa présence.
Chacun d'eux restait immobile et semblait hésiter à remplir contre moi ce cruel office; les yeux furibonds de Soultdn-Seyf étincelaient , lançant sur eux des flammes, présages certains du châtiment terrible dont leur désobéissance et leur hésitation allaient être punies. Un d'eux s'avança d'un pas précipité, et s'offrit pour être
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mon bourreau. Cet homme était un des nègres de la garde du roi : c'était l'esclave même, déjà ingrat envers son premier maître , ingrat envers moi , auquel ma générosité avait pardonné quand j'étais devenu l'arbitre de sa vie.
L'ingrat se présenta volontiers et avec empressement à un autre ingrat, pour trancher les jours de leur commun bienfaiteur.
Je n'étais pas chargé de chaînes, j'étais courbé sur la terre attendant le coup fatal : l'esclave avait tiré son cimeterre tranchant, il mesurait d'un regard assuré la place de mon col où il devait frapper; son bras se leva suspendant un instant son instrument de mort , puis le faisant rapidement tournoyer deux fois au-dessus de son turban, il asséna un seul coup.... La tête du bourreau tomba et bondi*; sanglante jusqu'aux pieds de Soidtân-Seyf l , . . Moi, j'étais sain et sauf.
Ce spectacle épouvantable ne fît qu'accroître encore la fureur du tyran sanguinaire : égaré, éperdu, délirant de rage, les rauques accens de sa voix entrecoupée pouvaient à peine se faire comprendre, dans leurs sons inarticulés, au servile troupeau qui l'entourait.
ce Qu'on l'empale à l'instant ! » s'écria-t-il. Les vils et lâches exécuteurs de la vengeance
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royale se jetèrent sur moi et m'entourèrent de toutes parts. Mais le nuage d'une nuit soudaine, les voiles de l'obscurité la plus épaisse enveloppèrent tout-à-coup la troupe tumultueuse de mes assassins.
Cependant , sans être arrêté par l'obstacle miraculeux , qui paraissait si évidemment appelé par moi pour me protéger, leur zèle adulateur voulut se signaler au sein de ces ténèbres profondes : au milieu de leurs cris confus et de leurs efforts aveugles , l'arrêt de Soultdn- Seyfïni exécuté, et le lendemain matin, lorsque l'aurore eut rendu la lumière au monde , les habitans de Rostak virent devant le palais , transpercé par le pieu %tal , le cadavre de Soultdn-Seyf ébn-Soultân , roi souverain d'Oman , d'Aden et de M as k a te.
Comme si sa punition n'avait pas été encore complète sans un dernier outrage , on vit bientôt, attache au même pal où était exposée cette victime sanglante , un papier contenant des vers insultans pour sa mémoire.
Ces vers étaient ceux que le poëte de la cour avait composés pour enfler encore le vain orgueil du malheureux prince; mais voyant que la mort de son protecteur ne lui laissait que l'espoir de plaire au vainqueur, dont on annon-
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çait l'approche , il avait été prorapt à faire à sa composition les changemens qu'il crut convenables aux circonstances , et était venu les afficher audacieusement auprès du cadavre même de celui qu'il adulait si bassement la veille. Voici ces vers tels qu'il les avait travestis :
« li est venu ce jour, où ta lance trompée
w S'est brisée à l'aspect d'un vainqueur menaçant :
» Ce jour, où de la faible épée » Le fer est contre lui sans pointe et sans tranclinnt.
« Le destin t'a ][ frappé, Sevf, ses coups rapides » T'ont de ta propre main fait creuser ton tombeau : » Devant les aigles intrépides » Que peut 1 ignoble et sinistre corbeau ?»
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Cinqiitfinf ;3t)ciititrc mcrofillcusc bc j^amb-^^Uàl) fl-:3lk!)mj)m;>, eurnommc 3çiyb le iîlajicicii.
Ce jour-là même Nadir-Chah ^ fidèle à sa promesse , était dans la ville de Rostak : les diverses colonnes de son innombrable armée, dirigées à la fois sur tous les points de la côte d'Arabie , s'étaient emparées au même instant de toutes les autres villes d'Aden , d'Oman et de Maskate. En voyant sur la principale place le hideux spectacle qu'ofFrirent à ses yeux les malheureux restes de l'ennemi qu^il venait châtier, il regretta amèrement d'avoir été prévenu, et de trouver ainsi, comme il le disait, son ouvrage fait par une main autre que la sienne.
Il ne vit toutefois dans cette exécution anticipée qu\m excès de zèle et une manifestation du dévouement des liabitans envers lui-même ; cette considération leur mérita un pardon général et l'exemption absolue de toute vexation et de tout ravage.
Nadir quitta bientôt les nouveaux royaumes incorporés dans ses domaines en y laissant pour vice -roi son fils aîné Rizzd-Koulf-Mirzd chargé de les gouverner en son nom.
Cependant je voguais tranquillement sur la
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mer des Indes , libre d'inquiétude , à l'abri des dangers qui m'avaient menacé d'une manière si terrible , et essayant de chasser de mon esprit le souvenir des événemens dont j'avais failli d'être la victime.
Le vaisseau sur lequel je m'étais embarqué dans le port de Kouryat, non loin de la ville de Maskale , était parti de Soueys (Suez) , et après avoir traversé toute la longueur de la merde Qolzoum ( la Mer-Rouge ) , il n'avait abordé dans cette rade que pour renouveler ses provisions d'eau dans le fleuve de Massourah qui s'y jette à la mer, près du promontoire connu sous le nom de Rds-Baddoud.
Sa destination était pour les grandes îles de Vllcnd (l'Inde) et de la mer de-5j/? ( la Chine), où il devait porter des marchandises de l'Occident et les échanger contre les épiceries , les aromates, l'or et les pierres précieuses, que ces contrées produisent en si grande abondance.
Le voyage lointain qu'allaient continuer ces navigateurs convenait parfaitement à mon système d'exploration, et, dans ces régions presque inconnues, j'étais assuré de recueillir une moisson inappréciable de richesses d'une nature toute différente de celles qu'ils allaient y chercher.
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J'avais donc profité avec empressement de cette occasion, d'autant plus favorable pour moi, qu'outre la facilité de m'éloignerpromptement des rivages que je voulais quitter, j'y trouvais de plus l'avantage de faire celte longue traversée sur un vaisseau égyptien et avec des compatriotes.
La navigation se prolongea beaucoup, par nos fréquens attérissemens dans les divers parages que nous visitâmes ; mais aucune tempête , aucun vent contraire , aucune espèce de danger ne vinrent en troubler la sûreté.
Il serait trop long de raconter en détail toutes les merveilles des pays que nous parcourûmes ainsi , et je me bornerai à parler rapidement de quelques-unes des îles où nous abordâmes.
Une des îles les plus considérables où nous séjournâmes fut celle de Djdouah (Java), placée entre la mer de Syn et celle de VHend : elle me parut riche et florissante; les marchands de notre vaisseau en tirèrent des cargaisons précieuses de drogues médicinales et divers parfums, tels que le Sounboul (sp\canardi), le Kafour [le camphre), le Oud él- Djdouçily ( l'aloës de Java ) , le Qaronfoul ( le girofle), et de magnifiques vases de porce-
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laines [Faghfoury) qui y avaient été apportés du pays de Syn.
Nous visitâmes successivement plusieurs autres îles , entre autres celle qui est connue sous le nom de Gezirét cl-riessa' (^We des femmes): cette île merveilleuse forme réellement deux îles, puisqu'elle se compose de deux parties égales, séparées l'une de l'autre par un bras de mer; ces deux portions ne sont habitées que par des femmes, et on n'y trouve non-seulement aucun homme, mais encore aucun animal mâle. Les habitantes de ces deux îles, ainsi que les animaux femelles qui s'y rencontrent en assez grand nombre, ne produisent que des êtres du sexe féminin ; les unes et les autres ne propagent leur espèce que d'une manière bien bizarre et bien étonnante. Dans l'une des deux îles, im certain jour de l'année, il soufîle un vent qui les rend fécondes 5 dans l'autre , leur grossesse est causée par le fruit de certains arbres, qu'elles mangent lorsqu'elles veulent devenir mères.
L'île de IVak est bien plus extraordinaire encore : on n'y voit nuls habitansj mais les forêts qui en couvrent la surface ne sont composées que d'arbres singuliers, dont les branches, au milieu de leur feuillage, ne portent au
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Keu de fruits que des corps tronqués de femmes sans bras et sans jambes , suspendus par leur chevelure à l'arbre auquel ils sont attachés et dont ils font partie. Ces corps agités par lèvent font entendre le cri plaintif (^Wc , wcik, et c'est de ce cri que l'île a pris son nom.
Dans l'île î^Lcl-Ranulny les hommes sont de la plus petite taille , et leur hauteur égale à peine une coudée et demie : leur pays est pauvre et n'offre que bien peu des productions nécessaires à la nourriture des habitans ; aussi leur détresse est extrême , quoique l'or y végète partout en abondance hors de la terre, remplaçant les plantes dont ce pays malheureux est privé; ils sont nus et ne portent sur leur corps que des colliers d'ambre et de perles de la plus grande beauté que la mer jette avec profusion sur leur rivage stérile et affamé- Plus petits encore que les habitans ^êl-Ra~ mdny, ceux de l'île nommée Gezyrét-él-Qossdr n'ai teignent jamais deux empans de hauteur; ils sont cependant très- belliqueux et sont en guerre continuelle avec des chauve -souris monstrueuses, dont le corps est plus énorme que celui des chats les plus gros , et dont les ailes surpassent dans leur envergure celles de la plus grande espèce des vautours. Ces peu-
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Kjj « i>qliI:mi: ayknhhe
plndes tle nains vivent dans une appréhension conlinuelle; cai' les monstres ailés les guettent et les poursuivent, afin de les saisir et de les emporter dans leurs nids, au fond des crevasses inaccesï.il)les des rochers, pours( rvir de nourriture à lein-s petits.
Dans l'île de Soksdr on trouve une espèce d'hommes ((ui sont velus comme les animaux sauvages , et dont le visage ressemble au museau des chiens : les sons inarticulés qu'ils profèrent sont entièrement inintelligibles et n'ont d'affinité avec aucun langage.
C'est dans cette île qu'on Irouve principalement l'arbre (|ui produit le kafour (le camphre) : cet arbre est immense, et les habitans ont placé leurs demeures sur ses branches, pour se gar;uilir d<' l'humidité malfaisante qui couvre le sol , et de l'attaque plus dangereuse encore des terribles serpens dont l'île est infestée , monstres non moins redoutables par leur poison subtil et mortel que par leur longueur et leur grosseur extraordinaires.
Dans l'île à^cï-Uatlalyn les habitans remarqualjles par leur paresse inconcevable et leur apathie , tout autant que par leur malpropielé dégoûtante et la maigreur hideuse qui les déforme, restent continuellomenl à la m^me place,
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nus , immobiles , accroupis sur la lerre , la bouche ouverte et la face tournée vers le ciel : la rosée de la nuit humecte leurs lèvres; ses gouttes suftisent pour la nourriture de ces malheureux et pour entretenir le faible souffle de leur déplorable existence.
L'ile él-Zarqd n'est habitée que par des hommes dont le corps esl entièrement bleu comme la voûte azurée du ciel ; ils sont toutà-fait muets , aucun son , aucun cri ne sort de leur bouche : c'est de cette île que nous viennent les oiseaux appelés Touty (perroquet) qui seuls y font entendre une voix humaine.
Quant à l'île él-Mozzalemch elle est couverte de ténèbres tellement épaisses qu'on n'y aperçoit ni le soleil, ni la lune, ni les étoiles. Condamnés à une obscurité totale et continuelle, ses infortunés habitans ne pvîuvent agir et communiquer entre eux qu'à tâtons; les globes de leurs yeux sans prunelles sont rouges et enflammés comme des charbons allumés , et lorsqu'ils en ent dans les campagnes au milieu de leurs éternelles ténèbres , ces lueurs vagabondes et scintillantes donnent à la surface de la terre l'aspect d'une nuit étoilée, dont les clartés sidérales illuminent les sombres voiles sans en dissiper la profonde obscurité.
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Tous ces peuples sont ou mages ou idolâtres, et la plupart d'entre eux ont l'horrible coutume de dévorer la chair humaine : lein' origine est loulc (liflërente de celle des Arabes , et cependant , dans la partie la pins reculée de ces ex- Irémilés orientales , nous trouvâmes une peuplade qui prétendait descendre de l'ancienne tribu de Tliewoud. Cette peuplade, isolée du reste de la population de cette contrée, occupait la ville de Djayrsà.
Nous arrivâmes enfin au royaume de Sanc/abil , l'tm des plus considérables de ceux dont se compose le vaste et puissant empire de Sfn. Nous nous retrouvâmes ainsi chez des nations civilisées et presque aussi policées que (telles de TAraliie , de la Syrie et de la Perse. Ce pays est surtout llorissant par son commerce j c'est là que les vaisseaux qui se livrent aux navigations de ces contrées éloignées de l'Orient, font les échanges les plus avantageux et recueillent les marchandises les plus précieuses; car, outre les aromates vt les produits que j^ai déjà dénombrés dans la description des pays précédens , on y trouve en abondance le bois de sandal , le dnr-syny (le cinnamome), des diamans, le zeha(l[\ii civette), le mc<hk{\e mu'-c), le hashasa (le macis), de
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très- bel ivoire et des cornes de rhinocéros si lecherchées en Arabie et en Perse.
La ville capitale , dans laquelle nous parvînmes en remontant un grand fleuve large comme le Tjgre lorsqu'il arrose Baghdàd et Basrah, est située au milieu des terres, qui sont au loin arrosées par des canaux et dont la culture est admirable.
Au milieu de la ville est un temple immense tout construit en terre blanche et luisante de Sfn '.
On y adore une idole monstrueuse en or massif, haute de vingt-cinq coudées , et dont le corps accroupi est surmonté d'une tète de bœuf. Cette idole a trois mains tenant divers attributs ; une de ces mains offre une fleiu' qui s'épanouit quand le roi de cette contrée doit vivre heureux ; la seconde main est armée d'un glaive, dont la pointe sanglante est élevée lorsqu'il doit remporter la victoire, s'abaissant au contraire vers la terre quand il doit s'attendre à une défaite. Enfin à la troisième main est suspendue une énorme cloche de même métal qui sonne d'elle-même lorsque l'heure de la mort du roi est arrivée.
Aussitôt que nous fûmes parvenus dans la
' La porcelaine.