CINQUIÈME AVENTURE
ville, les gardes Ju roi s'emparèrent de nos personnes et de nos marchandises, et nous emprisonnèrent dans une maison bien fermée, où nous fûmes obliijcs de rester pendant trois mois entiers sans pouvoir communiquer avec aucun des babitans.
J'appris que celte coutume était établie par les lois du pays, et nos marchands , qui hx connaissaient d'avance , s'étaient approvisionnes des vivres nécessaires.
Dès que les trois jnois furent expirés, la liberté nous fut rendue ; le roi envoya des officiers qui prirent en son nom le quart des marchandises : le reste fut laissé aux marchands, et ils eurent la permission de commencer leur commerce avec la population de la ville.
Les marchands demeurèrent encore trois mois dans la ville de Sandabil. Ce temps expiré, ils furent obligés de se rembarquer, les lois du pays ne permettant pas un plus long séjour aux commercans étrangers.
Cependant j'étais loin d'avoir encore fait, dans cette région nouvelle pour moi, toutes les explorations scientifiques auxquelles j'avais dessein de me livrer, et je résolus d'y prolonger mon séjour, si je pouvais en obtenir la permission.
DAGYB Lii MAGlCll::^. igg
Celle permission me fut assez facilement accordée ; mon titre de médecin , et la certitude qui fut bientôt acquise que , pendant les six mois de ma résidence, je ne m'étais occupé d'aucune espèce de commerce , aplanirent toute espèce de difficultés.
J'achetai , près de la ville , une assez jolie maison, construite en bois et en roseaux, comme le sont tous les bâtimens du pays, même le palais du roi ; mais , si les dorures et les peintures n'ornent pas à l'extérieur les habitations les plus considérables , l'intérieur étale les richesses du plus grand luxe, et brille partout des parures de la magnificence.
Mon habitation était simple, mais commode, placée au milieu des rochers , loin de toute habitation ; les environs de la ville sont ainsi semés de loin à loin de maisons isolées , dans lesquelles on vit en sûreté et sans crainte, les voleurs et les brigands étant inconnus dans cet heureux royaume , et les bêtes farouches ne quittant jamais la chaîne des hautes montagnes qui ferment du côté de la Chine cette presqu'île , ceinte d'ailleurs par la mer de tous les autres côt4s.
J'étais livré entièrement à mes études et à mes recherches ; je ne sortais de ma maison que