‹ Contes du cheykh êl-MohdyChapitre 18 sur 42 · HISTOIRE DE DU.- AVER · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE DU.- AVER

Si tu veux (iii'iirt don volontaire A ton cœur accorde mon cœur, F«is , par un scntimenl contraire , En :unour, cliaogcr mou horreur :

Fais qu'uu démon hideux soit capable de plaire, Ou cliange en Leanté ta laiiieur.

J'eus à peine liiai île chanter le dernier vers que, rugissant de raj^e comme une hyène aflamée qui bondit pour déchirer sa proie , le monstre s'élança et me perça de son effroyable poignard.

Je ne sentis que la première blessure, un froid glacial pénétra dans ma plaie et se répandit dans toutes mes veines : tombée aux pieds de mon bourreau sans connaissance et sans vie , j'ignore par quelles mains le barbare Reghink nVa fait jeter au milieu des rochers déserts où vous m'avez trouvée. J'ignore encore si j'ai été dépouillée de tous mes vêtemens par ses ordres , ou si leur richesse, excitant la cupidité des vils exécuteurs des volontés de mon assassin, a attiré sur moi ce redoublement d'outrages.

SUITI^ DES AVENTURES DAG\b. 22l

Suitf et fin bc lii riuqiiifinc 3«fnturc mcïucil'ruaf bc J^nmî)- ;?lll(il)-fl-:3lkl)im'mj', surnomme J^gub le inagirieii.

J'avais écoulé avec allention les infortunes de la belle Dyl-As>er : son récit me prouvait que l'amoureux Meh-Radj-Reghink n'avait pu rien obtenir de celle qui avait payé de sa vie sa révolte obstinée contre les désirs tyranniques du potentat disi,'racié par la nature.

Mon cœur battait doucement et se livrait à l'espoir qu'un trésor aussi précieux semblait avoir été conservé exprès pour moi par ces vicissitudes si variées et si cruelles. Mais je ne pouvais parvenir au trésor si désiré sans émouvoir le coeur de la pétulante et indomptable Dyl-A\'er.

Mon amour avait beau s'accroître chaque joui', nul moyen certain ne se présentait à mon imagination pour pénétrer dans ce cœur capricieux et qui ne semblait pas susceptible de tendresse. Dyl-Ai'eréX.d^i aussi belle, plus belle peut-être que Safyéh et que Zomrouk^ mais son caractère tranchant et décidé était autant éloigne de la tendre sensibilité de la première ^ que de l'étourderie insouciante et de la folle vanité de la seconde. Cependant son ame ne

semblait nullcmciil susceptible de se fermer aux éniolions des plaisirs sensuels ; mais chacun des mouvemens de celte amc , peut-être un peu froide et un peu sèche, semblait être calculé, chaque émotion paraissait devoir être volontaire.

Je crus ne pouvoir parvenir au coeur de Dyl-A^'ev qu'en passant pour ainsi dire par son esprit, et comme les vers qu'elle avait chantés au roi de Sandabil m'annonçaient assez que la poésie était loin de lui être étrangère , je crus ne pouvoir employer de plus sûr introducteur auprès d'elle qu'une déclaration de mes sentimens en \ ers.

Dans cette lonj^ue pièce, fruit de mes nouveaux lalens en poésie, je me gardai bien de peindre en traits trop expressifs les transports dont mon coeur était agité , transports que l'ame peu sensible de Dyl-Aver n'aurait peut-être pu comprendre , j'enveloppai les plaintes et les désirs de ma passion sous le voile d'une allégorie dans laquelle je m'efforçai de mettre plus d'esprit que d'amour.

Un soir donc je remis, sans prononcer une seule parole , un papier écrit avec soin entre les mains de Dyl-Aver. Elle le déploya avec indiiléreiice et y lut les vers suivans :

1>E r.A CINQUIÈME AVENTURE d'agyI!. 2i23

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