‹ Contes du cheykh êl-MohdyChapitre 25 sur 42 · DE LA SECONDE PARTIE DES CONTES · texte numérisé non relu

DE LA SECONDE PARTIE DES CONTES

DU CHEYKH ÈL-MOHDY.

Le lecteur a été averti , à la page 480 du volume précédent , que rirapossibilité d'y faire entrer, sans le grossir outre mesure, les notes qui se rapportent à la seconde partie des Contes, forçait de les renvoyer au troisième volume : en conséquence, il est prié de faire attention que les indications suivantes des paginations se rapportent au second volume de ce Recueil.

Page 160 , ligne 7.

Le savant qui n'écrit pas.

Les Arabes ont plusieurs proverbes qui rendent cette même pensée; je citerai seulement ici les quatre suivans :

Aâlem helâ aamel , ka-chadjar belâ tkamar , ou-f:a~ sahhab bcîâ maltar,

« Savant sans œuvres , arbre sans fruit , nuage sans » pluie, n

Men taallcm âzddd, oic-men a'allem sâd,

« Qui s'instruit s'élève ; qui instruit domine. »

Acharr en-iiâs él-aâlem la yenfa be-e'lin-hi.

« Le pire des hommes est le savant qui ne se rend pas utile » par sa science. »

Là e'im^ ma hân makloum fy ù-sadr^ éllâ matay cheyt dzzhart-ho .

« Ce n'est pas science ce que tu renfermes dans ton sein , » excepté quand tu en as voulu faire part. »

3l4 NOTES

Même page , ligne i7>.

Le droguiste.

Le mot arabe qui sigaiCe droguiste est atldry de la racine attira (exhaler une odeur suave , se parfumer). Ce mot est devenu aussi le nom propre de plusieurs littérateurs orientaux qui exercèrent cette profession : entre autres, Ala-êddyn Mohammed , ben- Mohammed , cl-Bofthâry , le célèbre poète persan Cheylh- Feryd-éd-dyn, auteur du Pend- Nâmch (Livre des Conseils), dont je possède deux beaux manuscrits , et dont le plus illustre des orientalistes , M. le baron Sylvestre de Sacy , a donné, en 1810, une édition, accompagnée de la traduction et de notes précieuses : ce nom est encore celui de Mohammed , bcn Khatir-ed-dyn , petit-fils du précédent , etc.

Page 162 , lignes 2 et 5.

Vivre content de mon sort, quel qu'il soit.

Ce principe , à la fois moral et pieux , de résignation et de confiance , fait le principal fondement de la philosophie théorique et pratique des Orientaux ; ils l'expriment nonseulement dans leurs livres, mais encore dans leurs inscriptions , et particulièrement dans celles qui sont inscrites sur leurs pierres gravées. ( Voyez les pierres gravées dont les empreintes se trouvent pages i65, •M'j , 35i , 565, 371 , 5^6, 3^8 , 584, 42.() , 453, et leur explication pages 486, 488, 4^9 5 4oo > »9' et 492 dans le second volume de ces Contes. )

DU SECOND VOLUME. 3l5

Même page, ligne 18.

Aly- ben-Aby- Tdleb.

Aly ^ fils à'Abou-Tâleb, était le cousin de Mahomet, dont il devint le gendre , et dont il fut le quatrième successeur. (Voyez ci-après la XXX^ note supplémentaire.)

Après un règne de quatre ans et neuf mois , traversé par de nombreuses catastrophes , il succomba enfin , malgré son courage , sa modération et ses autres vertus personnelles. Victime d'un lâche assassinat , il tomba sous le poignard de Abd-èrrahman , bcn-Melgem, qui le frappa dans la mosquée même de Koufah , le 1 7 du mois de Ramadan de l'an 40 de l'hégire (660 de l'ère chrétienne).

Ce khaljfe est l'un des plus révérés parmi les musulmans , uoii-seulemenl par son triple caractère de guerrier, de souverain et de pontife , mais encore par sa science profonde et sa littérature , et cette dernière partie de leur opinion est partagée par les savans de l'Occident.

Le docte Reiske , dans sa Dissertation sur les princes musulmans qui se sont illustrés par leur science, compare Aly à Auguste pour l'instruction et la protection accordée aux lettres, à Trajan pour la clémence et la bonté du cœur, pour l'esprit philosophique et philanthropique à Antonin , pour l'éloquence à César , enfin à Pompée pour la valeur et la fin déplorable.

Ou a de lui un grand nombre d'ouvrages.

Ses Sentences morales et ses Proi>erbes ont été en partie publiés par Golius, à Le} de, en 1629, et par Lelte en 1748; le recueil complet s'en conserve dans la bibliothèque Bodleyenne , manuscrits n°* Sog et 347 : la Bibliothèque royale de Paris en possède aussi deux manuscrits, n°' 1422

3l6 NOTES

et 1607 ; moi-même j'en ai rapporté d'Egyple un liès-bcan manuscrit, acquis au Kairc.

Vattier a fait imprimer à Paris, en 16G0, une traduction française de la partie déjà publiée en arabe , et Ockley , eu 1757 , a donné une traduction anglaise d'une autre portion, d'après un des manuscrits de la bibliothèque Bodleyennc.

Ces mêmes maximes morales onl été également traduites en persan et en turk.

Les discours et les fragmens oratoires i^^Aly n'ont pas encore été publiés , malgré l'espoir qu'avait donné à ce sujet un de nos plus savans orientalistes.

Ses poésies existent en manuscrits \ la bibliothèque Vaticane ; on en voit une copie, n° 1204 de la bibliothèque Bodleyenne, et deux autres, n°* 4^5 et 485 , dans la Bibliothèque royale de Paris.

L'exemplaire de la Bodleyenne et le premier de Paris sont accompagnés d'une version persane.

Guadagnoli en a publié quelques fragmens à Rome , en 1642; Golius en a donné quatre poëmes en i656, et trois ont été réimprimés à Padoue, en 1687, par le P. Agapio : enfin Ruypers, à Leyde, en 1 745, a reproduit et corrigé les éditions précédentes.

Au reste, la réputation poétique à^ Aly lui a fait attribuer, dans l'Orient, un grand nombre décompositions, dont il n'est pas l'auteur, et que de hardis faussaires ont publiées sous son nom.

Parmi ces publications pseudonymes, est surtout un grand ouvrage mystique et prophétique, où sont prédits les principaux événemens de l'islamisme; mais cette oeuvre est évidemment le produit d'un imposteur des siècles postérieurs , qui y a prédit, après l'événement, les diverses catastrophes

DU SECOND VOLUME. Sl^

Même page , ligne 23.

Heureux celui qui est instruit par le récit des malheurs qui lui sont étrangers.

On trouve dans le huitième livre du Gulistdn de Sàdj , le passage suivant, dont celui-ci semble être une traduction :

Pend guyr éz messâyéb-i diguérôn ta né-guyrend dyguérôn ze tou pend.

« Iiistruis-toi par les malheurs des autres, afin que les » autres ne s'instruisent pas à tes dépens. »

Page i65, hgne i4-

^bd- Allah.

Ce nom propre qui signifie littéralement le seri'ileur de Dieu, le même que V Abdolonym des Syriens, et le Ihéodule des Grecs, est très-fréquent chez les Musulmans. C'était le nom du père de Mahomet.

Même page, ligne i5.

Ibrahym.

Ce nom est celui que les Arabes donnent au patriarche Abraham. Us lui attribuent aussi le surnom à'el-Khalyl (l'ami , le protégé de Dieu). Ce patriarche est le plus vénéré des Musulmans , et sa vie est décrite au long dans le Koran , mais ce n'est le plus souvent qu'un tissu de fables. Au reste, les sectateurs de l'islamisme placent sa naissance sous Nemrod , roi de Babyloue , et ils le regardent comme le premier fondateur de leur religion.

Page i65, ligne 5.

Des cérémonies prescrites.

Ces cérémonies consistent principalement à laver soigneusement le corps d'eau pure , à le parfumer , puis le revêtir d'habits neufs : à réciter auprès du mort enseveli plusieurs prières, entre autres celle intitulée Û-Fatyhat (voyez ci-après la X1I« note supplémentaire), à le placer dans la tombe de manière à ce que son visage soit tourné du côté de la Mekke , etc.

Page i6^ , ligne i;».

Quand le Samoum souffle.

Le Samoum , nommé aussi Samoun et même Sauniel , est ce vent pestilentiel qui souffle dans le Désert par rafales mortifères. Son nom dérive de la racine arabe snmma (empoisonner). Tous les voyageurs qui ont visité TOrient ont décrit les terribles etfets du Samoum , qu'ils l'aient éprouvé ou non ; mais ils l'ont mal à propos confondu souvent avec le Khamsyn^ vent également insalubre, ainsi nommé parce (ju'il souffle en Egypte pendant cinquante jours de l'année, le mot khamsyn signifiant cinquante ; mais les effets de ce dernier vent, tout insupportable qu'il est, sont loin d'être comparables avec ceux du Samoum, qui tue, à l'instant même où il commence, hommes, chevaux et chameaux.

Page 169, ligne i5.

Motanahhy .

Voyez ci-après la LXVIII» note supplémentaire.

Page 174, ligne 2.

Smyrne.

Cette ville est nommée Izmyr par les Orientaux.

Même page, ligne 20.

Le mauvais regard de rhomine envieux.

L'effet nuisible du regard malin ou envieux est un des préjugés superstitieux les plus répandus dans l'Orient.

Les Grecs et les Romains attribuaient aussi une influence maligne au coup-d'œil d'un envieux ou d'un ennemi ; on connaît ce vers de Virgile :

IS'escio quis teneros oculus mihi fascinât agnos.

On trouve dans les commentateurs de ce vers plusieurs passages d'auteurs anciens sur cette opinion superstitieuse. Servius, Cicéron , Tacite, Pline et Catulle en font également mention; et on peut croire que les anciens Hébreux n'étaient pas étrangers à ce préjugé.

Le verset suivant du psaume 35 semble y faire allusion : u Non supergaudeant mihi qui adversantur mihi inique; » qui oderunt me gratis et annuunt oculis. » Cette expression se retrouve encore dans les livres des Proverbes et de l'Ecclésiastique.

Les Grecs employaient , pour prévenir la malignité des yeux , plusieurs pratiques, telles que de se laver la tète, d'y attacher la figure d'un œil , etc. Voyez à ce sujet Théophraste, De (a Superstition : suivant M. Coray , ces pratiques sont encore en usage dans la Grèce moderne.

Les Romains invoquaient contre la fascination du regard un* divinité nommée Fascinus, dont In représentation était

attachée au col des enl'ans et suspendue sur la tête des triomphateurs.

Les Arabes avai«-nt coutume , dans le même but , d'employer une cordelette blanche entourant la tète, et qu'ils nommaient haqab ^ ou Iwitqoub ^ mot que les Dictionnaires arabes traduisent par cette phrase : « Funiculus albus quo » infantes cingiintur ronlrà oculi fascinum. »

Au Kaiie et dans toute l'Egjpte , dès qu'une femme , soit du peuple , soit de la haute classe , voit un étranger jeter , même par hasard et sans intention, le moindre regard sur son enfant, elle s'empresse de le soustraire à sa vue, pour le mettre à l'aljri de la malignité du cUn-iVœil.

Dans CCS mêmes contrées le spécifique le plus en renom parmi le vulgaire pour préserver de cette malignité, c'est un morceau de drap écarlate suspendu au front, de manière à tomber entre les deux yeux de l'enfant. Le plus sûr effet de cette amulette est d'irriter continuellement les organes de la vision et de multiplier outre mesure le nombre des aveugles , des borgnes , ou tout au moins des louches.

Grâce à la présence continuellement inévitable de ce lambeau rouge, attirant invinciblement les rayons visuels, à l'irritation succède l'inflammation, d'abord partielle, puis générale des membranes; des larmes acres sillonnent l'orbite avec des doulears de plus en plus croissantes : des points ulcérés s'implantent dans les vaisseaux variqueux : de-là , érosion des tuniques oculaires , ulcération générale , destruction complète de l'organe visuel.

Aussi l'ophtalmie est-elle devenue endémique au Kaire : sur vingt habitaus, rencontrés au hasard dans la rue, on est presque assuré de trouver quatre aveugles, auUint de borgnes , autant de louches , et le reste les yeux rouges et larmoyans, ou même couverts d'un bandeau j et une observation

DU SECOND VOLUME. 3ai

singulière, que je consigne ici , qui n'a peut-être pas été faite par les gens de l'art , c'est que presque tous les borgnes le sont de l'œil droit ; lorsque moi-même j'ai été attaqué, en Egypte, de l'ophtalmie endémique, c'est l'œil droit qui a été le plus cruellement affecté. Pourquoi ? Dieu le sait {Allah alein)y comme disent les Arabes.

Page 175, lignes 20 et suivantes.

Oussoul él-fakih (fondemens de la jurisprudence)— Fetoudt êl-haqyqdt (décisions équitables)....

Le premier de ces ouvrages est un Recueil complet de jurisprudence musulmane. Il a été composé par Aboit-beker ., Ahmed, ben-Aly , él- Gaffas.

Plusieurs autres livres portent le titre d^ Oussoul, qui signifie « racines , fondemens , élémens ; » la Bibliothèque royale , à Paris , possède , n° 486 , un Commentaire sur l'ouvrage précédent, intitulé : Moghny fy Oussoul ël-Fahih. , et composé par le docteur Haneûte Gelâl-ëd-dyn Omar cl-Hibâry.

Le mot /aloud onjetwah, que nos voyageurs ont altéré en celui dejetja, désigne, en langue arabe , « les décisions » données sur les points de droit par les Mouftys ou les Qâ- » dys. » 11 existe plusieurs Recueils de ces décisions ou arrêts ; un des plus estimés est celui qui a été compilé par le qâdy Zeyn-êd-dyn , Abou-Yahyâ , Zakaryâ, dont la Bibliothèque royale de Paris possède un manuscrit, n" 542-

Page 1 -jS , ligne 8.

Dans le coin trnne grande salle.

Clicz les Orientaux c'est toujours dans une encoignure, et non, comme chez nous, au milieu d'une façade de la pièce, qu'est située la place d'honneur et que siège le principal personnage d'un cercle , le président d'une assemblée , le premier magistiat d'un tribunal.

Cet usage était aussi établi chez nous autrefois; j'ai vu de vieilles estampes représentant des lits de justice et des séances solennelles du Parlement : c'est toujours dans une encoignure qu'y est placé le trnne du roi ou le fauteuil du premier président.

Page i8i , dernière ligne.

Qoubrous (Chypre).

Voici la courte description que donne de cette île le géographe Abd-crrachyd el-Bâkouy.

•< Ile dans le voisinage de Tarsous (Tarse); sa circonfé- (1 rence a seize journées de chemin : on en apporte d'excel- » lent laudanum , qui ne se récolte nulle part ailleurs. Le » zâdj ( vitriol ) de Chypre est le meilleur qu'on puisse i> trouver , et le plus renommé de tous les vitriols. »

Page 189, ligne i6.

Des talismans qui avaient la vertu de favoriser la ponte des pigeons, et dVn écarter les animaux nuisibles.

Ces pratiques superstitieuses ont lieu, même encore de nos

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