DU SE(.OM) ^()I,UME
jours, CD Egypte; et, à ce sujet, je crois devoir ici rectifier une accusatioa portée par quelques sa va as contre le P. Sicard. Ce voyageur missionnaire raconte, dans une de ses lettres, qu'il trouva, en 17 12, dans un colombier de Ouardân, dans la Basse-Egypte, une grande quantité de fragmens manuscrits en caractères magiques. Il ajoute que son zèle religieux lui fit détruire par le feu tous ces papiers impies et idolâtres. De-là , émoi général parmi les antiquaires d'Europe , accusation universelle contre le zélé missionnaire d'avoir, par sa piété intolérante, privé les savans des derniers monumens historiques et religieux de l'antique Egypte. Peut-être, disait-on, ces manuscrits condamnés aux flammes contenaient-ils les annales des Pharaons, l'exposition du système mythologique des Egyptiens, l'explication de tous leurs mystères, la traduction de leurs hiéroglyphes. Moi, je crois tout simplement que le P. Sicard est innocent de ces allégations graves, et qu'il a seulement fait un auto-da-fé sans importance de quelques-unes de ces amulettes, telles que j'en ai tant vu , composées de quelques noms de Dieu , ou de quelques passages du Koran , inscrits sur un carré de papier, et destinées par le fanatisme ignorant et crédule à favoriser la ponte des pigeons , comme à écarter du colomrbier les animaux nuisibles.
Page 192, ligne 7.
Anlâhféh (Antioche).
Abd-êrrachyd él-Bâkouy décrit ainsi cette ville : <( Longitude, 71-2G. Latitude, 35-3o. Grande cité de » la dépendance de la Syrie , et l'une de ses villes princi- >• pales : située sur le rivage]de la mer de Roum (Méditer-
n ranéc), dans un terraiu agréable; son air est pur et ses » eaux salubrcs. Son enceinte renferme dos lieux cultivés » et des jardins : elle a été construite par Antdkyéh , fille >' d'cl-Rouni, ù\s dVl-l'afan, fils de Sam (Sem), fils de Nouh » (Noé), sur lequel soit le siikit! Ses remparts ont 36o »> tours , construites tant dans la plaine que sur la montagne ; » leur circonférence est de douze milles. Elle a un château n très-élevé qu'on aperçoit de très-loin : il cache tellement » le soleil que cet astre ue se montre au-dessus qu'à la « deuxième heure du jour. On y voit le temple de Cassiea , » roi sous lequel naquitle chef des apôtres 5oufro«^ (Pierre); 71 et une église où est le tombeau de J ah) a ben-Zakarrâ » (Jean . fils de Zacharie ) , sur lequel soit le salut ! »
Page ig5, ligue 22.
Les forteresses de Gog et de Magog.
Les Orientaux donnent ce nom aux pics les plus élevés des montagnes , et particulièrement à celles de Kaf qu'ils prétendent entourer la terre. (A'oyez la XXVIII* note supplémentaire. )
On donne aussi à ces prétendues forteresses le nom de Sedd Yâgoug ou~Mugoug (levée de Gog et de Magog). Mais plusieurs auteurs attribuent aussi ce titre à des ouvrages de l'industrie humaine : je joindrai ici la traduction du passage d'èl-Bâkony à ce sujet :
« On dit que Yâgoug et Mâgoiig sont tous deux fils de » Ydfct ben-Nouh (Japhct, fils de Noé), sur lequel soit i> le salut! Ils engendrèrent une postérité nombreuse qui se » divisa en deux tribus {Qabylch) , et personne n'en sait >i le nombre excepté le Dieu Très-Haut.
DU .SECO^D VOLUME. D'2b
» Lorsque Dou-l-Qernayn ( Alexandre-lc-Grand ) vint » dans la contrée de Yâgoug et Mâgoug , une j)opulation » immense se rassembla autour de lui , et lui dit : — O » vainqueur ! derrière cette montagne sont des peuplades » dont Dieu seul sait le nombre; elles dévastent notre pays, » elles mangent nos fruits et nos récoltes. Nous te paierons » un tribut, si tu consens à élever entre eux et nous une » levée ou muraille qui les arrête et défende nos propriétés » de leurs attaques. — Le roi répondit : Je n'ai pas besoin » de ce qui vous appartient : Dieu m'a déjà donné plus de » royaumes que je n'en désirais; puis il donna ses ordres » pour la construction de cette muraille. »
Celte fable n'est autre cbose que le lécit de la construction de la grande muraille de la Chine, défiguré suivant la coutume des Orientaux.
Page 20 1 , ligne 18.
Le privilège de vendre du vin
Le via étant striclement défendu par la religion musulmane, le commerce ne s'en fait que par les chrétiens, et plus spécialement encore par les juifs. Ce droit leur est vendu fort cher, et les expose à de cruelles avanies, lorsqu'ils sont convaincus d'en avoir débité à des musulmans.
Au reste, parmi ceux-ci, un assez grand nombre ne se fait pas scrupule d'en aller acheter la nuit et de le boire en cachette : seulement , pour mettre en apparence leur conscience à l'abri de tout reproche, ils ne donnent au vin , qui se dit proprement kheinr en Syrie et nehyd en Egypte , que le nom vague de chorbah (boisson), dont nous avons fait celui de sorbet.
Page t2o8, ligne i4- Le terrible Ahmed-Pachd.
Voyez la XCI» note supplémentaire à la lin de ce volume.
Page ?. i3 , ligne 20.
ISdù el-Clidfréh.
Ce nom est une faute typographique qui avait jusqu'à présent échappé à mon examen. Il faut lire : Chdryéh. C'est le nom d'une porte intérieure dans la partie septentrionale du Kaire et du quartier qui l'avoisine : la porte et le quartier sont dans la proximité du quartier cophte.
Page 218, ligne i5.
Ghoule (loup-garou).
\oyez laLXXIV^ note supplémentaire.
Page 219, ligne 21 .
La ville de Mousail.
Voyez la XV^ note supplémentaire.
Page 220, ligne 19.
L'amour el le désir entrèrent dans mon cœur.
Le texte porte littéralement kebd-y (mon foie). Suivant le Dictionnaire de Trévoux, les anciens plaçaient le siège de l'amour dans le foie , comme nous dans le cœur.
Ainsi Horace emploie l'expression tdcerarc jecur , pour « blesser le cœur d'amour. » Le foie était aussi regardé comme le siège de toute espèce de sensibilité , et même de la haine et de la colère; témoin ce vers de Juvénal :
Quanta siccum jecur ardeat ird.
Les Orientaux ont conservé cette opinion ; de-là , vient l'expression caressante si usitée en jligypte : yâ-kébd-y! (ô mon foie!) comme nous disons : mon cœur!
Même page, ligne 24.
Qallfféh signifie velours.
Ce mot arabe, qui sert assez fréquemment de nom propre, signifie aussi la fleur nommée Ancxcanement passe-velours , et maintenant amaranthe ou crête de coq : c'est la Celosi'a cristata (Célosic à crête) de Linnée. Cette fleur se trouve dans tout l'Orient et on la croit originaire de l'Inde.
Même page , ligne 25.
Le langage des fleurs.
Ce langage mystérieux , connu sous le nom de Selâm (Salut), est usité dans tous les harems de l'Orient; des fleurs, des graines, des fruits, des légumes, des plantes, des morceaux d'étoffes , des pièces de monnaie, des bijoux , y sont autant de hiéroglyphes qui peignent des idées et presque toujours des phrases entières.
Plusieurs voyageurs ont parlé de ce singulier moyen de correspondance , et mon savant collègue , M. de Hammer, a, dans le n" i"^' des Mines de l'Orient, publié à Vienne en 1B09, donné une notice intéressante à ce sujet. Mais il
3a8 NOTES
se trompe graudenicnt en assurant que c'est lady Montague qui , la première, a lait connaître ce chiflVe cryptographique à l'Europe, « où elle a transplanté, dit-il, ce qui garantit » la beauté des femmes, et ce qui les amuse, l'inoculation » et le langage des llcurs : comme Husbecq, deux siècles » auparavant , y avait apporté un ouvrage de médecine et t> une fleur, le fameux manuscrit de Dioscoride et le sj-n'nga » persica ( lilas de Perse). »
Ladj Montague a donné, en eCFet, dans sa quarantième lettre, datée de Pera le 16 mars 17 18, quelques courts détails sur ee langage, dont elle ajoute dix-sept articles pour spécimen ; mais trente ans auparavant , un Français , Du Vigneau, qui prend les titres d'écuycr, sieur de Joanots, cidevant secrétaire d'un ambassadeur de France à la Porte , avait publié un ouvrage entier sur le langage des fleurs , sous le titre du Secrétaire Turc , contenant l'Art d^exprimcr ses pensées sans se voir, sans se parler , et sans s^ écrire. Paris , 1688, in- 12.
Cet ouvrage , que je possède dans ma bibliothèque , est devenu tellement rare que feu M. Lancés avait commencé d'en faire imprimer une édition nouvelle; et il paraît que M. de Hammcr ne l'a point connu ; cependant son Vocabulaire des Fleurs et autres objets hiéroglyphiques renferme 1 "^9 articles , tandis que celui qu'adonné M. de Hammer n'en contient que i?.o, presque tous identiques avec ceux de Du Vigneau.
Au reste, il ne faut pas croire que le système de cette langue mystérieuse consiste, comme on pourrait le supposer , à saisir les rap[)orts que l'imagination peut trouver entre les fleurs ou les fruits , et les idées ou les sentimcns qu'il s'agit de représenter ; on s'est contenté de saisir des mots ou des phrases qui riment avec les noms des objets (jui en de-
viennent îes signes : de celle manière , cette langue n'est point composée de simples vocables, mais de phrases ou de propositions entières , dont une fleur ou un fruit , ou tout autre objet, rappelle le sens par l'assonance d'un mot qui rime avec son nom.
Ainsi , par exemple : page /{2 des Mines de l'Orient , et page i(j6 du Secrétaire Turc, la FtEna de Grenade, en arabe et en turk Nâr , a pour traduction la phrase turke : Youreguim ydnar , « mon cœur brûle » : comme, en arabe vulgaire, elle s'interprète par^ qalb-y él-nâr « le feu est » dans mon cœur. »
Page 254 > ligne 9.
Le grand Nadir- Chah.
Ce prince est celui qui est connu des Européens sous le nom de Thamas Kouly-Khân. Il usurpa le trône de Perse, l'an 1 145 de l'hégire ( l'jSa de notre ère) , sur son maître l'empereur Chah-Tahmasp IP , et périt lui-même assassiné dans sa tente , par son neveu Adel-Châh , l'an 1 1 60 de l'hégire (l'J^y de l'ère vulgaire).
Je possède, dans mon cabinet, un magnifique portrait en pied de Nadir- Chah, peint en Perse par un artiste persan. Ce portrait, le seul authentique de ce conquérant qui existe en Europe , a été apporté par le général Gardanne à son retour de son ambassade en Perse, en 1808.
Même page, ligne 14.
Châh-Rouhh.
Ce prince monta sur le trône l'an i 1 63 de l'hégire ( i ^49 T. III. 22
33o XOTES
de notre ère) : il était, suivant quelques auteurs, non fils, mais potit-lils de Nadir- Chah, et, par sa mère, de Chah- Housscyn qui avait abdiqué l'an ii.'i^i de l'hégire (1722). Châh-Roiikh avait pris le titre de roi de Perse aussitôt après la mort de Nàdii-CliâJi ; mais il ne put entrer en possession du troue qu'après la ujort d'Iùrahjrn, frère et successeur à' Adel-Chdli : il éprouva diverses catastrophes, tour- ;t-tour déposé, puis rétabli, enûu réduit au seul royaume du Khoragsàn, où il est mort, dans une extrême vieillesse, l'an 1 2 10 de l'hégire ( 1796 de notre ère).
Page 262 , ligne 8.
La victoire vient de Dieu, et le secours est proche !
Ces paroles du Korau sont contenues dans le fleuron de la page 12G du deuxième volume de ce Recueil, f^oycz à ce sujet l'explicatiou des vignettes du même volume, page 485.
La même inscription est aussi gravée sur la portion supérieure du fourreau du sabre antique dont il est question page 48n du même volume.
Page 264 1 ligue 8.
Le pinceau du célèbre Maany,
Maany, que les Persans regardent comme leur plus habile peintre, est le même pei-sonnage que nos historiens ecclésiastiques ont nommé Aînncs , et qui fut chef de la secte des Manichéens. Manès parut sous le règne d'Aurélien, vers l'an 265 de l'ère chrélienix'. La religion de ce chef de secte
DU SECOND VOLUME. 33l
tenait à la fois de celle des mages et de celle des cliiéliens, il CQseigoait la métempsycose, et admettait pour base de sa doctrine les deux principes. Il annonça à ses disciples qu'il allait lea quitter pour passer un an dans le ciel; en effet, il passa cette année loin d'eux , caché à tous les yeux , dans une grotte profonde et inconnue, où coulait une source, et où il avait amassé secrètement des \ ivres. A son retour, il leur apporta un livre merveilleux nommé Ergcnk ou Eftenh ^ puis se qualifiant de second Messie , il envoya douze apôtres dans tout l'Orient, et jusque dans la Chine, pour y propager ses dogmes religieux. Les Orientaux prétendent que Maany possédait un manteau qui le rendait invisible. Un jour qu'il ne l'avait pas sans doute, des satellites de Sapor , roi de Perse, qui avait proscrit sa secte, le saisirent, l'écorchèrent vif, et présentèrent à leur maître sa peau empaillée. Après sa mort , les Manichéens furent en butte à des persécutions cruelles; et, par une conséquence ordinaire, leur nombre se multiplia dans tous les pays.
Page 281 , ligne 5.
La ville bien gardée.
En langue arabe, cl^Mahrousséh «la bien gardée » est le surnom particuUer de la ville du Kairc.
Même page, ligne 22.
La mer Caspienne, mer de Bakou.
Cette mer est en effet appelée , par les Persans , Deriàjr- Bâkoa; ils la nomment aussi Deryâï-Qahem ou Deryâï-
33a «oTLs
Qolzoum , appellation par laquelle les Arabes désignent la Mer-Rouge : les noms de cette nier sont , en lurk, Kalsoun- Degniz, Cuy/dn-Dcpuzj- cl Bahar-Khazcr ; en arménien, Gasbitz-Dzoi' j en russe , Kaspiiskoe-Moore , etc.
Les géographes orientaux remarquent qu'on porte jusqu'à Ispahàn des saumons, des esturgeons salés, du k/iaouyar (caviar) et de la poutargliah (houtargue) , produits de la pèche de cette mer.
Page 283, ligne i^.
Le char de PEspérance...^
Ce passage semble n'être que la paraphrase d'un proverbe arabe bien connu dans l'Orient :
« Men kdn ct-tani' le-ho mcrhcbân^ kdii cl-fagr le-ho » sâhebân. »
Ce proverbe est un de ceux qu'a recueillis le savant Erpénias, et il le traduit ainsi :
<< Qui vehitur curru speï sociam habet paupertatem, »
Les Italiens ont aussi le proverbe suivant qui semble avoir quelque analogie avec le précédent :
« La spcranza è il pane dei miseri. »
Page 285 , dernière ligne.
LVmpreinle d''un des pieds de ce patriarche (Adam).
Ce genre de superstition n'est pas particulier à l'île de Ceylau : il faisait j)arlic des mystères de l'ancienne Egypte , où nous avons vu des temples antiques représenter , au milieu de leurs figures hicroglyplii(jnes, des empreintes de pas
de leurs divinités, et il semble s'être perpétué depuis eux dans l'Orient.
A peu de distance du Kaire, sur le bord du Nil, est un village nommé Alhdr-en-Nuhy (les traces du Prophète), parce que les dévots musulmaus y voient exposées à leur vénération , dans la mosquée , deux traces de pieds qu'ils prétendent être empreintes des pas du Prophète. Je possède dans mon cabinet une copie exacte de ces empreintes , entourées d'anciennes inscriptions arabes. En Syrie , dans plus d'un endroit , on montre dans le rocher des empreintes ainsi creusées , et que les chrétiens du pays prétendent être les traces de Jésus ou de ses apôtres.
L'Italie et la France même n'ont pas été exemptes de superstitions de cette nature.
Page 298, ligne 16.
Ils bâtissent des cabanes placées sur des arbres.
Les voyageurs modernes nous apprennent que cet usage est encore suivi par plusieurs des peuplades de la Polynésie.
Le géographe arabe, El-Bâkouy ^ dont j'ai déjà donné plusieurs extraits, attribue aussi cette coutume aux liabitans de Belâd êl- Soudan (pays des noirs).
Plusieurs nations sauvages de la Polynésie ont aussi l'usage de placer leurs cabanes, à défaut de grands arbres , sur des pieux très-élevés. Le capitaine Napier compare les habitations des naturels de l'île de la Bonne-Espérance et de Marlborough , dans les parages de Java , à des nids d'oiseaux et à des ruches d'abeilles.
Page 3io , ligne 12.
Le grand Aly-Bey.
Nous avons vu ci-dessus, page 63 du second volume de ce Recueil, que le titre d'c'l-Kchyr (le Grand), fut décerné à Aly-licy par la reconnaissance unanime de rEgyjjle; la postérité a depuis consacre ce tribut d'un éloge mérité. L'époque dont il est question dans la présente narration paraît être l'an i 181 de l'hégire ( i -O7 de notre ère).
Page 3n , ligne 26.
Sensal ou courtier.
On les nomme aussi dellâl et semsâr.
Page 317 , ligne 17.
Mohamm ed-Ahou-da Jicih.
Voyez sur ce bey, ci-dessus , dans le second volume , page 33 et suivantes.
Page 526, ligne 5.
Chercheurs de trésors.
L'opinion que la terre d'Egypte renferme d'immenses trésors est fortement enracinée dans tous les esprits des habitaus de cette contrée; en effet, les nombreuses révolution», les catastrophes sanglantes et subversives dont ce pays a toujours été le théâtre, l'oppression et le système d'avanies des gouvernans , l'absence de toute sécurité pour la conservation des biens acquis, ont dn causer fréquemment l'enfouis-
DU SECOND VOLUMR. 335
sèment de trésors dont les propriétaires , enlevés par une mort violente , n'ont souvent pu révéler le secret à leurs parens ou à leurs héritici-s. Plus d'une fois des découvertes imprévues sont venues corroborer ce préjuge, si général, que VEgj^pte est la mère des trésors.
Plusieurs de ces trésors tombèrent autrefois , par suite d'un hasard merveilleux , entre les mains du célèbre Ahmed- /eebn-Touloiin, sur lequel on peut voir les pages i36 et 468 du deuxième volume.
Voyez aussi ci-après, XCVI^ note supplémentaire , le récit d'une découverte faite par Mourâd-Bey.
Page 327, ligne 19.
Pi'ès de Myt-Rohy-néh est un vaste étang.
C'est dans un des angles de ce lac marécageux que nous fîmes la découverte du poignet gigantesque du célèbre colosse que les écrivains grecs nous assurent avoir été placé à Memphis , dans le temple de A ulcain. Ce morceau précieux d'antiquité orne à présent le Brilish Muséum de Londres.
Page 829, ligne 16.
Le prince Zou-l-Fyqar.
Voyez, sur ce bey, ci-dessus les pages 33, 49 ^^ ^1 ^^ deuxième volume de ce Recueil.
Page 33 1 , ligne 16.
Le kdteh (écrivain, secrétaire) cophte.
Voyez, sur les kâtebs cophtes , ci-dessus la page 10 du second volume.
Ces écrivains prennent aussi le titre de Afobd cher (^iniendant). Ce dernier mot signifie proprement agent, chargé d' affaires , et s'emploie comme synonyme de oukyl : du mot rnoôncher, les Espagnols ont fiiit leur mot emhaxadov, d'où viennent l'italien ambascialorc cl le français ambassadeur.
Ce mobâchcr proprement dit prend aussi le tilre de Rej's cl-kolcbat (chef des écrivains), comme étant le premier des écrivains oophtes employés dans la maison : il est toujours coplite lui-même , et ses fonctions sont d'être le chef des serviteurs , l' intendanf-géncral du palais du Bey ou du Kâchef.
Il y a différens kâtehs dans les grandes maisons; chacun d'eux est chargé de la direction d'un service particulier.
Ces hâtebs ou écrivains sont les su i vans :
Kâteb cl-aalyq , chargé de la nourriture et de l'entretien des chevaux ;
Kâteb cl-makhléh , chargé de toute la dépense intérieure de la maison;
Kdleb Cl-khazench , chargé du trésor.
A ces trois kâtebs qui sont sous les ordres du mobâcher , il faut ajouter encore un quatrième écrivain, appelé Scrrdf: il est chargé de tout ce qui concerne les calculs et les monnaies dont il fait la vérification , soit en recette , soit en dépense.
Toutes les maisons des grands ont ces quatre écrivains , sous l'inspection du mobâcher général : indépendamment de leurs attributions particulières, ils se suppléent fréquemment les uns les autres dans leurs fonctions respectives.
Souvent aussi , quand le mobâcher est trop occupé par la xnultiplicité des affaires de son administration , il j)rond encore un cinquième écrivain , qui , sous le litre de kâleb-ycd
( écrivaÏD de la main ) , est chargé de la correspondance particulière du maître.
Le mot Onh'l, donné ci-dessus comme étant quelquefois synonyme de celui de Mobdcher , a aussi le plus souvent une acception plus étendue; il signiGe proprement agent^ intendant , commissaire , î'égisseur, homme chargé de quelque mission.
Page 332 , ligne i .
Maallem-Abfjanfous.
C'est-à-dire maître Epiphane.
Le mot maallem signifie maître; c'est un titre affecté particulièrement aux chrétiens d'Orient , comme celui de cheykh aux Musulmans.
Il est à remarquer que le père du cheykh el-Mohdj se nommait Ahyfânyous Fadl-allah (Yoyez ci-dessus, page 1 1 du second volume) , et il est probable que c'est par une réminiscence intentionnelle que l'auteur donne ici au kâleb cophte le premier de ces noms , comme il a donné le second , page 324 de ce même second volume, au père de Mourâd , le bossu.
Même page, ligne 17.
Bahai-belâ-md (Vallée du Fleuve sans eau).
Le général Andréossy a fait une incursion scientifique dans celte vallée : j'en ai publié la narration dans le second volume de la Décade Egyptienne , n" 4 > page 93 et suivantes.
.yS3 NOTES
Page 334, ligne 3.
Terranc/i.
Gros bourg, silué sur la rive occidentale de la Branche de Rosette. C'est là (ju'étaicut établis les entrepôts du nairovin récollé cluique aouée sur les lacs de la vallée de ce nom. In Kàohef y faisait sa résidence.
Page 338 , ligne i4-
Ces lézards malfaisans qu'on appelle hour-
sah .
On donne aussi à ce lézard le nom d'âboubonrs : Forskal le désigne par celni de Laccrta Gecko Icprosa. L'épithète à'dbou-boiirs signifie en elTet ^crc de la lèpre ou lépreux.
Cet amphibie, qu'à Alep on nomme simplement bours (lèpre), est commun dans tout le Levant, mais surtout en Egvptp. Les maisons du Kaire en sont remplies, et on le voit parcourir les parois des appartemens pendant tout l'été en faisant entendre un petit cri aigu presque semblable à celui de la belette. L'hiver, on cesse de l'apercevoir; il se retire alors dans des trous sous les terrasses , et ne reparaît qu'au milieu de mars. On en voit beancoup dont la queue est tronquée , car cette queue est très-fragile , et le tronçon séparé du corps conserve des mouvemens et des signes de vie pendant plus d'une demi-heure. Les chats mangent ces lézards , ils en sont très-friands et leur font une chasse active. Quelques auteurs ont pense que ce nom de lépreux venait de sa couleur approchant de celle de la peau attaquée de la lèpre ; mais cette appellation tire plutôt son origine du préjugé répandu dans l'Orient , rpie la bave de cet animal , si elle
touche le sel employé aux alimens , doano la lèpre à ceux qui en auraient goûté. D'après cette crainte, les habitans du Kaire couvrent avec soin les vases contenant leur sel, et y placent même de l'ail qui est très-antipathique à ce lézard , et dont l'odeur l'écarté. Du reste , ce lézard n'est nullement malfaisant.
Page 339, ligne -j.
Un bâton surmonté d\ine traverse.
Cette espèce de béquille , représentant exactement notre lettre T, est surtout en usage parmi les cophtes dans leurs églises. Comme ils n'y ont pas de sièges, et comme ils doivent s'y tenir debout, ils se servent de ces soutiens pour s'appuyer pendant leurs longs offices. Les prêtres cophtes prétendent voir dans la forme même de cette béquille , la représentation de la lettre mystique Tau , dont il est fait mention dans l'Apocalypse, et qui est si fréquente dans les hiéroglyphes.
Page 347 , ligne 26.
Des vases de la porcelaine la plus précieuse.
Le texte arabe nomme cette porcelaineyàg'/tyôîfr^'.
Je lis dans la traduction des Instituts de Tymoiir , donnée par mon savant et célèbre ami , feu Langlès , que le monarque de la Chine y est nommé Fagfour, et que ce titre signifiey?/j du Ciel, traduction évidemment fausse. Suivant les lexiques persans , Faghfour est le nom donné à l'empire même de la Chine.
34o NOTES
Page 37 7, ligne 9.
Le puits inférieur de la citadelle du Kaire.
Ce puits est celui dont parlent tous les voyageurs qui ont Tisité l'EgA'pte , et auquel ils ont décerne le nom de Puits de Joseph , se copiant les uns les autres dans cette appellation fautive.
D'après ce uoni , une fois consacré par l'usage , quelques auteurs ont cru y voir un ouvrage du patriarche Joseph , auquel ils attribuent aussi les greniers de Joseph , au vieux Kaire , et le palais de Joseph , à la citadelle.
Ces divers monumens sont , certes , bien postérieurs à l'époque qu'on leur a ainsi assignée. Ils appartiennent au vi« siècle de l'hégire (douzième de notre ère), et ont été construits par l'ordre du Sultan Yousouf chn-Ayouh , surnommé Salah-cd-dyn ( la gloire de la religion ) , chef de la dynastie des Ayoubiles , que nous connaissons sous le nom de Saladin. L'identité du nom de Yousouf {iose^\\) porté par le Patriarche et le Sultan , a été la seule cause de l'erreur grave où sont tombés les auteurs dont je viens de parler.
Ce puits, creusé dans le rocher, est partagé en deux parties qui n'ont pas le même axe vertical : on sait que les parois du double puits sont entourées d'une rampe également creusée dans le roc, et dont la première partie est assez douce , pour que les bailles puissent descendre jusqu'à la roue hydraulique placée au fond du premier puits, et y faire monter les eaux du second.
Le premier puits a ^5 pyks stamboulys ( i55 pieds) de profondeur; le second ou inférieur a 60 pyks ( 124 pieds), en tout 279 pieds.
DU SECOND VOLUME. 34l
Page 383, ligne 6.
Le sobriquet à^Abou-Kdteb.
C'est par ce sobriquet qu'on désigne vulgairement les bossus au Raire ; j'ignore l'origine de ce sobriquet, à moins qu'on ne le fasse dériver de la position courbée où se tiennent habituellement les écrivains ^ position dont la continuité fatigante doit influer sur la direction de leur épine dorsale.
Page 389, ligne 16.
Le médecin franc Bouloumar.
J'ai tout lieu de croire que par ce nom de Bouloumar , le cheykh et-Mohdy a voulu désigner un médecin franc, nommé Tf^'olmar , qui habitait l'Egypte depuis longues années, et que nous y avons tous connu pendant l'expédition. En effet , Bouloumar ou Boulmar est la seule manière dont les Arabes puissent transcrire, dans leur langue, le nom étranger JVolmar.
Le docteur IVolmar était suédois , et intimement lié avec le cheykh cl-Mohdy , ainsi qu'avec tous les personnages principaux du Kaire. Lorsque le Général en chef Bonaparte composa le premier Divan du Kaire , Tf^olmar fut un de ceux qui furent nommés pour en être membres; il était , dès-lors, très-àgé : cependant il vivait encore quand nous quittâmes l'Egypte , où il est resté après nous.
Page 4oo , ligne i .
El-gedréh (la petite-vérole).
Le médecin arabe Abou-beker-Mohammcd bvn-Z akarj a ,
surnomme i'I-lidzy (Rhazes), est le premier qui ait écrit un Traité spécial sur celte maladie. Cet ouvrage a été publié en arabe et en latin, à Londres, en 1766, par J. Cbanning , d'après un manuscrit de la Bil)liotbèqne de Leyde.
Pendant notre séjour en Egypte, Desgenettcs, médecin en cbcf de l'armée , a publié en l'an viu , en français et en arabe, une instruction sur cette maladie, sous le titre di" Ai'u sur la petite- vcrvlr , adressé au Di\>an du Kairc.
Une seconde édition , seulement en arabe, en a été ensuite imprimée , elle a pour titre : Hadâ tenbyeh fy-mà ykhass dâ cl-gedrey cl-motscllctt clan. (Ceci est un avis sur ce qui est particulier à la maladie de la petite-vérole répandue maintenant.)
Même page, ligne 26.
Le château du Kaire.
On sait que cette citadelle , en arabe cl-Qalah , est située à l'extrémité sud-est du Kaire sur un mamelon détaclié du Mont-Mokattam , dont la crête domine ses fortifications. Elles furent construites l'an 562 de l'hégire ( 1 1 66 de l'ère chrétienne), par le visir Bohd-cd-dyn , surnommé Qard- Kouch, d'après les ordres de Saladin. C'est dans ce château qu'était fixée la résidence des pachas.
Page 408 , ligne 26.
Les Ghoules.
Voyez la I^XXIV" note supplémentaire.
nu SECOND VOLUME. ^43
Page 4' 5, dernière ligne.
L^iinpriiuerie du Vice-Roi.
Voyez la XCII^ note supplémentaire.
Page 4^3, ligne 21.
L'indigne Cherrdny,
Le mot Cherrdny signifie scélérat, méchant^ en arabe vulgaire, et ne se trouve pas dans les dictionnaires publiés. Il vient de la racine arabe Charra, « être méchant, faire le » mal. » C'est une injure familière à la basse classe du Kaire.
Page 427 , ligne 4-
El-Megnoun (le fou, Tinsensé).
Megnoun est aussi le nom propre d'un personnage célébré par les poètes orientaux , et qu'ils présentent pour le modèle d'un parfait amant. Sa maîtresse qu'ils nomment Lejlah est regardée aussi, dans tout l'Orient, comme la plus belle, la plus aimante et la plus cbaste de son sexe.
Les amours de Megnoun et de Leylah ont excité la verve d'un grand nombre de poètes ai-abes, turks et persans; les spiritualistes musulmans , regardant ces deux amans à peu près comme les juifs et les chrétiens se représentent l'époux et l'épouse du Cantique des Cantiques , ont allégorisé leur histoire, et y voyent l'emblème de l'ame, s'élevant, avec ardeur , à la contemplation de l'essence divine.
Le plus gracieux des poètes persans , Djdnty, a composé un poëme sur Megnoun et Lej^lah. Mon ami et condisciple feu Chezy , membre de l'Institut, en a donne, à Paris, en
û44 NOTES
180- , une liaïUicliou aussi élégante qu'exacte; la composition céU'bic du Pétrarque pei"san n'a rien perdu de sa grâce sous la plume d'un traducteur assez habile pour conserver , dans noire langue , les images brillantes , les métaphores hardies, el jusqu'au coloris de l'original. Cette traduction fut jugée digue d'un prix décennal en 1810.
Hatefy et Nczzdmy ont aussi composé des poèmes persans sur le même sujet. Le premier se ti-ouve parmi les manuscrits de la Bibliothèque royale de Paris, n° 3r>7, et le second , n" 36o. Le poète Chdhedy a traduit en vers turks le poëme de Nczzdmy. Cette traduction se trouve à la Bibliothèque royale de Paris, n** 33 1 et 334-
Page 43o , lignes i?. et lô.
Moi, je stiis roiseati du prrntemps, Qui pour la rose chante et veille.
Tdich fait ici allusion aux amours du Rossignol ( Boulboul) el de la Rose, fable charmante, répandue dans toutes les contrées de l'Orient , et qui a été chantée par la plupart des poêles arabes , persans et turks.
On en peut voir une nouvelle allusion dans la troisième strophe des vers rapportés ci-dessus, page 219 de ce troisième volume.
On trouve, dans la traduction persane de Çflzivm}, le passage suivant : « Comme le Rossignol éprouve les fureurs » de l'amour le plus passionné dans la saison des roses, on » dit qu'il brûle d'amour pour celte fleur. »
Page 43i , ligne 12.
Combien offrez-vous pour sa dot?
Voyez ci-après la XXX V» note supplémentaire. Page 433 , ligne i.
Ou-Mlah, B-I/lah, T-Illahl
Cette formule de serment , singulière et bizarre , se compose du nom de Dieu , Allah , qu'on semble vouloir prendre ainsi à témoin par toutes les lettres de l'alphabet successivement préfixes.
Page 45o , ligne 1 1.
Fy ard-ak, yâ-Sydy (sous votre protection, ô mon Seigneur!)
Ces paroles sont, pour ainsi dire, une formule sacrée , qui engage tellement l'honneur de celui à qui on les adresse , qu'elles deviennent une sauve-garde inviolable pour celui qui les profère ; celui qu'il supplie ainsi , fùt-il son ennemi le plus acharné et le plus implacable , dès-lors, non-seulement sa vie est sauvée , mais il entre en possession de tous les droits de l'hospitalité. Aussi , les musulmans scrupuleux tuent-ils leur ennemi dès qu'ils l'aperçoivent, et avant qu'il ait eu le temps de prononcer la formule conservatrice; et même, pour mieux mettre leur conscience en repos, ils poussent en même temps de grands cris, afin de s'empêcher eux-mêmes d'entendre les paroles que pourrait proférer leur victime.
Page 5, ligne i5.
Le seul but fut alors de former des missionnaires.
\'n auteur anonyme qui vivait au xin* siècle, et qui prend la qualité d'Avocat du roi d'Angleterre pour les causes ecclésiastiques dans le duché d'Aquilaine, a publié et adressé au pape Clément \ un ouvrage intitulé : De Rccupcratione Terrce-Sanctœ, dans lequel il propose d'envoyer en Palestine « des clercs et laïcs, instruits dans les langues, pour » connaître les mœurs , les coutumes et le caractère des » Musulmans, pour les éclairer et les convertir au chris- » tianisme. »
Page 4> ligne 6.
Accusés de judaïsme.
« Quant à la langue hébraïque, tous ceux qui
i> l'apprennent deviennent juifs aussitôt. »
(Sermon rapporté par Gaillard , Histoire de François I" , t. VI , p. 177. )
Page 1 1 , ligne 18.
Un poëte, Nykould-Nnssyf-él-Beyrouty.
Lorsque j'écrivais ces lignes, au commencement de ce volume , j'ignorais encore que ce poëte était aussi historien. Je viens d'apprendre, par M. Cardin, (\\xc Nykoulâ-Nassyf a écrit en arabe X Histoire de la Domination française en Egypte^ et que cet ouvrage, composé par un chrétien de l'Orient, n'est nullement inférieur à celui qui est sorti de la plume musulmane du cheykh Abd-érrahmdn el-Gebarty.
M. Cardin m'a assuré avoir traduit en français cet ouvrage, dont j'attends du Kaire une copie.
Page i3 , ligne 19.
M. Alexandre Cardin , jeune orientaliste.
Cette note était déjà imprimée lorsque M. Cardin , que je ne connaissais pas pei-sonnelleraent , est venu faire un voyage à Paris. Sa vue m'a convaincu que l'épithète de jeune orientaliste ne lui convient pas beaucoup plus qu'à moi. Sur sa réclamation , je m'empi-esse de rectiGer la précédente note , d'ailleurs exacte pour tous les éloges qu'il mérite, mais qui aurait pu faire prendre pour un conscrit de la diplomatie orientale celui qui en est presque un vétéran.
En effet, dès 1806 M. Cardin était jeune interprète de langues, attaché à l'ambassade du général Sébastiani ;
En 1812 , drogman de l'ambassade et seul secrétaire du général Andréossy ;
En i8i5 , second drogman à Alep , par suite de la disgrâce du vénérable et docte chargé d'affaires, feu M. Ru£5n ;
En 1820, drogman de 2* classe et chancelier de l'ambassade pendant dix-huil mois ;
Eufiii, depuis iBit), drogmau-chancelier k Alexandrie en Egypte, auprès de mon ancien ami , M. IMimaut.
Page 21 , lignes 26 et ay.
Khahfth (scélérat).... Ndker (ingrat).
Le mol Khabylh vient de la racine arabe Khabotka^ • être mauvais , impur , dépravé. » On donne aussi ce nom en Eg}'pte à la coloquinte , et jieut-être est-ce dans celte acception que le sobriquet en avait été donné à Nâker.
Le ïao\. Nâkcr vient de la l'acine nakira, « nier, refuser » de reconnaître, n-pousser l'évidence. >>
Page 38, ligne 16.
Plus timide que ios lions ^Aglah.
Il y a ici un jeu de mot que notre langue ne peut rendre. Le mot arabe a'«7 ou c'gl signifie un veau; a'glali , euglah ou cglah signifie un veau femelle : c'est en même temps , ainsi que les mots à.'eu'gl et d'eu'gleh , le nom d'une tribu arabe et du territoire qu'elle babite. Ce pays est peut-être le même que celui connu encore de nos jours sous le nom à^Ougelah , à peu de distance de Salé, et dont il est déjà fait mention dans Pline et même dans Hérodote, qui le citent pour la fertilité de ses dattiers. Au reste , j'ignore si le reproche de lâcheté consigné dans cette locution proverbiale s'adresse aux lions de celte contrée, ou à la tribu à'Aglah cUe-mèmc. Du moins, suivant quelques voyageurs, les lions sont si peu redoutables dans cette partie de l'Afri- (jue, que les femmes des Bédouins chassent à coups de bâtons ceux qui viennent attaquer leurs troupeaux.
Page 4i ) ligne 7.
Je suis sous votre protection!
Voyei ci- dessus la note de la page 345.
Page 46 , lignes 26 et 27.
Le jour de la fête du Nil la rupture de
la digue. ^
Voyez ci-après la XLV^ note supplémentaire. Page 5o, lignes 8 et 18.
Akhmym.... Doa-l-noun —
Akhni) m est l'ancienne Chemnis ou Panopolis , dans la province de Girgéh.
Le P. Sicard assure que cette ville était très-jolie de son temps : c'est là que se trouvait le fameux serpent Haridy , sur lequel on a débité tant de fables. A l'époque de l'expédition française, Akhmym avait conservé encore une assez grande importance.
Je placerai ici l'extrait à^ êl-Bdkouy sur cette ville : « Akhmym, petite bourgade , dans un lieu cultivé et fé- » cond en dattiers , sur la rive orientale du Nil. Il y a des » Barâbys (monumens) , qui sont au nombre des merveilles u du monde. On y fabrique des talisman», et on y pratique » des opérations magiques. Elle est la patrie à.'Abou-1-Fayd » Dou-l-noiin l'égyptien : il fut l'unique de son siècle en » connaissances universelles. On raconte de lui des aven- » lures nierveilleuses. »
35o NOTES
Page 34 , lignes g et 11.
Asyout. . . . Denderah ....
La seconde de ces villes est l'ancienne Tcntjris dans la province de Thèbes ; la première , vulgairement Sjout , l'ancienne Lycopolis dans la province du même nom.
A oici l'extrait du géographe i'I-Bûkouy sur ces deux villes , qu'il place dans le troisième climat :
« Asyout ^ ville à l'occident du Nil : des dépendances du « Sayd , dans un territoire abondant en toutes sortes de » biens. C'est un lieu de merveilles et. de délices; ses mo- » numens sont admirables à voir, impossibles à décrire. »
« Denderah , belle ville , à l'occident du IVii : des dépen- » dances du Sayd , riche en eaux salubres et en arbres , en » dattiers et en vignes. Il y a un grand nombre de monu- » mens où l'on voit des idoles , des talismans , et des figures » magiques. »
Page 55 , ligne 5.
Moussa (Moyse).
\oyez ci-après la LXVI^ note supplémentaire. Page G7 . ligne 16.
Les formules toules-puissantcs qui coiuniandent à Pair et au feu.
tJne de ces formules est celle qui est inscrite sur une pierre gravée que j'ai rapportée d'Egypte, et que j'ai publiée dans la grande Description de l'Egypte (Etat moderne, t. II, planche R , n° i3'2 ).
L'empreinte en sera placée pour fleui-oii à la fin des présentes notes.
DU TROISIÈME VOLUME. 35l
Page 88 , ligne 8.
Manzoul (déchu).
Le luaDUScrit présente ce nom écrit , tantôt Manzoul qui signifie celui qu'on a fait descendre , tantôt Mazoul qui signifie destitué. Voyez la XCIII^ note supplémentaire.
Page ii8 , ligne i3.
Baalbek.
Le géographe ël-Bakouy parle ainsi de cette ville, maintenant ruinée.
« Mlle célèbre, ancienne, dans le voisinage de Damas, » abondante eu arbres , en eaux et productions de toute » espèce : elle fournit du fruit à toute la Syrie. On y voit » de belles constructions, restes d'une magnificence merveil- » leuse : ses palais sont revêtus de marbres précieux. On dit » qu'elle fut donnée à la reine Balqis par Souleyinân ben- » Dâoud (Salomon, ûls de David), qui y avait son palais, et » que le prophète Elie y avait foudé un monastère. »
Page I ?6 , ligne I2.
Déyr-él-Téfr (le couvent des Oiseaux.)
Voici ce que rapporte él~Bâkouy sur cet édifice : « Déyr-ël-Téyr (le couvent des Oiseaux, ou plutôt de » l'oiseau ) , dans la terre d'Egypte , sur la rive du Nil ; dans I) le voisinage de la montagne qui est connue sous le nom de » Gebel ël-Kahf (Montagne de la Caverne). Dans cette » montagne est une fissure , et lorsqu'arrive le jour de la fête » de ce monastère , arrive aussi cette espèce d'oiseaux qu'on
» nomiuc bouqyr (oiseau de passage d'un blanc cendré), et » il n'y en a pas un qui n'aille à cette tissure , et n'y fasse « entendre ses cris élourdissans en s'y heurtant. »
Ce monastère est celui qui maintenant est encore connu sous le nom de Dcyr-él-Baqarah (couvent de la Poulie), ainsi nommé, soit parce qu'il n'a pas de portes, et qu'on ne parvient dans l'intérieur que par le moyen d'un panier suspendu à une poulie, soit à cause d'une autre poulie adaptée à une pointe de rocher en saillie sur le IN il , par le moyen de laquelle les moines puisent dans le fleuve l'eau nécessaire à leur usage. Ce couvent est situé sur la rive orientale du Nil , entre les villes à'Abou-Girgéh et de Minyét-Lbn-Khassym , sur le cap le plus saillant d'une chaîne de montagnes longeant le ISil , et portant encore le nom de Gchcl-el-Tcyr (la montagne de l'Oiseau).
Au reste, celte dénomination paraît avoir été donnée à ces montagnes à cause des innombrables nuées de ramiers noirs, ou pigeons sauvages, qui eu couvrent le versant pendant j)lus d'une lieue , nuées telles que quand , attaquées par les milans , les éperviers ou les aigles , qui guettent leur proie de la crête des rocs les plus élevés , la frayeur les fait envoler, leurs troupes serrées obscurt'isscnt le soleil.
Le P. Vansleb raconte sérieusement sur cette montagne les fables les plus extravagantes.
Page t32, ligne i?..
Nadir- Chah.
Voyez ci-dessus la note de la page .'J29.
Les détails de cette attaque de Baghdad sont historiques.
Page 1G2, ligne 9.5.
Chahar.
Cette partie de l'Arabie est appelée par d'Anville , Sahar, par d'autres Schor, et Seer par Niehbur qui en fait le synonyme de Djulfar. De Guignes a lu mal à propos Schadgiar dans û-Bâkouy ', mais cette erreur est causée par la présence d'un seul point diacritique qu'il n'aurait pas du admettre; au reste, voici l'article à' él-Bâkouy , tiré du manuscrit que ma bibliothèque possède (page 26).
<i Chabar, contrée entre Aden et Oman , sur le bord de » la mer : on y recueille l'ambre surnommé ël-Chahary , » parce qu'on le trouve sur ses rivages. 11 j a un grand » nombre de terres cultivées : c'est là où sont les nesnâs : » c'est un monstre dont la moitié du corps ressemble à un » homme ; ou le chasse et on le mange. »
Même page, même ligne, Ouabdr.
\oici le passage à!él-Bâkouy qui concerne cette contrée, page 34 de mon manuscrit :
i« Oiiabâr , territoire (et non pas ville comme a traduit » De Guignes) dans l'Yemen (du domaine des Adites). Us » sont maintenant détruits , et le Dieu Très-Haut a donné » leurs terres en héritage aux génies; il n'y est pas resté » un seul habitant humain. Celte contrée a tiré son nom de » Ouabdr, fils d^Aram, fils de Sam (Sem), fils de Nouh » (Noé). Sur lui soit le salut ! Elle s'étend entre Chahai- et ses n montagnes désertes à une distance d'environ 3 00 parasan- » ges : et lorque ses habitans se furent corrompus, qu'ils se >i furent révoltés contre le ciel et eurent méconnu sa justice ,
» le Dieu Très-Haut les extermina et envoya contre eux les » nesnâs ; et Dieu avait créé ces monstres pour la perte M des impies. Ils ressemblent à des femmes : chacun d'eux » n'a que la moitié d'uu visage, un œil, une main et un
• pied; ils se lancent en ravageant tout dans celte contrée M sur les bords de la mer. Et maintenant encore ils dévastent » les maisons comme des troupeaux de bêtes sauvages : les » nouveaux habitans du pays les poursuivent à la chasse
• avec des chiens. »
On voit que cette description semble calquée sur celle que les mythologues grecs nous ont laissée des Gorgones et des Harpies
Page 178 , ligne 2.
Le célèbre poète Djcimy.
Voyez ci-dessus la note de la page 343. Même page, ligne 21.
Rossignol, tu chercbes la rose.
Vovez ci-dessus la note de la page 344- Page 192, ligne 26.
Arbres singuliers dont les branches ne portent, au lieu de fruits, que des corps tronqués de femmes.
Cette fiction d'un arbre portant des fruits imaginaires , semble n'être que la description altérée par des détails fabuleux, de celui qui porte le fruit vulgairement connu autrefois sous le nom de coco des ^fal(îi^>€s , ou coco de mer ,
et qu'on nomme plus exactement , à présent , coco des Séchelles , puisqu'on n'a trouvé jusqu'ici cet arbre indigène que sur Prasim , l'une de ces îles.
Avant que l'archipel qui le produit fût exploré , l'arbre était resté inconnu, mais on en connaissait le fruit. Détaché par son poids et par les vents , il tombait sur les grèves au bord desquelles il ci'oît ; la mer le roulait ensuite sur ses vagues jusqu'à ce qu'un courant l'eût jeté sur une autre plage. Les Maldives étant leur lieu d'abordage le plus ordinaire, les savans lui avaient donné le nom de coco des Maldii>es , sans savoir d'où il pro%'enait réellement , et Rumphius y voyait le résultat d'une végétation sous-marine.
La configuration étrange de ce fruits dont en effet l'enveloppe extérieure présente , sans un grand effort d'imagination , le corps tronqué d'' une femme , dont certaines parties même paraissent exactement modelées , en a fait depuis longtemps un objet de curiosité, et tout cabinet d'histoire naturelle a nécessairement son coco de mer.
Depuis, Sonnerata transporté ce cocotier à l'Ile-de-France, les Anglais l'ont aussi naturalisé dans l'Inde ; mais nulle part il ne s'est reproduit aussi beau que sur son sol originaire. Les feuilles de cet arbre sont nouvellement devenues l'objet d'un grand commerce. Par leur tissage, les femmes de Mahé sont parvenues à faire des ouvrages gracieux et délicats, des parasols , des écrans , des nattes , des éventails , des chapeaux imitant la paille d'Italie , etc.
Page 202 , lignes 3 et suivantes.
Hagar-êl-dani ^ pierre dont la vertu
styplique arrête le sang.
On norarae ainsi la cornaline , surtout celle qui est vul-
gairement cooDue sous le nom de cornaline brûlée, peul-être la chalcedoine ; on confond aussi sous le même titre le jaspesonguai. Les femmes du Raire attribuent de grandes vertus à ces pierres, et lorsqu'elles se trouvent attaquées de pertes de sang , elles ne manquent pas de suspendre à leur col quelques joyaux contenant l'une de ces substances. Elles croient même leur application salutaire sur les blessures , les hémorrhagies da nez , etc.
Page 208, ligne iQ.
Châh-Housseyn hen~Souleymân.
Châh-Housscrn est le onzième des rois de Perse de la dynastie des Sofys ; il était fils de Soulcjmun-Châh , et petitûlsde Châh-Abbâs, deuxième du nom. Il monta sur le trône l'an I loGde l'hégire ( 1^4 ^e l'ère chrétienne). Mahmoud, chef des Afghans, ayant levé l'étendard de la révolte, força ce souverain à abdiquer, l'an 1 1 35 de l'hégire (1722 de notre ère). Son fds, Châh-Tahmasp II, qui lui succéda, n'eut qu'une autorité nominale pendant le reste de la vie de son père ; tout le pouvoir réel était entre les mains des Afghans.
Page 2i3 , ligne 9.
L^"niâm Rizzd.
Rizzd en persan {cl-Riddd en arabe) signifie proprement Vagréé de Dieu : c'est le titre que les Chiites donnent par excellence au huitième imùni , nommé Aly comme le premier, et qui naquit à la Mekke, l'an i48 de l'hégire (765 de notre ère) : il était fils de l'imâm Moussa. Nommé héritier du trône du Rhalyfat par él-Mâmoiim , l'an 201 de l'hégire (816 de l'ère vulgaire), il périt peu après
empoisonDé. Les Chiites ont fait de son tombeau un lieu de pèlerinage qu'ils ont nommé Mechehed~Alf ( le martyre d'Aly), ou Mechehcd moqaddes (le saint martyre).
Page 21 5, ligne i8.
Kachmyr.
Le royaume de Kachmjrresl situé au nord du Lahor, vers les extrémités de l'Indoustan, dans le Caucase même, entre les montagnes du grand et du petit Thibet, et celles de Raya- Gainon, s'étendant ainsi du 34'^ degré lo m. au 56^ degré 5 m. de latitude septentrionale, et du io4® degré 20 m. au 108* degré i5 m. de longitude orientale. C'est une plaine délicieuse entrecoupée de collines et de ruisseaux , et riche des plantes de l'Asie et de l'Europe. Aussi , est-ce avec raison qu'elle a été surnommée le Paradis de Plnde.
Page 219, hgne 12.
La ville consacrée à la foi musulmane.
Cette ville est la Mekke.
\oyez ci-après la IV^ note supplémentaire.
Page 228, ligne ig.
J^ai toujours |)ensé... qu'un mauvaisgéuie... avait regarde d'un mauvais œil l\in de mes yeux.
Voyez ci-dessus la note page 3 1 9 .
Page 229 , ligne i3.
Si lu ne réussis pas, ta tête tombera.
Les historiens arabes rapportent plus d'un exemple de cr despotisme aussi insensé qu'atroce. Le célèbre Âhmed-ébn- Touloun , dangereusement malade, fit réunir autour de lui les plus babiles médecins de l'Egypte , et leur déclara qu'il ferait tomber leur tête s'il n'obtenait d'eux une prompte guérison. Plus prompte encore la mort du prince vint absoudre les médecins d'une si terrible condamnation.
Page 23o, ligne 21.
La poudre de Hennéh.
Voyez la XXX\Il« note suj)plémentaire.
Page 279, ligne 7.
Ahou-Tabaq.
Voyez ci-après la XCIII= note supplémentaire.
Même page, ligne 19.
Que ne suis-je à sa place?
En arabe « plût à Dieu que je soie, » en-chd- Allah! Cette phrase forme en arabe une espèce d'interjection , que les Espagnols ont conservée avec quelque altération dans leur langue, oxala ; ils l'emploient très-fréquemment, et l'articulent avec une prononciation gutturale dont on ne peut se former une idée salis l'avoir entendue.
Page 285, ligne lo.
Le gardien des deux villes saintes.
Ces deux villes sont la Mekke et Médine ; suivant quelques auteurs , la Mekke et Jérusalem : cette épithète est , en efFet, un des titres officiels de l'empereur ottoman.
Même page , ligne 1 1 .
Le successeur et héritier de fous les droits du khalyfat.
Ces droits ont été cédés solennellement et irrévocablement au sultan Sélym l^^ , conquérant de l'Egypte , et à ses descendans , par le 18^ et dernier khalyfe de la seconde branche des Abbassides, el-Motoiiakkel ala- Allah, l'an 922 de l'hégire ( 1 5 16 de l'ère vulgaire).
Page 289 , ligne 2.
Légataire du manteau.
Ce manteau ( bordati ) qui a passé successivement de khaly fes en khalyfes, et qui est maintenant conservé précieusement à Constantinople, est celui que portait Mahomet luimême. La tradition assure que ce manteau est le même que donna le Prophète au poëtc Cherf-ed-ilyn êl-Boussyry , auteur d'un excellent poëme renfermant les louanges du fondateur de l'islamisme, et qui est intitulé Koakah êl-Deriyéh fy medh Kheyr êl-berryëh (l'étoile brillante dans l'éloge du plus parfait des êtres créés). Ce poëme qui est plus généralement connu sous le titre même de Bordah , existe en manuscrit dans presque toutes les bibliothèques de l'Europe , et
3Go NOTES
plusieurs éditions eu ont été données. J'en possède nioi-niènie plusieurs manuscrits , entre autres un magnifique, format atlantique, véritable chef-d'œuvre de calligraphie orientale.
Page ?.90, ligne 2.
N''as-tu pas lu dans le livre sacré les malëdiclions portées contre Içs magiciens?....
Voyez ci-dessus, page 55 de ce volume.
Page 291 , ligne 2.
Je n'y ai trouvé que l'ingratitude.
Dans le texte arabe « j'ai été le protecteur de l'hyène » (^Tiiegeyr omm-aâmcv). Cette métaphore arabe s'emploie habituellement pour désigner celui qui comble de bienfails un ingrat.
Page 295, ligne 1 8.
Argent du diable changé en pierre.
Immédiatement en sortant de la citadelle par la porte appelée Bâh-cl-Gebcl (la porte de la ÎMonlagne), on trouve une croupe du Mokattam , dominée elle-même par une masse de rochers qui , si elle n'est pas inaccessible de ce côté , est du moins d'une bien diflicile ascension.
Cette masse paraît presque entièrement composée de coquillages pétrifiés, renfermés dans un roc calcaire. Les fragmens qui s'en détachent facilement, et que l'on rencontre abondamment en montant, offrent des débri? de bclcinmtc.i et d'ammonites. Mais la masse semble être plus particulièrement composée de coquilles plates , bivalves , désignées par
DU TROISIÈME VOLUME. 36l
les naturalistes sous le nom de numismales , parce qu'en effet elles représentent presque des pièces frustes de monnaie. Aussi les habita ns les appellent-ils yê/ouj cheytdny (monnaie du diable) , et ils prétendent que ce sont les anciens trésors des Pharaons, ainsi changés en pierres , en punition de leur tyrannie et de leur avarice.
Rarement on trouve les valves de ces coquilles séparées; mais, en les exposant au feu, on les détache facilement.
Cette espèce de fossiles existe aussi dans plusieurs endroits en Europe , en Transylvanie , en Silésie , en Saxe , en Angleterre , en France, près de Soissons et de Villers-Coterets; mais ces coquilles sont toutes plus petites que celles du mont Mokattam , et méritent seulement le nom de pierres lenticulaires (^lentes lapidei, lapides lenticulares). Les plus grosses espèces forment seules le genre désigné sous les titres de nummi lapidei , nummularii lapides , lapides numismales, niimmi diabolici.
Stolbœus , dans une Dissertation imprimée à Lunden , en lySa , en a décrit une variété qu'il nomme I^ummi Brattensburgici , parce qu'elle abonde dans la Laponie suédoise, au fort de Brattensborg, près de la ville d'ivoë.
En longeant le versant occidental de la chaîne arabique, on rencontre des excavations qu'on assure être des cavernes naturelles , mais qui portent l'empreinte évidente du travail humain. Les habitans craignent d'approcher de ces cavernes qu'ils regardent comme le domicile des mauvais génies.
Même page , ligne -26.
Tu es encore sur la pauvre natte.
Cette phrase , outre son sens naturel , semble ici présenter un sens Gguré. L'expression « être sur la natte » (a' la clhassyr), est employée métaphoriquement, dans la langue T. iir. 36
vulgaire au Kaire, pour signiûer << être dans Textrême pau- » vreté , » correspondant ainsi parfaitement à notre phrase vulgaire » être sur la paille. »
C'est dans ce sens figuré qu'il faut entendre le proverbe arabe : « Khod asyletan , ou-nam a la él-hassyr, » qui se trouve rapporté ou plutôt paraphrasé ci-dessus, dans le texte de la page ij^ du premier volume de ce Recueil.
Page 296 , ligne 3.
Je me suis souvenu que tu étais mon hôte.
On sait assez en quel honneur est l'hospitalité chez les Orientaux, et combien les droits réciproques des hôles y sont sacrés. La formule conservatrice qui fait le sujet de la note ci-dessus , page 345 , n'est autre chose qu'une réclamation de ces droits , et une déclaration solennelle que le suppliant se regarde comme Vhote du protecteur qu'il implore; et en effet , ces paroles signifient mot à mot : « Je suis sur ta » terre , je suis chez toi I » Ce n'est que par une dérivation figurée et métaphorique qu'elles ont pris le sens généralement usité : « Je suis sous ta protection. »
Sefady a dit : « Ce qui a fait la gloire de l'antique Arabie, » c'est l'épée, la poésie et Vliospitalilé, »