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vai à la noble ville de la Paie [Medinét-él- Selani) , à Baghdàd ', où je comptais foire un long séjour, peut-être même fixer ma demeure définitive.
Au moment de mon arrivée , la ville et son territoire étaient en proie à un fléau terrible : leshabitans étaient dans la désolation et réduits aux dernières extrémités du désespoir.
Un nuage immense , épais , d'une noirceur extraordinaire, s'élait arrêté sur la ville qu'il avait couverte d'une obscurité profonde.
Ce voile ténébreux, s'étendant jusqu'aux bornes de l'horizon , avait intercepté entièrement les rayons du soleil ; bientôt les flancs de ce nuage sinistre s'étaient enlr'ouverts; ils avaient vomi et vomissaient encore des myriades incalculables de sauterelles , noires , hideuses, d'un aspect dégoûtant, d'une forme étrange, et dont la grosseur comme la voracité étaient plus que le triple de celles des sauterelles ordinaires.
En un instant , les moissons avaient été dévastées, les arbres dépouillés, toute verdure' avait disparu ; la terre , qui semblait comme brûlée par un vaste incendie, était jonchée au loin de cette armée d'ennemis, qu'aucune puis-
' Voyez la LXIV* note supplémeiilaire.