‹ Contes du cheykh êl-MohdyChapitre 9 sur 42 · D AG"VB LE MAGICIEN. IST · texte numérisé non relu

D AG"VB LE MAGICIEN. IST

Les habilans voyaient ces opérations avec anxiété et incertitude; le plus grand nombre d'entre eux doutait presque de l'heureuse réussite de ces préparatifs : ceux qui y ajoutaient le plus de confiance cnn^ent que ces grains étaient empoisonnés par moi, et que cette nourriture offerte comme un piège à l'avidité des sauterelles , était destinée à donner la mort à leurs essaims dévastateurs.

Quelle ne fut pas l'affliction générale quand on vit que pendant toute cette journée les sauterelles fuirent avec soin cet appât au lieu de l'attaquer pour s'en repaître; s'en écartant seulement, comme par l'instinct d'une répugnance secrète, elles n'en continuaient pas moins sur tout le reste leurs ravages destructeurs.

Le soir les habitans étaient livrés à une désolation d'autant plus cruelle que la lueur d'une faible espérance avait brillé un instant à leurs yeux : la nuit se passa toute entière dans la consternation et le désespoir.

Mais le lendemain , un peu avant l'aurore, les habilans sortirent de leur morne affaissement en entendant dans les airs un bruit étraniic et indéfinissable; ce bruit confus se composait de croassemens rauques et éclatans.

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