‹ Contes du lit-clos: Récits et légendes bretonnes en versChapitre 26 sur 86 · LA NOËL DU. MOUSSE · texte numérisé non relu

LA NOËL DU. MOUSSE

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A bord de la fière Corvette Où Ton fête le réveillon, Sur le pont, près de la dunette, On a monté le moussaillon.

On est dans la terrible zone Des mers de Chine, et le gamin Qui s'en va de la fièvre jaune Ne doit pas voir le lendemain.

Il a neuf ans... dix ans à peine...

Qui sait ? — bien des soleils ont lui Et personne n'a pris la peine D'en compter le nombre pour lui :

On l'a recueilli sur la plage, Un matin qu'il ventait bien fort; Et l'orphelin, en prenant l'âge, Est devenu « l'enfant du Port ».

Quand il fut assez fort : « Embarque I Dirent les marins au moutard Qui manœuvrait déjà sa barque De Saint-Malo jusqu'à Dinard.

Si bien que, sur la mer profonde Naviguant en toute saison, Il avait fait son tour du Monde Bien avant l'âge de raison...

Et, maintenant, le petit homme, Parmi les chants des matelots, S'endormait de ce dernier somme Que Ton achève sous les flots !

L'aumônier du bord, un vieux prêtre Qui tout bambin l'avait connu, S'avançant auprès du pauvre être Tendrement baisa son front nu.

A cette caresse si douce, S'efforçant d'entr'ouvrir les yeux, Pierre, le brave petit mousse, Bégaya tout bas : « Je vais mieux...

« Pendant la fin de ia campagne « Le bon Docteur me guérira.

« Arriverons-nous en Bretagne « Pour quand la Noël reviendra? »

— « Durant ta longue maladie, '

« Mon pauvre enfant le temps a fui : \.

« Voici venir l'Heure bénie, « Jésus descendra cette nuit. »

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