LA NOËL DU MOUSSE QI
— « Les enfants, comme chaque année, « Auront les présents les plus beaux :
« Moi, je n'ai pas de cheminée, « Je n'ai pas même de sabots !
« Les petits gâs de nos villages « N'ont guère besoin de jouets :
« C'est si joli les coquillages, « Les tas de sable et les galets 1
« Aussi, pour vivre bien à l'aise, « Je ne demande au bon Jésus « Qu'une maison sur la falaise « D'où l'on ne me chasserait plus.
« Puis, enfin, comme tout le monde, « Ne pourrais-j e donc pas avoir « Une maman, qui parfois gronde, c Mais qui vous embrasse le soir ? »
Et, souriant à ce doux rêve, L'enfant s'endormit doucement :
Le mal un instant faisait trêve Pour le prendre plus sûrement 1
A l'heure où Noël vient sur terre Le petit mousse trépassa, Et, dans la nuit du grand Mystère, Ses vœux Jésus les exauça :
Lui, qui voulait une chaumière, Il eut les Palais du Ciel bleu ; Et, pour maman, le petit Pierre Eut la Maman de l'Enfant-Dieu.
Cette poésie est éditée chez Bricon, Paris.
La Main maudite