LA NUIT EN MER
VI/VWWWWWWtftAAlW
La brise enfle notre voile :
Voici la première étoile
Qui luit ; Sur le flot qui nous balance, Amis, voguons en silence,
Dans la nuit.
Tous bruits viennent de se taire, On dirait que tout, sur Terre,
Est mort :
Les Humains comme les Choses, Les oiseaux comme les roses
Tout s'endort !...
Mais la Mer, c'est la Vivante, C'est l'Immensité mouvante
Toujours, Prenant d'assaut les Jetées, Dédaigneuse des nuitées
Et des jours !...
Hormis Elle, rien n'existe Que le grand Phare et son triste
Reflet :
A la place la meilleure, Mes amis, jetons sur l'heure Le filet !
Puis, enroulés dans nos voiles, Le front nu sous les étoiles,
Dormons !
Rêvons, en la Paix profondé, A tous ceux qu'en ce bas monde Nous aimons !
Dormons sur nos goélettes Comme en nos bercelonnettes
D'enfants....
Et demain, à marée haute, Nous rallierons à la Côte, Triomphants!...
(Musique de Théodore Botrel. — G- Ondet, éditeur.)