ET LA FOURMI. 7J
sible à l'affreuse détresse des créatures. Les éléments se déchaînèrent contre Thomme avec autant de fureur que s'ils avoient pu le connoitre. La terre qu'il avoit vue encore si paisible et si magnifique fut incendiée par des feux souterrains , foudroyée par les météores de l'air, et noyée par les eaux du ciel.
£t quand le phénomène avoit disparu, l'homme se retrouToit debout.
Le petit nombre d'animaux qui s'étoient soustraits à ces désastres , et qui ne faisoient pas partie de ceux que l'ennemi commun avoit soumis , n'hésitèrent pas à se soustraire à son dangereux voisinage par tous les moyens que leur donnoieut leur instinct et leur génie.
L'aigle , heureux d'avoir vu surgir des rochers inaccessibles, se hâta de placer son aire à leur sommet; la panthère se réfugia dans des forêts impénétrables ; la gazelle, dans des sables mou* vants qui auroient aisément saisi des pieds moins vites et moins légers que les siens ; le chamois dans les franges bleues des glaciers; l'hyène dans les sépultures. La licorne , l'hippogriphe et le dragon firent tant de chemin qu'on ne les a jaipais revus depuis. Le bruit commun dans