‹ Contes en prose et en versChapitre 46 sur 55 · RETIREZ-VOUS DE MON SOLEIL · texte numérisé non relu

RETIREZ-VOUS DE MON SOLEIL

J^ai loii||^.|emps fait la vaine élude Des appâts que le monde offre k ses favoris.

J'ai vu que ces plaisirs dont nous sommes épris

N'engendroient que solKcilude,

Et de leur vague inquiétude, Asses tôt pour jouir , j*ai distrait mes esprits. Le bonheur n'est qu'un nom hors de la solitude.

Que j'ai toujours chéri le murmure des eaux, Et la paix des grottes profondes !

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Que j'aîme a suivre au loin les détours des ruisseaux,

 marquer de mes pas les circuits inégaux,

Que tracent dans les champs leurs pentes vagabondes 1

Quel spectacle enchanteur, et touchant, et divers.

Que le tableau mouvant de ce vaste univers !

Et lorsque le vieillard qui mesure Tannée ,

D'une aile infatigable amène le printemps.

Quel plaisir d*épier une belle journée !

Dieu m*a fait ces loisirs. Des mortels mécontents

N^en savent pas goûter l'ivresse fortunée :

Je les plains; pour eux seuls la nature est bornée.

Elle garde k mon cœur des biens de tous les temps.

Alors, parmi les bois épiant les insectes.

J'observe leurs travaux, leurs mœurs et leur« amours.

Chasseurs ingénieux, innocents architectes.

Hôtes légers des fleurs, créés pour les beaux jours,

J'admire cette main qui soigna vos atours;

Avec quelle pompe elle étale Sur les brillants habits dont vous^ êtes parés. Et la nacre polie , et la changeante opale , Et des réseaux d'argent, et des disques dorés! Quel lustre éblouissant , quelles beautés parGeôtes

Elle fait briller h. mes yeux.

Dans ces panaches glorieux.

Dans ces éclatantes aigrettes.

Qui couvrent vos fronts radieux!

DE BlOlf SOLEIL, ^(7

Je vous quitte pourtant.... Horace ou La Fontaine ,

Montaig^ne ou Platon k la main^ Égarant k plaisir ma démarche incertaine, A travers le vallon je me fraie un chemin; Pour la centième fois heureux de les relire I Et toi, curé bouffon , dont le malin délire Fronda si plaisamment le pauvre genre humain; Toi qui «us de nos biens si sagement éhre Troûi points ; le nonchaloîr , le rien faire et le vin I

Montre-moi ces riants caprices Où tu ¥ainquis Pétrone, Érasme ni Lucien.

Mais que dis-je? oubliant , -dans tes libres esquisses. Un charme sans lequel le reste ne m'est rien, N'as-tu pas ignoré que pleurer est un bien ? Torick inspire au moins d'agréables idarmes, ' Et jusque sous le rire il va chercher des larmes ; Ton livre eêt plus piquant, mais je relis le sien.

Un bonheur plus parfait m^attend dans ma retraite* Je ne le peindrai point. Ta volupté sécrète, • Lien délicieux des parents, des époux.

Ne sauroit s'exprimer en termes assez doux.

Des travaux commencés j'entretiens la famille. J'ai vu, tout en marchant, notre blé déjà mûr Du moissonneur tardif appeler la faucille , La cerise éclater d'un incarnat plus pur, Ott le raisin croissant se colorer d'azur.

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