LA PROMENADE A ANE
Chansonnette historique qui fera voir aux demoiselles les dangers que court l'innocence en allant au galop.
Air : Quand Vénus sortit de l'onde.
C'est au bois de Romainville
Qu'un séducteur trop habile
Par une grande chaleur,
Devint maître de mon cœur.
11 se peut qu'on me condamne;
J*en conviens de bonne foi .
Je voulus avoir un âne ,
Auguste vint avec moi. (A«.)
LA BULLE DE SAVON. AAo
Nous vîmes dans la campagne Un baudet et sa compagne.
Sur l'ânesse mon amant S'enfourcha très-lestemenî ; Puis Auguste, avec malice, M'offrit !e gros asinus ; Moi, jV'tais simple et novice, Et je me campai dessus.
Auguste avec sa bourrique.
Qu'il pousse, fouette et pique, Caracole autour de moi Sans montrer aucun effroi; Tout en trottant , il me glisse Un aveu tendre et charmant!...
Ah Dieu ! comme l'exercice Nous prépare au .sentiment!
Je lire de gauche à droite, Mais dans une route étroite Mon âne va se fourrer.
Il veut toujours se cabrer.
Je vais être la plus forte; L'ânesse vient à crier.
Zeste, mon âne m'emporte Auprès de mon cavalier.
Dans cette course rapide, Ma main a lâché' la bride; En sautant sur mon baudet.
Le vent m'Aie mon bonnet ;
-i/iG LA BULLE DE SAVON.
Vainement je illë rajuste, Je glisse sur le gazon...
Et je tombe près d'Auguste, La tête sous mon jupon.
Sans songer à ma monture , Profitant de l'aventure, Mon amant, à mes côtés, Veut prendre... des libertés; Il m'embrasse , je me damne I Il me conte ses amours.
Je crie : « Arrêtez donc l'âne ! »
Mais le ti-aître va toujours.
Quand je retrouvai ma tête.
Devant moi je vis ma bête ; Mais mon âne était changé :
Il paraissait corrigé ; Pour revenir, moins timide , Je voulus monter dessus , Et je lui lâchai la bride...
Mais il ne se cabra plus.