‹ Contes en vers et chansonsChapitre 24 sur 79 · LES DEUX VOYAGEURS · texte numérisé non relu

LES DEUX VOYAGEURS

Ain : A voyager passant sa vie , ou Air nouveau de M. H. Berton.

Dans la carrière de la vie Jetés tous deux par le destin , L'amitié de l'amour suivie Se trouvent un jour en chemin.

Vers le plaisir chacun voyage , Se donnant parole au retour.

Car de l'amitié c'est l'usage D'aller moins vite que l'amour.

En folâtrant l'amour avance, Il aime a voyager sans frein ; L'amitié marche avec prudence, Et sond»' d'abord le terrain ; Fuyant toute route nouvelle, Lorsque l'autre prend un détour, L'amitié jamais ne chancelle , Souvent le pied glisse à l'amour.

Sur sa route le dieu de Gnide Fait parfois répandre des pleurs :

Suivant le penchant qui le guide, Il cueilh' les plus belles fleurs ;

■148 LA iîullî: de savon.

Au (jré de son huincur bizarre, A cliacLin il fait quelque tour j Mais l'amitié vient , et répare Les fautes que commet l'amour.

Le premier, le vola^je arrive Au but, objet de son désir j L'amitié, toujours plus tardive, Ne vient qu'après chez le plaisir.

Elle y cherche le téméraire, Mais il n'était resté qu'un jour :

Le plaisir avait eu beau faire, . Il n'avait pu fixer l'amour.

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