LES DEUX VOYAGEURS
Ain : A voyager passant sa vie , ou Air nouveau de M. H. Berton.
Dans la carrière de la vie Jetés tous deux par le destin , L'amitié de l'amour suivie Se trouvent un jour en chemin.
Vers le plaisir chacun voyage , Se donnant parole au retour.
Car de l'amitié c'est l'usage D'aller moins vite que l'amour.
En folâtrant l'amour avance, Il aime a voyager sans frein ; L'amitié marche avec prudence, Et sond»' d'abord le terrain ; Fuyant toute route nouvelle, Lorsque l'autre prend un détour, L'amitié jamais ne chancelle , Souvent le pied glisse à l'amour.
Sur sa route le dieu de Gnide Fait parfois répandre des pleurs :
Suivant le penchant qui le guide, Il cueilh' les plus belles fleurs ;
■148 LA iîullî: de savon.
Au (jré de son huincur bizarre, A cliacLin il fait quelque tour j Mais l'amitié vient , et répare Les fautes que commet l'amour.
Le premier, le vola^je arrive Au but, objet de son désir j L'amitié, toujours plus tardive, Ne vient qu'après chez le plaisir.
Elle y cherche le téméraire, Mais il n'était resté qu'un jour :
Le plaisir avait eu beau faire, . Il n'avait pu fixer l'amour.