‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 110 sur 174 · A UN BAVARD · texte numérisé non relu

A UN BAVARD

Il faudrait penser pour écrire : ••

Il vaut encor mieux effacer.

Les auteurs quelquefois ont écrit sans penser ,

Comme on parle souvent sans avoir rien à dire.

aga poésies mêlées.

IMPROMPTU

Écrit sur la feuille du suisse de M. le duc de la Vallière, à qui l'auteur allait demander la romance de Gabrielle de Vergj.

Envoyez-moi, par charité,

Cette romance qui sait plaire,

Et que je donnerais par pure vanité,

Si j’avais eu le bonheur de la faire.

A M. DE CORLON,

Qui était avec l'auteur à Monjeu, chez M. le duc de Guise, alors malade.

Je sais ce que je dois, et n’en fais jamais rien.

Au lieu d’aller tâter le pouls de son Altesse,

J’abandonne sou lit sans dormir dans le mien.

Je renonce aux dîners, au piquet, à la messe,

Très mauvais courtisan , bien plus mauvais chrétien £ Libertin dans l’esprit , et rempli de paresse.

Ah ! monsieur de Corlon , que vous êtes heureux !

Plus libertin que moi sans être paresseux ,

On vous trouve à toute heure , et vous savez tout faire.

De grâce enseignez-moi ce secret précieux De vous lever matin , de dîner et de plaire.

POÉSIES MÊLÉES. . 2C)3

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