‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 128 sur 174 · PLACET · texte numérisé non relu

PLACET

Pour un homme à qui le roi de Prusse devait de l'argent.

Gr an d roi , tous vos voisins vous doivent leur estime ,

Vos sujets vous doivent leurs cœurs ;

Vous recevez partout un tribut légitime ■ D’amour, de respect et d’honneurs.

Chacun doit son hommage à votre ardeur guerrière.

O vous, qui me devez quelques mille ducats, .

Prince, si bien payé de la nature entière,

Pourquoi ne me payez-vous pas?

AU ROI DE PRUSSE

A Berlin , le premier de'cembre.

J’ai vu la beauté languissante Qui par lettres me consulta Sur les blessures d’une amante.

Son bon médecin lui donna #

La recette de l’inconstance.

Très bien , sans doute , elle en usa ,

En use encore, en usera Avec longue persévérance ;

Le tendre Amour applaudira-,

Certain prince aimable eu rira,

Mais le tout avec indulgence.

Oui, grand prince, dans vos états - On verra quelques infidèles;

J’entends les amants et les belles,

Car pour vous seul on ne l’est pas.

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