J 8 LES FINANCES
Le bourgeois Ht à tous une humble révérence,
Du meilleur de son cru prodigua l’abondance;
Puis il s’enquit tout bas quel était le seigneur Qui faisait aux bourgeois un tel excès d : honneur.
Je suis, dit l’inconnu, dans les fermes nouvelles,
Le royal directeur des aides et gabelles....
Ah! pardon, Monseigneur! Quoi! vous aidez le roi?... Oui, l’ami.... Je révère un si sublime emploi :
Le mot d’aùfe s’entend : gabelles m’embarrasse.
D’où vient ce mot?.... D’un Juif appelé Gabelus *
Ah! d’un Juif! je le crois.... Selon les nobles us De ce peuple divin , dont je chéris la rade ,
Je viens prendre chez vous les droits qui me sont dus.
J’ai fait quelques progrès par mon expérience Dans l’art de travailler un royaume en pnance.
Je fais loyalement deux parts de votre bien :
La première est au roi, qui n’en retire rien ;
La seconde est pour moi. Voici votre mémoire.
Tant pour les brocs de vin qu’ici nous avons bus ;
Tant pour ceux qu’aux marchands vous n’avez point vendus, Et pour ceux qu’avec vous nous comptons encor boire. Tant pour le sel marin duquel nous présumons Que vous deviez garnir vos savoureux jambons. *
Vous ne l’avez point pris, et vous deviez le prendre.
Je ne suis point méchant, et j'ai Pâme assez tendre. Composons, s’il vous plaît. Payez dans ce moment Deux mille écus tournois par accommodement.
Mon badaud écoutait d'une mine attentive Ce discours éloquent qu’il ne comprenait pas ;
Lorsqu’un autre seigneur en son logis arrive,
Lui fait sou compliment , le serre entre ses bras :
Que vous êtes heureux ! votre bonne fortune ,