LES FINANCES
En pénétrant mon cœur, à nous deux est commune. Du domaine royal je Suis le contrôleur :
J’ai su que depuis peu Vous goûtez le bonheur D’étre seul héritier de votre vieille tante.
Vous pensiez n’y gagner que mille écus de rente : Sachez que la défunte en avait trois fois plus. Jouissez de vos biens par mon savoir accrus.
Quand je vous enrichis, souffrez que je demande, Pour vous être trompé, dix mille francs d’amende. s Aussitôt ces messieurs, discrètement unis,
Font des biens au soleil un petit inventaire , Saisissent tout l’argent, démcublent le logis.
La femme du bourgeois crie et se désespère ;
Le maître est interdit, la hile est toute eu pleurs;
Un enfant de quatre ans joue avec les voleurs, Heureux pour quelque temps d'ignorer sa disgrâce !
Son aîné, grand garçon, revenant de la chasse, Veut secourir son père, et défend la maison :
On les prend, on les lie, on les mène en prison;
On les juge ; on en fait de nobles Argonautes ,
Qui du port de Toulon devenus nouveaux hôtes, 4 Vont ramer pour le roi vers la mer de Cadix.
La pauvre mère expire en embrassant son fils : L’enfant abandonné gémit dans l’indigence :
La fille sans secours est servante à Paris.
C'est ainsi qu’on travaille un royaume en finance.
NOTES
1 It y eut en effet le juif Gabelos qui eut des affaires d’argent avec le bon homme Tobie ï et plusieurs doctes très seDsés tirent de l’hébreu l’étymologie de gabelle ; car on sait que c’est de l’hébreu que vient le français.
2 Un homme qui a tant de cochons doit prendre tant de sel pour les saler ; et s’ils meurent , il doit prendre la même quantité de sel , sans quoi il est mis à l’amende , et on vend ses meubles.
3 Les contrôleurs du domaine évaluent toujours le bien dont tout collatéral hérite au triple de la valeur, le taxent suivant cette évaluation, imposent une amende excessive, vendent le bien à l’encan, et l’achètent à bon marché.
4 L’aventure est arrivée à la famille d’Antoine Fusigat.