‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 59 sur 174 · LE PÈRE NIC 0 DÈ 1 IE ET JEANNOT · texte numérisé non relu

LE PÈRE NIC 0 DÈ 1 IE ET JEANNOT

Ii va trouver enfin , pour prix de scs travers , Desfontaine et Chausson dans le fond des enfers.

Au pur sein d’Abrabam il eût volé peut-être,

Si dans son humble étage il eût su se connaître;

Mais il fut réprouvé sitôt qu’il entreprit D’allier la sottise avec le bel esprit.

Autrefois un hibou, formé parla nature Pour fuir l’astre du jour au fond de sa masure ,

Lassé de sa retraite , eut le projet hardi De voir comment est fait le soleil à midi.

Il pria de son antre une aigle sa voisine,

De daigner le conduire à la sphère divine,

D’où le blond Apollon de ses rayons dorés Perce les vastes cieux par lui seul éclairés.

L’aigle au milieu des airs le porta sur scs ailes ;

Mais bientôt ébloui des clartés immortelles,

Dont l’éclat n’est pas fait pour ses débiles yeux,

Le mangeur de souris tomba du haut des cieux.

Les oiseaux accourus à ses plaintes funèbres, Dévorèrent soudain le courrier des ténèbres.

Profite de sa faute ; et, tapi dans ton trou ,

Fuis le jour à jamais en fidèle hibou.

JEANNOT

On a beau se soumettre à fermer la paupière ,

On voudrait quêlquefois voir un peu de lumière. J’entends dire en tous lieux que le monde est instruit Qu’avec saint Loyola le mensonge s’enfuit, Qu’Aranda dans l’Espagne, éclairant les fidèles,

A l’inquisition vient de rogner les ailes.

Chez les Italiens» les yeux se sont ouverts.

Une auguste cité, souveraine des mers,

Des filets de Barjone a rompu quelques mailles.

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