LE PÈRE NIC 0 DÈ 1 IE ET JEANNOT
Ii va trouver enfin , pour prix de scs travers , Desfontaine et Chausson dans le fond des enfers.
Au pur sein d’Abrabam il eût volé peut-être,
Si dans son humble étage il eût su se connaître;
Mais il fut réprouvé sitôt qu’il entreprit D’allier la sottise avec le bel esprit.
Autrefois un hibou, formé parla nature Pour fuir l’astre du jour au fond de sa masure ,
Lassé de sa retraite , eut le projet hardi De voir comment est fait le soleil à midi.
Il pria de son antre une aigle sa voisine,
De daigner le conduire à la sphère divine,
D’où le blond Apollon de ses rayons dorés Perce les vastes cieux par lui seul éclairés.
L’aigle au milieu des airs le porta sur scs ailes ;
Mais bientôt ébloui des clartés immortelles,
Dont l’éclat n’est pas fait pour ses débiles yeux,
Le mangeur de souris tomba du haut des cieux.
Les oiseaux accourus à ses plaintes funèbres, Dévorèrent soudain le courrier des ténèbres.
Profite de sa faute ; et, tapi dans ton trou ,
Fuis le jour à jamais en fidèle hibou.
JEANNOT
On a beau se soumettre à fermer la paupière ,
On voudrait quêlquefois voir un peu de lumière. J’entends dire en tous lieux que le monde est instruit Qu’avec saint Loyola le mensonge s’enfuit, Qu’Aranda dans l’Espagne, éclairant les fidèles,
A l’inquisition vient de rogner les ailes.
Chez les Italiens» les yeux se sont ouverts.
Une auguste cité, souveraine des mers,
Des filets de Barjone a rompu quelques mailles.