‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 76 sur 174 · A MADAME LA DUCHESSE DE LUXEMBOURG · texte numérisé non relu

A MADAME LA DUCHESSE DE LUXEMBOURG

Qui devait souper avec M. le duc de Richelieu.

U N dindon tout à l’ail , un seigneur tout à l’ambre ,

A souper vous sont destinés :

On doit, quand Richelieu paraît dans une chambre,

Bien défendre son cœur, et bien boucher son ne*.

A MADAME DE

En lui envoyant la Henriade.

Mes vers auront donc l’avanta'gC D’attirer vos regards heureux]

Ne pourrai-je jamais attirer vos beaux yeux Sur l’auteur comme sur l’ouvrage ?

A MADAME DE ***

O di, Philis, la coquetterie Est faite pour vos agréments.

Croyez-moi, la galanterie,

Malgré tous les grands sentiments,

Est sœur de la friponnerie.

Vénus versa sur vous tous ses dons précieux :

Ce serait être injuste et les mal reconnaître Que de vous obstiner à faire un seul heureux,

Lorsqu’avec vous le monde entier veut l’être.

Qu’est-ce que la constance? un vieux mot rebattu ,

Des amants ennuyeux languissant apanage ;

Mais l’infidélité devient une vertu ,

Quand on a vos attraits, votre esprit et votre âge.

IMPROMPTU

Ecrit sur un cahier de lettres de madame la duchesse du Maine et de M. de la Motte-Houdart , qui avait perdu la vue.

Dans ses filets elle savait vous prendre Sitôt qu’elle se laissait voir :

Un pauvre aveugle aussi ressentit son pouvoir;

Je le crois bien , car il pouvait l’entendre.

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