‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées de Voltaire (volume 2)Chapitre 77 sur 174 · A MADEMOISELLE · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE

Qui avait promis un baiser à celui qui ferait les meilleurs vers pour sa fête.

Quoi! pour le prix des vers accorder au vainqueur D’un baiser la douce caresse !

Céphise, quelle est votre erreur!

Vous donnez à l’esprit ce qui n’est dû qu’au cœur.

Un baiser fut toujours le prix de la tendresse,

Et c'est à l’amour seul qu’en appartient le don.

Les habitants du Pinde, en leur plus grande ivresse,

N’ont jamais espéré qu’un laurier d’Apollon.

Des vers à mes rivaux je cède l’avantage ;

Ils riment mieux que moi , mais je sais mieux aimer.

Que le laurier soit leur partage ,

Et le mien sera le baiser.

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