A MADEMOISELLE
Qui avait promis un baiser à celui qui ferait les meilleurs vers pour sa fête.
Quoi! pour le prix des vers accorder au vainqueur D’un baiser la douce caresse !
Céphise, quelle est votre erreur!
Vous donnez à l’esprit ce qui n’est dû qu’au cœur.
Un baiser fut toujours le prix de la tendresse,
Et c'est à l’amour seul qu’en appartient le don.
Les habitants du Pinde, en leur plus grande ivresse,
N’ont jamais espéré qu’un laurier d’Apollon.
Des vers à mes rivaux je cède l’avantage ;
Ils riment mieux que moi , mais je sais mieux aimer.
Que le laurier soit leur partage ,
Et le mien sera le baiser.