PLACET
Pour un homme k qui le roi de Prusse devait de l'argent*
Grand roi , tous vos voisins vous doivent leur estime,
Vos sujets vous doivent leurs cœurs ; Vous recevez partout un tribut légitime
D'amour ? de respect et d'honneurs.
Chacun doit son hommage à votre ardeur guerrière. O vous, qui me devez quelques mille ducats, . Prince , si bien payé de la nature entière ,
Pourquoi ne me payez-vous pas?
AU ROI DE PRUSSE
A Berlin, le premier décembre.
J'ai vh la beauté languissante Qui par lettres me consùjta Sur les blessures d'une amante.
Sou bon médecin lui donna La recette de l'inconstance.
Très bien , sans doute , «lie en usa , En use encore, en usera Avec longue persévérance ; Le tendre Amour applaudira*, Certain prince aimable en rira , Mais le tout avec indulgence.
Oui , grand prince , dans vos états - On verra quelques infidèles ; J'entends les amants et les belles, Car pour vous seul on 11e l'est pas.
3l6 POÉSIES MÊLÉES.
cxxxn.
A LA MÉTRIE,
Qui était malade.
Je ne suis point inquiété Si notre joyeux la Métrie Perd quelquefois cette santé Qui rend sa face si fleurie.
Quelque peu de gloutonnerie, Avec beaucoup de volupté , Sont les doux emplois de sa vie.
Il se conduit comme il écrit, A la nature il s'abandonne ; Et chez lui le plaisir guérit Tous les maux que le plaisir donne.
AU ROI DE PRUSSE
Vous êtes pis qu'un hérétique; Car ces gens, qu'un bon catholique Doit pieusement détester, Pensent qu'on peut ressusciter.
Et que la Bible est véridique.
Mais le héros de Sans-souci, En qui tant de lumière abonde, Fait peu de cas de l'autre monde f Et se moque de celui-ci»
POÉSIES MÊLÉES. 3lJ
IMPROMPTU
A M. de Maupertuis , qui était à la toilette du roi de Prusse avec l'auteur, lorsque ce prince, encore à la fleur de son Age , leur fit remarquer qu'il avait des cheveux blancs.
Ami, vois-tu ces cheveux Lianes Sur une tête que j'adore ?
Ils ressemblent à ses talents :
Ils sont venus avant le temps, , Et comme eux ils croîtront encore.