‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 5 sur 175 · LE COCUAGE · texte numérisé non relu

LE COCUAGE

A peine encore eut-il plume nouvelle ,

Qu'au bon Hymen il fit guerre immortelle;

Vous l'eussiez vu l'obsédant en tous lieux ,

Et de son bien s'emparant à ses yeux ,

Se promener de ménage en ménage ,

Tantôt porter la flamme et le ravage ,

Et des brandons allumés dans ses mains

Aux yeux de tous éclaire/ ses larcins.

Tantôt rampant dans l'ombre et le silence ,

Le front couvert d'un voile d'innocence ,

Chez un époux le matois introduit,

Faisait son coup sans scandale et sans bruit.

La Jalousie au teint pâle et livide ,

Et la Malice à l'œil faux et perfide

Guident ses pas où l'Amour le conduit;

Nonchalamment la Volupté le suit. .

Pour mettre à bout les. maris et les belles ,

De traits divers ses carquois sont remplis :

Flèches y sont pour le cœur des cruelles ;

Cornes y sont pour le front des maris.

Or , ce dieu-là ,. malfaisant ou propice ,

Mérite bien qu'on chante son office; .,

Et par besoin ou par jprécautioti , '.

On doit avoir à lui dévotion, .,.-..••

Et lui donner encens «et luminaire» . .

Soit qu'on épouse au qu'on n'épouse' pas,

Soit que l'on fasse ou:qjuan craigne te ic*4,

De sa faveur on a.tmijmuVaffaiis^l . <.i ! ' . • : » >i

O vous, Iris, quejj'ahttejfelto'ttjoUtftf .;.:.;.

Quand de vos vœux vous étiez ïamaîUte*pç,

Et qu'un contrat, trafiquant la ttindi<e$«& j . .

N'avait encore aseervifvoa beaux io*|tfi)j ..-..

Je n'invoquais que le Dieu des amours :

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LE COCUÀGE. ; 1$

Mais à présent , père de la tristesse , L'Hymen, hélas ! vous a mis sous sa loi :

A Cocuage il faut que je m'adresse; Cest le seul dieu dans qui j'ai de la foi.

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