LES CABALES
Barbouilleurs de papier, d'où viennent tant d'intrigues,
Tant de petits partis , de cabales , de brigues ?
S'agit-il d'un emploi de fermier général ,
Ou du large chapeau qui coiffe un cardinal ?
Êtes-vous au conclave ? aspirez-vous au trône *
Où l'on dit qu'autrefois monta Simon Barjone?
Çà, que prétendez-vous? — De la gloire. — Ah! gredin,
Sais-tu bien que cent rois la briguèrent en vain ? .
Sais-tu ce qu'il coûta de périls et de peines
Aux Coudés, aux Sullis, aux Colberts, aux Turennes,
Pour avoir une place au haut du mont sacré ,
De sultan Moustapha pour jamais ignoré ?
Je ne m'attendais pas qu'un crapaud du Parnasse
Eût pu, dans son bourbier, s'enfler de tant d'audace.
<f Monsieur ,^écoutez-moi , j'arrive de Dijon , « Et je n'ai ni logis , ni crédit , ni renom. « J'ai fait de méchants vers, et vous pouvez bien croira « Que je n'ai pas le front de prétendre à la gloire ; « Je ne veux que l'ôter à quiconque en jouit. « Dans ce noble «vétier l'ami Fréron m'instruit ; « Monsieur l'abbé Profond m'introduit chez les dames ; « Avec deux beaux esprits nous ourdissons nos trames. « Nous serons dans un mois l'un de l'autre ennemis ; « Mais le besoin présent nous tient encore unis. « Je me forme sous eux dans le bel art de nuire ; a Voilà mon seul talent ; c'est la gloire où j'aspire. >ï
Laissons là de Dijon ce pauvre garnement, a Des bâtards de Zoîle imbécille instrument;