‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de Voltaire (volume 3)Chapitre 82 sur 175 · A MADEMOISELLE · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE

Qui avait promis un baiser à celui qui ferait les meilleurs yers

. pour sa fête.

Quoi ! pour le prix des vers accorder au vainqueur

D'un baiser ht douce caresse !

Céphise, quelle est votre erreur!

Vous donnez à l'esprit ce qui n'est dû qu'au cœur. Un baiser fut toujours le prix de la tendresse , Et c'est à l'amour seul qu'en appartient le don. Les habitants du Pinde , en leur plus grande ivresse , N'ont jamais espëré qu'un laurier d'Apollon.

Des vers à mes rivaux je cède l'avantage ; Ils riment mieux que moi , mais je sais mieux aimer.

Que le laurier soit leur partage ,

Et le mien sera le baiser.

*XXIL •

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