L’ÉDUCATION D’UNE FILLE
Respirait dans la nuit sous un ombrage frais ,
En ignorai t l’usage , et s'étendait auprès ;
Sans savoir l'admirer regardait la nature ;
Pais se levait, allait, marchait à l’aventure,
Sins dessein « sans objet qui pût l’intéresser;’
Ne pensant point encore, et cherchant à penser.
Elle entendit du bruit au boudoir de sa mçre: curiosité l'aiguillonne à l’instant.
»~.e ne soupçonnait nulle ombre de mystère ; Cependant elle hésite, elle approche en tremblanjt, Posant sur l’escalier une jambe eu avant.
Etendant une main, portant l’antre en arriéré,
Le con tendu , l’œil fixe, et le cœur palpitant ,
D’nne oreille attentive avec peine écoutant.
D’abord elle entendit un tendre et doux murmure, Des mots entrecoupés , des soupirs languissants.
Ma niere a dn chagrin, dit-elle entre ses dents,
Et je dois partager les peines qu’elle endure. .
Elle approche; elle entend ces mots pleins de doncenr: André ,mon cher André , vous faites mon bonheur! Isabelle à ces mots pleinement se rassure.
Ma tendresse , dit-elle , a pris trop de souci ;
Ma merc est fort contente , et je dois l'être aussi.
Isabelle à la fin dans son Ut se retire,
Ne peut feriper les yeux ,.sc tourmente, et soupire : André fait des henreux! et de qneUe façon?
Que ce talent est beau !. Mais comment s’y prend-on? Elle revit le jour avec inquiétude. c ... .
Son trouble fut d’abord apperçu par Gertrude. Isabelle était simple, et sa naïveté ‘
Laissa parle* enfin sa curiosité.
Quel est donc cet André, loi dit-elle , madame. Qui fait, à ce qu’on dit , le bonheur d’une femme ? Gertrude fut confuse; elle s’apperçut bien Qu’elle était découverte. et n’en témoigna rien:
Elle sc composa ; puis répondit : Ma fille,