‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de VoltaireChapitre 35 sur 142 · L’HYPOCRISIE · texte numérisé non relu

L’HYPOCRISIE

M, s chers amis , il me prend fantaisie De vous parler ce soir d’hypocrisie.

•Grave Vernet, soutiens ma faible voix;

Plus on est lourd , plus on parle avec poids.

Si quelque belle à la démarche fiere.

Aux gros te ton s, à l’énorme derrière.

Etale aux yeux ses robustes appas ,

Les rimailleurs la nommeront Pallas.

Une beauté jeune , fraîche , ingénue ,

S’appelle Hébé ; Vénus est reconnue A son sourire , à l’air de volupté Qui de son charme embellit la beanté : .

Mais si j’avise un visage sinistre,

Un front hideux , l’air empesé d’un cuistre , Un cou jauni sur un moignon penché , .

Un œil de porc à la terre attaché ,

( Miroir d’une ame à ses remords en proie , Toujours terni , de peur qu’on ne la voie, ) Sans hésiter , je vous déclare net Que ce magot est Tartuffe ou Vernet.

C’est donc à toi, Vernet, que je dédie Ma très honnête et courte rapsodie ,

Sur le sujet de notre ami Guignard , ï'esse-matthieu , dévot, et grand paillard.

Avant-hier advint que de fortune Je rencontrai ce Guignard, sur la brune,

Qui chez Fanchon s’ailait glisser sans brait, j Comme un hibou qui ne sort que de nuit.

Je l’arrêtai , d’un air assez fantasque,

Par sa jaquette, et je lui criai : Masque,

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