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Oui, mais c’est quand ce pauvre ose se croire riche; C’est quand du bel esprit un lourd pédant s’entiche; Quand le démon d’orgueil et celui de la faim Saisissent à la gorge un maudit écrivain :
Le déloyal alors est possédé du diable.
Chez tout sot bel esprit le vice est incurable ;
Il va trouver enfin , pour prix de ses travers, Desfontaine et Chausson dans le fond des enfers.
Au pur sein d’ Abraham il eût volé peut-être ,
Si dans son humble étage il eut su se connaître;
Mais il fut réprouvé sitôt qu’il entreprit .
D’allier la sottise avec le bel esprit.
Autrefois un hibou , formé par la nature Pour fuir l’astre dn jour au fond de sa masure,
Lassé de sa retraite, eut le projet hardi De voir comment est fait le soleil à raidi.
Il pria de son antre une aigle sa voisine De daigner le conduire à la sphere divine D’où le blond Apollon de ses rayons dorés Perce les vastes cieux par lui seul éclairés.
L’aigle au milieu des airs le porta sur ses ailes ;
Mais bientôt ébloui des clartés immortelles Dont l’éclat n’est pas fait pour ses débiles yeux.
Le mangeur de souris tomba du haut des cieux.
LEGERE NICODEME, etc. is 9
Les oiseaux accourus à ses plaintes îfouebres, Dévorèrent soudain le courrier des ténèbres.
Profite de sa faute ; et , tapi dans ton trou , *
Fuis le jour à jamais en fidele hibou.
JEAÎTSOT.
On a beau se soumettre à fermer la paupière,
On voudroit quelquefois voir un peu de lumière. J’entends dire en tous lieux que le monde est instruit^ Qu'avec saint Loyola le mensonge s’enfuit,
Qn’ Aranda dans l’Espagne , éclairant les fideles ,
A l’inquisition vient de rogner les ailes.
Chez les Italiens les yeux se sont ouverts.
Une auguste cité, souveraine des mers,
Des filets de Barjone a rompu quelques mailles.
Le souverain chéri qui naquit dans Versailles Ànnulla , m’a-t-on dit, ces billets si fameux Quel es morts aux eufers emportaient avec eux. Avec discrétion la sage tolérance D’une éternelle paix nous permet l’espcrancc. D’abord avec effroi j'entendais ces discours;
Mais , par cent mille voix répétés tons les jours ,
Ils réveillent enfin mon ame appesantie : I
Et j’ai de raisonner la plus terrible envie.
LSfElE ÎÎKODÈME.
Ah , te voilà perdu ! Jeatanot n’est plus à moi.
Tous les cœurs sont gâtés. . . .l’esprit bannit la foi! L’esprit s’étend par-tout. ... O divine bêtise,
Versez tous vos pavots , soutenez mon église.
A quel saint recourir dans cette extrémité?
O mon fils , cher enfant de la stupidité ,
Quel ennemi-t’arrache au donx sein de ta mere?
On te l’a dit cent fois , malheur à qui s’éclaire !
Ne va point contrister les cœurs des gens de bien: Courage ; allons, rends-toi , lis le Journal chrétien* De Jean-Georges , crois-moi, fis le discours sublime : C’est pour ton mal qui presse un excellent régime.
i 3 o SATIRES.
Tu peux guérir étttCO re. Oui , Paris dans ses murs Voit encor , grâce à Dieu , des esprits lourds, obscurs. D’arguments rebattus déterminés copistes,
Tout farcis de lambeaux des premiers jansénistes. Jette-toi dans leurs bras, dévore leurs leçons ; Apprends d’eux à donner des mots pour des raisons Fais des phrases, J eannot, ma douleur t’en conjure Par ce palliatif adoucis ta blessure ;
Ne sois point philosophe.
JEiNNOT.
Ah ,vouspercez mon cœur.
Allons , ne voyons goutte , et chérissons l’erreur. C’est vous qui le voulez. Mais quel fruit tirerai-je De demeurer un sot au sortir du college ?