‹ Contes en vers, satires, et poésies mêlées, de VoltaireChapitre 67 sur 142 · LIX. A Madame D’ARGENTAL · texte numérisé non relu

LIX. A Madame D’ARGENTAL

le jour de sainte Jeanne sa patrone.

J e ait fut un saint (si l’on en croit l’histoire De saint Matthieu) qui buvait l’eau du ciel,

D’ un rocher creux faisait son réfectoire ,

Et tristement soupait avec du miel :

Jeanne, au rebours, sainte sans prud’hommie, Au sentiment unissait la raison.

Sans opulence avait bonne maison,

Et de l’esprit était la bonne amie ; '

On l’adorait, et c’était bien raison.

Or vous, grand saifit, mangeur de sauterelle, Dans vos désètts viVez avec les lûups , Prêchez, jeûnez , priez ; mais vous , la belle , Quand vous voudrez, l’irai souper chez vous.

L X. A M. CLÉMENT, de Montpellier ,

qui avait adressé des vers à l’auteur, eu l’exhortant à a# pas abandonner la poésie pour la physique.

TTn certain chantre abandonnait sa lyre ; , Nouveau Kepler, un télescope en main , )

Lorgnant le ciel, fl prétendait y lire}* »

, 7 8 POÉSIES MELÉES.

Et décider sur le vide et le plein.

Un rossignol du fond d’on bois voisin Interrompit son morne et froid délire ; Ses doux accents l’éveillerent soudain (A la nature il faut qu’on se soumette) ; Et l’astronome, entonnant un refrain, lleprit sa lyre et brisa sa lunette.

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