LIX. A Madame D’ARGENTAL
le jour de sainte Jeanne sa patrone.
J e ait fut un saint (si l’on en croit l’histoire De saint Matthieu) qui buvait l’eau du ciel,
D’ un rocher creux faisait son réfectoire ,
Et tristement soupait avec du miel :
Jeanne, au rebours, sainte sans prud’hommie, Au sentiment unissait la raison.
Sans opulence avait bonne maison,
Et de l’esprit était la bonne amie ; '
On l’adorait, et c’était bien raison.
Or vous, grand saifit, mangeur de sauterelle, Dans vos désètts viVez avec les lûups , Prêchez, jeûnez , priez ; mais vous , la belle , Quand vous voudrez, l’irai souper chez vous.
L X. A M. CLÉMENT, de Montpellier ,
qui avait adressé des vers à l’auteur, eu l’exhortant à a# pas abandonner la poésie pour la physique.
TTn certain chantre abandonnait sa lyre ; , Nouveau Kepler, un télescope en main , )
Lorgnant le ciel, fl prétendait y lire}* »
, 7 8 POÉSIES MELÉES.
Et décider sur le vide et le plein.
Un rossignol du fond d’on bois voisin Interrompit son morne et froid délire ; Ses doux accents l’éveillerent soudain (A la nature il faut qu’on se soumette) ; Et l’astronome, entonnant un refrain, lleprit sa lyre et brisa sa lunette.