X<B MAITRE DE MAISON ET US FLATTEUR MALADROIT
( Sachez choisir le temps convenable. )
11 y avait, jadis un riche maître de maison ^ ( Grihapati) dont les pombreux serviteurs épiaient constamment les désirs.
Tous lui témoignaient le ^lus profond respect. Un jour qu’il avait laissé échapper un crachat, un de ses domestiques mit aussitôt le pied dessus. 11 y avait, un, sot
COUTES
qui n’ayarït pu l’écraser à temps , se dit eri lui-même : « Quand le maître a laissé tomber un crachat par terre , tous oes gens accourent et l’écrasent avec le pied. Je vais ‘ faire beaucoup mieux qu’eux. Quand il aura l’air de vouloir cracher, je lèverai Je pied d’avance, » A peine avait-il fait cette réflexion, que le maître toussa et parut prêt à cracher. L’idiot leva aussitôt le pied et en frappa la. bouche du maître de maison, dont il déchira les lèvres et brisa les dents.
« Pourquoi , lui dit le maître de maison , m’avez-vous blessé d’un coup de pied les lèvres et la bouche ?
— Voici comment, répondit l’idiot:
«'Lorsque vous n’aviez pas encore craché, j’ai levé le pied d’avance dans l’espoir de Vous plaire. »
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En toute chose , il faut savoir saisir le temps. Quand le temps n’est pas encore venu , si l’on veut , à toute force , faire une action méritoire , on s’attirera des peines et des tourments. C’est pourquoi les hommes du siècle doivent tâcher de connaître ce qui est à propos et ce qui ne l’est pas.
(Extrait de l’Encyclopédie Fa-youen-tchou-Un , livre XUV.)