LE VILLA.GE DE KIANG
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Cette plècie a été composée vers l’an 759, par Tou-fou, qui tient un des premiers rangs parmi les poètes de la Chine.
Sou-tsong étant monté sur le trône, Toufou quitta précipitamment Fou-tcheou pour aller offrir ses services au nouvel empereur, mais il fut pris par une troupe de brigands et passa pour mort. Quelque temps après,
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il fut assez heureux pour s’échapper de leurs mains, et se rendit à Fong-tsiang, où résidait la cour. Il y avait déjà plusieurs années qu’il remplissait ane charge dans le palais de Sou-tsong, lorsqu’il apprit que sa famille était dans- la plus grande détresse. L’empereur lui permit d’aller là visiter pour lui porter des consolations et des secours.
C’est à cette occasion qu’il composa la pièce intitulée le faillage de Kiang. Elle est tirée de ses œuvres complètes, en vingt livres, qui existent à la bibliothèque impériale.
TÆ V1LI.AGE DE KlA1!i(G.
Le pied du soleil s’abaisse leutement
vers la terre, ] et des montagnes de nuages $ ,
rouges empourprent l’occident. [ Dans la cabane isolée , les coqs poussent des cris confus, [ en voyant un etranger qui arrive de mille lis.
Ma femme et mes enfant s’étonnent de me voir vivant, | et, revenus de leur sur- ' /
I>OÉSlRS CHINOISES. LE TILLAGE DE ElANG. Î89
prise, ils essuient les perles de leurs larmes.'
I Dans ces temps d’anarchie, j’ai été le jouet des orages, | et c’ est au hasard que je dois de respirer encore.
Mes voisins accourent et franchissent les murs pour me voir. | Muets de joie et de saisissement, ils poussent de longs soupirs.
I La nuit s’écoule, une nouvelle lampe remplace la lampe mourante; | ils me regardent sans mot dire, comme un homme
qu’on voit en songe.
Sur le soir de l’année, je dérohe à l’Etat ma frêle existence, J et je reviens dans ma famille, goûter quelques instants de bonheur. I Mes jolis enfants ne peuvent s’arracher de mes genoux ; ik craignent que je ne parte encore.
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Jadis, il m’en souvient, j’aimais à chercher le frais 5 j j’aimais à me promener autour de l’étang, à m’asseoir au pied des arbres - qui le couronnçnt. | Maintenant le vent du nord me perce de ses flèches aiguës ;
I maintenâni les angoisses de ma famille m’ahreuvênt de mille douleurs.
Les grains que l’on distille sont déjà moissonnés; | déjà je sens l’odeur spiritueuse qui s’exhale de la cuve, j Le vin n’a . pas encore acquis sa saveur enivrante, | mais il peut adoucir l’amertume de mon .
cœur. ' ,
Les coqs en émoi remplissent l’air de
leurs cris ; j à l’approche de mes hôtes, ils'
redoublent leurs bruyants ébats, j Chassés