S LÉGENDE TAO-SSÉ
ces instructions. Si vous vous hâtez de les pratiquer de toute la force de votre âme, vous pourrez apaiser le ciel, et le disposer à changer sa décision. »
En disant ces mots, il entra dans l’intérieur de la maison. lu-kong se leva avec empressement et le suivit. Mais quand il fut arrivé aùprès du foyer, il disparut. Il reconnut que c'était \ Esprit du foyer ^ qui préside à la destinée des hommes. Il binila aussitôt des parfums en son honneur, et le remercia en se prosternant jusqu’à terre.
Le lendemain, qui était le premier jour *p^de la prenüère lune de l’année, il adressa ses hommages et ses prières au ciel; il se
corrigea de ^s fautes passées, et commença à faire le bien dans toute la sincérité de son cœur, n changea ^n nom honorifique, et
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LA VISIt* n» DIEU DIT rOTKR. 209 adopta celui de Tsing~i~tao-Jin, c’est-à-
■dire le Tao-ssé dont les pensées sônt pures ; '
puis, il écrivit le serment de bannir toutes les pensées coupables.
Le premier jour, mille pensées confuses venaient l’assiéger en foule ; tantôt il tombait dans le doute, tantôt dans rindifférence et la tiédeur. Il laissait passer sans fruit les heures et les jours , et il ne tarda pas à rentrer dans la voie où il s’était perdu. Enfin , il se prosterna devant l’autel du ' grand dieu Kouân-în, qu’il adorait dans sa maison , et versa des larmes de sang. « Je jure, dit-il, que mon unique désir est de ne plus former que de bonnes pensées, de me
conserver pur et intègre , et d’employer
toutes les forces de mon âme pour avancer de plus en plus dans la perfection. Si je me n 14
LéCENDB TAO-SSé.
ralentis de l'épaisseur d'un cheveu, puisséje tomber pour toujours dans les profondeurs de l’enfer ! »
Tons les jours, il se levait de grand matin, et prononçait cent fois, d’un cœur sincère et pénétré, le nom sacré de Ta-ts'é^ Ta-jp'eï^ afin d’obtenir l’assistance divine.
Dès ce moment, il observait ses pensées, ses paroles, ses actions, comme si des esprits eussent été constamment à ses côtés ; il n’osait se permettre le plus léger écart.
Toutes les fois qu’il se présentait quelque chose d’utile aux hommes ou aux animaux, il n’examinait pas s’il s'agissait d’une grande
Ces deux dissyllabes signifient très bon, trèscompatissant. Ce sont les épithètes ordinaires de Rouân-îu, divinité indienne, que vénèrent aussi les Tao-ssé, et dont les qualifications précitées répondent en sanscrit, aux mots Mahàmâitrêya, Mahàkaroun'a.
LA VISITE DU DIEU 'DU FOTEE. 211
OU d’une petite affaire, s’il avait du loisir ou s’il était sérieusement occupé , s’il avait ou n’avait pas les moyens et la capacité nécessaires pour l’exécuter. Il se hâtait de l’entreprendre avec une joie qui tenait de l’enthousiasme , et ne s’arrêtait qu’après avoir complètement réussi. Il faisait le bien aussi souvent qu’il en trouvait l’occasion, et répandait au loin des bienfaits secrets. Il remplissait fidèlement ses devoirs , et s’appliquait à l’étude avec un zèle infatigable.
Il pratiquait l’humilité, supportait les affronts , et s’efforcait de convertir et de diriger vers le bien tous les hommes qu’il rencontrait. Les jours entiers ne sufGsaient pas à tant de bonnes oeuvres. Le dernier jour de chaque mois, il faisait le résumé de toutes ses actions et de toutes ses paroles
UÛÎENDE TAO-SSK.
pendant les trente jours qui venaient de s’écouler, et l’écrivait sur un papier jaune qu’il brûlait devant le dieu du foyer. lukong se mûrit bientôt dans la pratique de toutes les vertus. Faisait- il un mouvement, il était suivi de mille bonnes œuvres; restait-il en repos , nulle pensée coupable ne venait troubler la pureté de son âme. Il persévéra ainsi pendant tr^ ans.
Quand il eut atteint l’âge de cinquante ans (c’était la deuxième année du règne de Wan-li*), Tchang-kiang-lin avait la charge de premier ministre. L’examen des Ts’in-ssé * étant terminé, il ehercha un maître pour faire l’éducation de son fils.