‹ Contes et discours d'Eutrapel, de Noël du Fail (volume 2)Chapitre 25 sur 51 · CLUE LES JUGES DOIVENT · texte numérisé non relu

CLUE LES JUGES DOIVENT

et par conséquent les choses sacrées moins révérées. Vous avez beau corner au peuple : « Faictes ce qu'ils vous commandent et ne vous prenez pas à leurs œuvres » : car il ne croit jamais la parole, laquelle il tient pour une fable, si elle n'est conjointe à bons exemples vertueux et de saincteté. Quand ilspreschent : « Paiez bien vos dismes » , et toutesfois ils en retiennent la troisiesme partie, deuë aux pauvres de la paroisse, qui est celuy qui ne die : « Je puis bien desrober, puisque nostre curé est le premier qui tombe en ceste faute ? » Quand il crie à pleine teste : « Tu ne paillarderas point » , et que le peuple sait et congnoist que, s'il y a une belle femme, fille ou chambrière en la paroisse, qu'il faut essaier à la desbaucher par quelques arts et artifices que ce soit, à vostre advis, chacun ne dira il pas, tous les moines comme l'abbé : « Puis que nos supérieurs s'en meslent, ce n'est point de péché. » Et ainsi des autres fautes, qui sont telles, en ce jour, que celuy sera sans esprit qui ne jugera que toutes les pauvretez que nous souffrons, et autres plus grandes que nous attendons et que nous voions ja prestes à marcher, sont fondées et prennent leur source du desbordement de tous estats, dont les gens d'Eglise en sont la première et dernière cause.

Tout cecy soit dit sans offenser les bons, et

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