‹ Contes et discours d'Eutrapel, de Noël du Fail (volume 2)Chapitre 3 sur 51 · J2 DE CEUX Q UI PRENNENT · texte numérisé non relu

J2 DE CEUX Q UI PRENNENT

disoit le proconsul, nisi Cœsarem. appellasset, qui est le fondement de la maxime de droit, qu'un appellant de peine affiictive ne peut renoncer à l'appel par luy interjeté. — Lege, ditEutrapel, nam erubescimus sine lege loqui. »

Or, continuant, disoit Polygame : « Vento, ayant les fers aux pieds, regardoit tantost cestuycy, tantost l'autre, ainsi et à mesure qu'il oycit les advocats, qui avoient lors voix deliberative, parler pour luy ou contre : vraye marque d'un homme qui requiert miséricorde et qu'on ait pitié de luy : Ingemiscendum enim casibus hominum, disoit quelque empereur. Sembleroit nécessaire trouver autres peines et sauver la vie, sinon en cas exécrables : car le diable, cest esprit meurtrier, ne demande que l'effusion de sang et ruine du genre humain. Et voyant que son cas alloit de mal en pis, et que la plus part branloyent et estoyent d'avis qu'il fust pendu, et estranglé, qui pis est, suivant les ordonnances, à la vérité un peu trop cruelles et sanglantes, et aussi qui ne se gardent, s'il n'y avoit autres bourriers en la fluste du prévenu et accusé, s'aprocha tout bellement de ce procureur, lequel, rebrassant les manches de sa robe, larges et consulaires, fendoit l'air en quatre doubles pour la conservation du droict des chasses et forests du roy, haranguoit magistra-

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