‹ Contes et discours d'Eutrapel, de Noël du FailChapitre 28 sur 39 · BIEN VIEILS · texte numérisé non relu

BIEN VIEILS

P. 17 3, 1. 14. — Faisait de bons petits passages à sa femme^ faisait des infidélités.

P. 177, I. 4- — Sans rien laisser à l'hostely sans rien omettre.

Même p., I. 10. — Destouppez toutes vos oreilles^ écoutez de toutes vos oreilles.

Même p., I. 23. — Le laict cremcra, la chose réussira.

3o8 NOTES.

V. 178, I. 23. — C'est la principale piccc de mon sac , c'est ma plus forte excuse.

P. 180, 1. I. — Tendre au larron, s'exposer volontairement au voleur.

P. 181, 1. 5. — Ventre sainct gris! Juron d'Eutrapcl, adopté plus tard par Henri IV, auquel le P. Cotlon reprochait de jurer par le ventre Dieu. Saint Gris serait, dit-on, saint François, fondateur des Cordeliers, vêtus de gris.

P. 182, 1. 3. — Suhjet aux gabelles et douanes des basses marches, se livrant à la débauche.

Même p., 1. 25. — Un poulin selle, bride, une maladie vénérienne h laquelle il ne manquait rien.

Même p., 1. 26. — Prins... des poix pour des febvcs, pris des petits pois croyant avoir des fèves, croyant avoir gagné au change et y ayant perdu. Le proverbe ordinaire est « donner pois pour fève >% donner un petit objet pour en avoir un plus grand.

P. 184, I. I. — Perdre ccstc lippèe franche, perdre cette bonne occasion.

Même p., I. 4. — La veze ne sonne plus, il est trop tard. La vèze est une espèce de cornemuse employée surtout en Poitou.

Même p., 1. 8. — Bons laboureurs et ménagers, accomplissant exactement les devoirs conjugaux.

Même p., 1. 12. — Leur tabulaturc bien accordante, leurs tempéraments étant d'accord. La tablature est un terme de musique. Ce mot est aussi pris dans le sens de patron sur lequel on se règle.

P. 187, 1. 4. — Kcssemblant de quatre vingts ans, paraissant âgé de quatre-vingts ans.

P. 189, 1. 18. — Paole Jove (Paolo Giovio', né à Cùme (Lombardic) en 1483, mort à Florence en i552, historien peu scrupuleux, dont on fait aujourd'hui fort l*cu de cas. Le livre dont pailo Du Fail a pour litre :

Historiarumsui temporis abanno 1447 ad annum ib^-j

Il a été traduit par Denys Sauvage, sieur Du Parc. Lyon, i552, in-fo!., et Paris, iSjg, 2 vol. in-fol.

P. 191,1.4. — // n'est vieil qui ne le pense estrCy n'est pas vieux celui qui ne croit pas l'être.

Même p., 1. 20. — Les Septentrionaux... vivent deux cens ans et plus. Récits ou contes de voyageurs.

Même p., 1. 27. — Conservation de l'humide radical. Fluide unique, qui, d'après l'ancienne médecine, était le principe de la vie des êtres organisés.

Les deux derniers alinéas de ce chapitre ont été allongés dans l'édition de i6o3. Les additions n'ont servi qu'à rendre le texte plus diffus et plus lourd. Aucun détail intéressant n'y a été introduit.

Chap. XXXIII. — De la Moquerie.

P. 193, 1. 5. — Haut a la main, prompt à la riposte.

Même p., I. 10. — Encore qu'ils ne le quittassent pas aisément l'un à l'autre, que ni l'un ni l'autre ne cédât.

P. 196, 1. 8. — Eutrapel, en son vilain, de vilaine humeur, en son mauvais moment.

P. 197, I. 6. — Par certaines tranchées de Sainct Mathurin, par certaines folles pensées. Saint Mathurin était censé guérir de la folie, comme saint Meihelin.

Même p., 1. 20. — Poincts et eguillonnez par mots bien dits, par de belles paroles.

P. 198, I. 2 5. — Qu'il en avoit d'une^ qu'il avait été bien touché, que la riposte avait frappé juste, qu'il en tenait.

P. 200, 1. 3. — Les monstres de la ville, u icvuc uo soldats de la ville.

Même p., I. 11. — C'e$toit une brave fanterie. Nous avons déjà entendu les plaintes de Du P'ail au sujet de l'inlroduciion de mots nouveaux espaf^nolisés ou italia-

3lO NOTES.

nisésy substitués h d'autres qui avaient été longtemps en usage. Ces plaintes se sont souvent renouvelées, depuis Horace, reconnaissant en ce point la toute-puissance de l'usage : Si volet usus. La Bru^'cre et Fcnclon exprimèrent au XVII"' siècle les mêmes regrets. Faut-il en accuser seulement la mode et le caprice? Ou l'adoption et le rejet de certains vocables obcisscnt-ils h des lois que la science pourrait constater et formuler? Y a-t-il pour les mots, comme pour les êtres organisés, le combat pour la vie, the struggle for Ufe^ Qiielques savants le prétendent, mais, jusqu'à présent, ce problème philologique est encore environné de ténèbres, et nous attendrons longtemps sans doute le fiat lux. Voir au Glossaire les mots : morion, bourguignotte , plumail , pcnnachc , coronal, qucytainc, cap. d'escouade, lanspessade, réussir, estramaçon.

P. 202, 1. 6. — Tous les livres de la Table ronde et les douze Pairs. J'ai déjà signalé la prédilection de l'auteur pour notre ancienne littérature. Dans son excellente édition des œuvres complètes de Du Fail (formant deux volumes de la collection elzevirienne), M. J. Assézat en donne pour témoignage l'existence dans la bibliothèque de Rennes d'un fort beau manuscrit du XIII'- siècle, ayant appartenu à l'auteur des Contes d'Eutrapcl. C'est un recueil des romans des chevaliers de la Table ronde, contenant : VEstoire del Saint Graal , la Vie de Merlin et Lancelot du Lac, qu'on ne connaissait au XVI*^ siècle que par des imitations ou des traductions qui ne donnaient qu'une idée incomplète de nos trouvères, surtout au point de vue de la langue. On public aujourd'hui les textes originaux des poètes du XIII^ et du XIV'' siècle; on ne saurait trop encourager ces publications, qui rendent de grands services non-seulement aux philologues, mais encore aux littérateurs et aux historiens.

P. 2o3, I. i3. — Conférence des premiers vieux romans escrits à la main, où l'on ne peut presque rien entendre. Cette observation justifie ce qui a clé dit dans la note précédente.

Même p., 1. 23. — La pustc d'un roy Oberon. Le charmant poëme de Huon de Bordeaux ^ publié par M. Guessard Paris, Vieweg, i86o , raconte les exploits féeriques de cet aimable enchanteur.

P. 204, 1. 21-22. — Sa.ro, historien danois, surnommé Granimaticus, à cause de sa profonde connaissance de la langue latine, mort au commencement du XI 11^ siècle, est auteur de VHistoria danica. C'est un des documents les plus curieux du moyen âge pour la connaissance des mœurs et des coutumes des anciens Scandinaves. Ce qui frappe le plus Du Fail dans cet auteur, ce sont les récits fabuleux que contiennent les premiers chapitres. — O/aus Magnws, archevêque d'Upsal, auteur de VHistoria de gentibus septentrionalibus, Rome, i533. — Est-ce Jacques Sprangcr, dominicain, auteur d'un Mcdleus maleficarum, maleficas et earuni hscresim et phramca potentissima conferens? Ce livre, composé en 1487, n'a été imprimé qu'en 1589 (Guichard et Assézat . — Pol Grillaud, auteur d'un Traité sur les hérétiques et les sorciers, Lyon, i 536.

Même p., 1. 24. — La première édition du Traite de la Démonomanit des sorciers, de Bodin, est de i 58o.

P. 2o5, 1. i3. — Qu'on prenne de chacun clocher, dont il y en a vingt-sept mille et quatre cens en France, dix soldats. On notera ce détail de statistique. Les 270,000 soldats que la France aurait pu réunir au XVI" siècle, d'après ce calcul, que sont-ils auprès des 1,200,000 qui constituent aujourd'hui le pied de guerre?

P. 20G, 1. 24. — La n'estoicnt les capitaines du Pot d'cstain, de la Corne de cerf^ de la Pie qui boit, etc. Qu'aurait pensé Lutrapel en voyant les généraux sortis

3l2 NOTES.

du peuple qui commandèrent les armées de la République et de l'Empire?

P. 2 10, I. 2. — Dcmorates, sur ce qu'on lui fit entendre que Brontcs... Ces deux noms sont dans toutes les éditions. Celle de M. Assézat rétablit, avec raison, ceux de Dcmarate et (.VOrontes.

P. 2 12, 1. 27. — A l'appctit d'une bcste coiffée, au désir d'une femme.

P. 216, 1. 2. — Plutarque^ aux livres du babil. Le traité qui fait partie des œuvres morales de Plutarque, est intitulé : De la démangeaison de parler, du trop parler.

P. 217, 1. 4. — St ! et bon bec! Silence! et bouche close!

P. 218, 1. i5. — Le get de la pierre de faix, h qui jettera le plus loin une pierre pesante.

P. 219, 1. 17. — Kegardans qui en avoit du meilleur, regardant ceux qui l'emportaient sur les autres.

P. 220, 1. 5. — Kcprindrcnt leur beau teint, reprirent courage.

P. 222, 1. i3. — La Brctaigne eslre l'ancien hommage de France. Ces observations et celles qui précèdent, offrent un exemple de la haute opinion que les Bretons ont toujours eue de leur pays, et de leur profond attachement à cette noble province qui a donné à la France un si grand nombre d'hommes distingués dans tous les genres.

P. 223, 1. II. — Qui ne furent onc querellez aux princes de ce païs, qui ne furent jamais contestés aux princes de ce pays (de Bretagne).

P. 224, I. 2 et suiv. — L'Alleman, l'Espagnol, l'Italien, l'Anglois, etc. La remarque n'est que trop vraie : « La moitié du monde se rit de l'autre moitié. » Si du moins elle ne faisait qu'en rire!

NOTES. 3l3

ChaP. XXXIV. — EPISTRE DE POLYGAME A UN GENTIL-HOIOIE CONTRE LES ATHEES ET CEUX QUI VIVENT SANS DiEU.

P. 227, 1. 7. — Sinon entant qu'elle retient le simple peuple en obéissance. C'est ce que nous entendons souvent répéter encore aujourd'hui.

P. 228, 1. I. — Comme d'un Mornay. Duplessis Mornay avait publié en i58i Anvers, in-4°) son Traité de la vérité de la religion chresticnne contre les athées, épicuriens, payens, juifs, mahumetistcs et autres infidèles.

P. 241, I. 2 3. — // vivra du labeur de son amc. Le texte porte verra, mais ce ne peut être qu'une faute du compositeur ou du correcteur, entraînée par le même mot qui se trouve deux lignes au-dessus.

P. 249, I. II. — Ils n'ont laissé à dire la vérité, ils n'ont pas voulu taire la vérité.

P. 2 35, 1. 7. — Je vous prie me donner congé, de me donner la permission.

Même p., I. 23. — De la tribu et extrait de Loi, de la tribu de Lévi et descendant de lui.

P. 261,1. 26. — A ce moieny et pour clorre ma lettre, tic. Cette longue apologie de la religion chrétienne, jetée h la fin d'un livre où se trouvent plusieurs contes et discours assez peu édifiants au point de vue de la décence, montrent qu'il ne faut pas ranger leur auteur au nombre des libres penseurs. Je ne crois pas non plus qu'il faille considérer celte épître de Polygame et toutes les réflexions qui lui sont attribuées dans le cours de l'ouvrage, comme une sorte de précaution à la faveur de laquelle Du Fail espérait faire passer des réflexions plus libres et plus hardies. On peut très-facilement concilier les attaques qu'il a dirigées contre les abus de l'Eglise avec son orthodoxie en matière de foi, de même que 1 1 40

3l4 NOTES.

SCS critiques contre les abus de la magistrature ne font qu'attester son amour pour la justice et son respect pour les lois. Qijant à l'apologie elle-même, elle exigerait un long commentaire s'il s'agissait de discuter l'authenticité de (|uelques-uns des faits ou des témoignages sur lesquels elle s'appuie ; mais une dissertation théologique ou philosophique nous semblerait ici hors de propos et même tout à fait déplacée.

Chap. XXXV. — La Retraite d'Eutrapel.

P. 265, 1. I. — Eutrapcl, comme tout pensif et faschè, dit à Polygame qu'il se vouloit retirer. Il était difficile de terminer d'une manière plus heureuse et plus intéressante les Contes et Discours. Ce trente-cinquième chapitre esL un petit chef-d'œuvre : c'est le testament d'un philosophe aimable, sûr de trouver dans cette vie des champs dont il fait une si vive peinture, et qu'il a toujours aimée, la liberté et le calme que ne peut donner le bruyant séjour des villes; c'est aussi l'éloquent résumé des critiques dirigées dans le cours de l'ouvrage contre les abus qui ont révolté la sincérité de sa foi religieuse et sa conscience de magistrat.

Même p., I. 3. — Le laisser avec ses plusieurs femmes. Allusion au nom de Polygame.

P. 26y, 1. 2. — Kenversant mon nom de Léon Ladulfi. C'est l'anagramme de Noël Du Fail , dans les Propos rustiques et les Balivernerics.

Même p., 1. 4. — Alongcant souvent le brads. Exemple de l'orthographe fautive du XVI" siècle, intercalant souvent les consonnes non autorisées par l'étymologie, comme on le voit plus haut p. 206, 1. 6, au mot couldes, coudes.

NOTES. 3l5

Même p., '• i^- — L'autrcfois^ avec l'autour. L'édition de 1782 a aurour, métamorphosé par Guichard en aurore.

Même p., l. 26. — Sauces athiacques. S'agit-il de sauces athéniennes? Breuvage d'Eschyle pour dormir : est-ce un souvenir du sommeil des Euménides que les cris de Clytemnestrc ne peuvent réveiller?

P. 268, 1. 2. — Comme Vcjanius. Souvenir du commencement de la première épître d'Horace :

Prima dicte mihi, summa dicende camena.

Même p., 1. 26. — Estoit sur le hauty était arrive au plus haut degré du mensonge.

P. 269, 1. 6. — Je me consomme : on dit aujourd'hui je me consume. Il n'y avait pas encore de différence entre consumer et consommer, quoique ce soit le même mot autrement orthographié, comme p/orcr ci pleurer.

Même p., I. 21. — Vous/ssfs pour voulusses. C'est la forme la plus ancienne. Maître Wace, dans Brut, V. 3345, a dit :

Mais s'il te venoit à plaisir Que nous i^ousisses retenir.

Dans le Livre des Kois, I, p. ^3 :

Deus m'out livred en tes mains e ocire me volsis.

P. 270, I. 23. — Pour y trouver, puisque tu y trouveras.

P. 271, 1. 2. — En la Ilieronyme de son Valdoli, le monastère hieronymitc de Valladolid.

P. 273, 1. 5. — Seigneur du Ilaillan. Cet historien, né à Bordeaux en i533, mourut à Paris en 1610. Il se distingua d'.ibord comme poêle et comme traducteur,

3l6 NOTES.

mais il est surtout remarquable comme historien. Son principal ouvrage est VHistoirc générale des Kois de France, contenant Us clioscs mémorables advenues tant au royaume de France qu'es provinces cstrangcres, depuis Pharamond jusqu'à Charles VU inclusivement.

Même p., l. 23. — Fera les ongles,., de son honneur, retranchera, supprimera tout ce qui peut lui faire honneur.

P. 274, 1. 19. — Douze niillions trois cens mil livres de rente. Cette richesse immense des gens d'Eglise est un des griefs sur lesquels Du Fail revient avec insistance, et il répète ici ce qu'il a dit ailleurs, savoir que la tierce partie devrait en être rendue aux pauvres des lieux où sont leurs biens situés.

P. 273, l. 27. — Entre les mains des nouveaux venus et tirez du populaire. C'étaient les nouvelles couches sociales de ce temps-là, évolution nécessaire contre laquelle les récriminations sont inutiles. Il faut s'y résigner au lieu de chercher, comme le veut notre auteur, à revenir en arrière, puisque c'est en cela surtout que consiste le progrès des institutions humaines.

P. 279, 1. 20. — Lysander alla faire sa révérence et saluer Cyrus. Il ne peut être ici question que de Cyrus le Jeune et non du fils de Cambyse, auquel convient mieux la qualification de grand roi des Perses.

P. 282, 1. 3. — Dans l'énumération des princes ayant abdiqué, substituer les noms de Humbert , dauphin de Viennois, à Hubert; de Vamba., roi des Wisigoths, à Bamba; de Contarini, doge de Venise, à Contaren ; Judoc refusa le trône que lui offrait son frère Judicaël, roi des Bretons.

P. 283, 1. 2. — Vous voudriez bien sembler (pour assembler], vous voudrez bien vous réunir.

P. 283 et 286. — Les deux pièces de vers qui terminent ce volume, et qui se trouvent dans l'édition de

i585, n'ont pas été reproduites dans l'édition elzevirienne, où se trouve le Discours en vers sur la Corruption de notre temps, adressé à Jean du Han par Noël Du Fail.

APPENDICE

'ette édition était sous presse lorsque nous 'avons pu prendre connaissance des remar- • ques auxquelles a donné lieu, de la part de M. de la iBorderie, dans la Revue de Bretagne et de Vendée ', l'édition publiée par M. J. Assézat dans la Bibliothèque elievirienne. D'accord avec l'éditeur sur le mérite littéraire de Du Fail, sur son admirable esprit d'observation et son incontestable talent de conteur et de peintre de mœurs, M. de la Borderie regrette que les commentaires et les notes si nécessaires pour l'élucidation du texte n'aient pas été confiés il un Breton, h un compatriote de Noël Du Fail. Les localités dont il est question dans ses divers ouvrages, ses fréquentes allusions à des coutumes ou à des traditions locales, exigeraient, pour être complètement expliquées, une parfaite connaissance du pays. Les méprises en pareille matière ne peuvent pas être toujours évitées, et M. de la Borderie, qui en relève quelques-unes dans l'édition de la Bibliothèque clzcviriennc, aura probablement à en bigna-

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