‹ Contes et facétiesChapitre 5 sur 69 · VI NOTICE SUR CAYLUS · texte numérisé non relu

VI NOTICE SUR CAYLUS

« La rue et son peuple, disent encore MM. de Goncourt J , — le peuple, voilà le monde après lequel court la pointe d'Anne- Claude- Philippe de Tubières de Grimoard de Pestels de Lévy, comte de Caylus, conseiller d'honneur, né au Parlement de Toulouse, et sa plume aussi. La rue avec son bruit, ses passants et son spectacle, ses costumes et ses chansons, ses marchands et ses marchandes, et la promenade des marchandises ; et le Noël assourdissant des métiers, et le vacarme et le mouvement de Paris vendeur et hurleur ; un monde ouvrier, le travail qui va, le porteur d'eau portant ses larges seaux, le petit commissionnaire avec son banc sous le bras, les veilleuses, les petites laitières, les petites harengères, les casseurs de pierre, les tomieliers, les rémouleurs, les scieurs de bois, les savetiers et les montreurs de lanterne magique ; la porteuse de bois, et Vécosseuse et le marchand de balais, et le marchand de peaux de lapins. — Les Gris de Paris ! feuilles de papier aujourd'hui jaunies, qui sont tout le reste et tout le souvenir, et tout l'écho de ce vaste aboiement qui roulait chaque jour dans le Paris du xviuc siècle, ses éclats et son vacarme, brouillant toutes les mélopées : Verjus ! Vinaigre I — Mon bel œillet double ! — Café ! Café ! — La liste des gagnants de la loterie ! — Des Ciseaux ! Des Couteaux ! — La Mort aux rats !

« Le comte de Caylus écoute et regarde tous les jours par sa fenêtre, ou, se promenant, par les rideaux des cabarets, par les portes des fruitières, par les portières des fiacres, par les trous de toile de ce grarid spectacle : la vie de Paris. « Les drôleries qu'il a vues sur le pavé de Paris, »

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